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Procès Bommeleeër: Luc Frieden attendu au tournant ce jeudi
Luxembourg 4 min. 26.06.2013

Procès Bommeleeër: Luc Frieden attendu au tournant ce jeudi

Me Vogel

Procès Bommeleeër: Luc Frieden attendu au tournant ce jeudi

Me Vogel
Photo. Anouk Antony
Luxembourg 4 min. 26.06.2013

Procès Bommeleeër: Luc Frieden attendu au tournant ce jeudi

L'ancien ministre de la Justice était attendu vers 16h30 à la barre du tribunal de Luxembourg. Fianlement, il sera entendu jeudi. Mercredi, à la barre, on a vu défiler Claudine Konsbrück, première conseillère de gouvernement, Guy Schleder, administrateur général au ministère de la Justice, et l'ancien procureur général Robert Biever.

(SK) - Bien que les princes Jean et Guillaume de Luxembourg se disaient parfaitement disposés à témoigner dans le cadre de l'affaire Bommeleeër, la juge Conter remet à la cour constitutionnelle la décision concernant leur mode de témoignage. A savoir s'il peuvent témoiger sous serment.

La question relève d'un article concernant le témoignage de membres de la noblesse, de ministre et de hauts dignitaires de l'empire. Qu'en est-il alors des témoignages de ministres et de haut-fonctionnaires? Vont-ils aussi être reportés en attendant la décision de la cour constitutionnelle?

"Nous entendrons Monsieur Frieden, sous serment ou pas", a assuré la juge Conter. Mais pour cela il faudra encore attendre un peu. Le premier témoin interrogé aujourd'hui est Claudine Konsbrück.

La première conseillère de gouvernement est supposée avoir assisté à la rencontre entre Robert Biever et Guy Schleder. Elle raconte que Guy Schleder aurait effectivement avoué à l'ancien procureur général d'état avoir reçu la visite de Pierre Reuland en mai 2010.

L'ancien directeur de la police semblait nerveux et aurait voulu des détails assez précis quant à la loi sur l'entrave à la justice. Elle ne se souvient pas avoir entendu le nom de Luc Frieden, ni que Pierre Reuland aurait pu intervenir à d'autres reprises. Tout comme elle ne sait pas si d'autres personnes se sont présentées au ministère au sujet de ce projet-de-loi.

Claudine Konsbrück confirme - pour avoir collaboré à son élaboration depuis le début - que le projet-de-loi a bien été relégué au fond d'un tiroir de décembre 2008 à après les législatives de 2009. On lui aurait dit que le dossier était "en suspens" car il n'aurait pas décroché l'unanimité auprès des syndicats de la police. Mais elle ne se souvient plus qui de son prédécesseur Marc Mathékowitsch ou de Luc Frieden lui a dit cela. Pourtant, elle est formelle, les syndicats ne pouvaient pas encore eu avoir connaissance du projet à ce moment-là.

L'étau se resserre autour de Luc Frieden

L'ordre de ne plus travailler au projet-de-loi serait "venu d'en haut" où Luc Frieden aurait maintenu le dossier. C'est elle qui l'a sorti du tiroir et présenté à François Biltgen. Selon elle, celui qui a décidé de classer le projet est soit Luc Frieden, soit Marc Mathékowitsch. Pourtant, si l'on se réfère au témoignage de ce dernier, il ne peut pas l'avoir fait.

Luc Frieden, par contre, a avoué sur RTL avoir lui-même retenu le dossier "en suspens", répète Claudine Konsbrück. Après de nombreux aller-retour, Me Vogel demande à ce que Marc mathékowitsch soit entendu. 

Pas de Luc Frieden aujourd'hui, mais Guy Schleder

Guy Schleder s'est entretenu avec Robert Biever en mai 2010 après que le projet-de-loi ait été remis sur les rails. Il raconte que Pierre Reuland était déçu qu'il ait été repris tel quel sans prise en compte des critiques. Pourtant, assure Guy Schleder, en 2008, les syndicats de police n'avaient pas encore eu connaissance du projet.

Pour l'ancien administrateur général du ministère de la Justice, Pierre Reuland n'était pas le seul a être contre ce projet-de-loi.Il n'aurait eu qu'une seule courte entrevue avec Pierre Reuland à ce sujet. Ce dernier est également l'unique personne à l'avoir interrogé sur le projet-de-loi.

Le substitut du procureur Oswald demande au témoin quelle était la nature des rapports entre Luc Frieden et Pierre Reuland. Ils se voyaient régulièrement, note Guy Schleder en leurs qualités de ministre de la Police et de directeur de la police. Luc Frieden aurait d'ailleurs eu beaucoup de mal à se séparer de Pierre Reuland et Guy Stebens.

Guy Schleder se serait confié à François Biltgen de cette entrevue. Le ministre aurait préconisé d'en avertir le procureur général d'état. Ce dernier vient d'entrer dans la salle d'audience. La juge veut obtenir des détails de son entretien avec Guy Schleder.

"Les critiques ne sont apparues qu'après 2010"

Robert Biever est formel, les premières critiques sur le projet-de-loi sont apparues bien après 2008. Il se souvient que Schleder lui aurait détaillé sa conversation avec Pierre Reuland. Ce dernier aurait dit à l'administrateur général que la loi ne correspondait pas aux garanties qu'il pensait obtenir du ministère. Robert Biever ne se souvient cependant plus si le nom de Luc Frieden a été cité par Guy Schleder ou pas. Pourtant, ces garanties ne pouvaient venir que de Luc Frieden, assure Robert Biever.

Ce jeudi, Luc Frieden pourra livrer sa version des faits.


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