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Procès Bommeleeër: ils voyaient des suspects partout
Depuis le début du procès; Guido Wilmes défend son frère Jos à sa manière.

Procès Bommeleeër: ils voyaient des suspects partout

Photo: Anouk Antony
Depuis le début du procès; Guido Wilmes défend son frère Jos à sa manière.
Luxembourg 2 min. 07.03.2013

Procès Bommeleeër: ils voyaient des suspects partout

La semaine se termine comme elle a commencé au procès Bommeleeër: avec l'audition de l'enquêteur Carlo Klein. En ce huitième jour, il détaille l'enquête menée après les attentats et la suspicion qui régnait à l'époque.

(SK) - L'audience reprend avec Carlo Klein. L'enquêteur explique qu'en 1988, un premier bilan d'enquête a été dressé par les trois enquêteurs qui étaient encore affectés sur l'affaire Bommeleeër à ce moment là.

Selon divers enquêteurs, les informations concernant l'enquête auraient été plutôt rares. Au début de l'enquête, les policiers auraient suspecté une douzaine de grands criminels luxembourgeois. Et Carlo Klein de dérouler toutes les étapes de l'enquête qui a suivi les attentats.

Comment un spécialiste des feux d'artifices avait été placé sous surveillance après avoir reçu des menaces, comment toutes les personnes qui évoquaient la possibilité d'une explosion ou se disaient spécialisées en matière d'explosifs faisaient l'objet d'une enquête, comment tout le monde devenait suspect.

Il y aurait même eu de nombreuses dénonciations: des épouses balançaient leurs maris à la police. Même les ouvriers de la commune de Luxembourg qui avaient été licenciés faisaient l'objet d'une enquête. Carlo Klein énumère un certain nombre de cas qui paraissent absurdes, mais étaient logiques à l'époque.

Il précise également que les rumeurs d'implication du prince Jean ne sont apparues qu'après 1986, alors qu'il venait de renoncer à ses droits. Et que Jacques Santer et le juge Prosper Klein avaient fait l'objet à l'époque d'une protection suite à des menaces qui pesaient sur eux.

Carlo Klein explique également que si le gendarme d'élite Ben Geiben a été suspecté d'être un des Bommeleeër, c'est suite à un appel anonyme à RTL en 1987. Des rattages de l'enquête ont un temps braqué les projecteurs sur lui.

Même les cellules communistes combattantes (CCC) ont été suspectées, note l'enquêteur Klein. A l'époque, les indices affluaient de partout en raison notamment de la récompense proposée.

Carlo Klein cite l'enquêteur Haan pour qui, les deux seuls témoignages valables sont ceux des touristes belges suite à l'attentat des casemates et de témoins qui disent avoir vu deux agents dans une voiture de police avant l'attentat au Luxemburger Wort.

La juge Conter ajoute une phrase d'un autre enquêteur, Schockweiler: „Geiben était notre meilleure piste“.

La suite lundi.


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