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Procès Bommeleeër: l'enquêteur Klein toujours à la barre
Luxembourg 4 min. 06.03.2013

Procès Bommeleeër: l'enquêteur Klein toujours à la barre

Me Vogel

Procès Bommeleeër: l'enquêteur Klein toujours à la barre

Me Vogel
Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 4 min. 06.03.2013

Procès Bommeleeër: l'enquêteur Klein toujours à la barre

Suite en ce septième jour de procès de l'audition de l'enquêteur Carlo Klein qui poursuit son inventaire des divers attentats perpétrés dans les années 1980 par le Bommeleeër.

(SK) - Me Vogel a pris la parole d’emblée pour remettre en place l'enquêteur Carlo Klein qui ne quitte plus la barre de la chambre criminelle. Ce dernier émettrait un peu trop son avis au goût de l'avocat plutôt que de simplement témoigner.

Puis il enchaîne avec la lecture d'un e-mail qui lui est parvenu. Il vient d'une personne dont le père travaillait au Findel le jour de l'attentat. Il aurait montré une empreinte de pas à un policier qui l'aurait effacée, prétendant que la police ne peut pas utiliser ce genre d'éléments.

Me Vogel propose au tribunal d’appeler cette personne à comparaître afin qu'elle puisse témoigner de l'atmosphère qui régnait à l'époque. Une requête que la juge accepte.

L'atmosphère semble être celle de policiers surmenés, d'après Carlo Klein. Les mesures préventives étaient insuffisantes. Seules quelques patrouilles devaient surveiller une vingtaine de cibles potentielles.

Une demi-heure après le début de l'audience, le portrait-robot réalisé suite à l'attentat du palais de justice est comparé – sur demande de Me Vogel - à une photographie de l'ancien super-flic Ben Geiben, un temps dans la ligne de mire des enquêteurs. Et selon, Carlo Klein, il y aurait une certaine ressemblance...

Le tribunal ne s’appesantira pas là-dessus et demande à Carlo Klein de poursuivre son passage en revue des attentats. Il arrive au dix-septième, celui visant un pylône à Heisdorf le 30 novembre 1985. La police a retrouvé sur les lieux la preuve que l'explosif provenait des carrières cambriolées, ainsi qu'une empreinte de pas dans la neige qui appartenait à un individu chaussant une taille 45.

Plus que trois attentats: à commencer par celui sur le centre de conférences du Kirchberg. La charge d'explosifs aurait été lancé depuis une voiture qui circulait en direction de Senningerberg, ce qui demande, selon Carlo Klein, „beaucoup de culot“. Autre angle de jet possible: du parking en direction de l'autoroute. Difficile de trancher puisqu'il n'y avait aucun témoin oculaire ce 2 décembre 1985. Après cet attentat, la police a reçu un appel anonyme disant. "Dat do war net meng Arbescht".

Deux mois plus tard, une charge a explosé devant la maison du notaire Hellinckx à Cents. Une lettre toujours anonyme parvient aux enquêteurs disant: "Money doesn't solve all problems. Sometimes you need luck too". Comme pour les autres attentats, les auteurs ont laissé peu de traces. La fille du notaire s'étonnera seulement que le chien de la famille n'ait pas réagi à la présence d'individus sur le terrain de la maison.

Le dernier attentat a touché la maison de l'ancien colonel de la gendarmerie, Jean-Pierre Wagner, le soir du 25 mars. La police décide alors de lancer l'action „Papyrus“, dont le but est de surveiller les principales boîtes-aux-lettres de la capitale. Mais personne n'a posté de missive suspecte.

L'enquêteur Klein suppose qu'elles ont été rédigées sur la machine à écrire volée au dépôt des Pont & Chaussée à Waldhof. Un modèle plutôt répandu. Les enquêteurs n'ont trouvé aucune trace d'ADN sur les enveloppes et les timbres. Seuls éléments trouvés, des fragments d'empreintes digitales qui n'ont permis d'aboutir à aucune piste. Même encore récemment!

Aucun élément n'a été laissé au hasard. Les composantes des diverses bombes étaient courant à l'époque, note Carlo Klein, avant d'expliquer les rapports entre gendarmerie et police à l'époque. Selon lui, il arrivait que les deux corps ne collaborent pas toujours entre-eux.

„A l'époque, les choses étaient différentes. C'est important de le comprendre“, note Carlo Klein. Dix-sept enquêteurs de trois services différents ont été mis sur l'enquête, ajoute-t-il. Et de se lancer dans un débat sur les rôles de chacun et sur les malaises qui ont pu intervenir au sein du groupe d'intervention et de recherche. Les informations transitaient de ce groupe vers les brigades mobiles de gendarmerie puis par le commandement en chef qui les transmettaient au chef des enquêteurs.

Les auditions se poursuivront ce jeudi.