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Procès Bommeleeër: Andreas Kramer a-t-il réécrit l'histoire?
Andreas Kremer

Procès Bommeleeër: Andreas Kramer a-t-il réécrit l'histoire?

Photo: Marc Wilwert
Andreas Kremer
Luxembourg 3 min. 10.04.2013

Procès Bommeleeër: Andreas Kramer a-t-il réécrit l'histoire?

Dix-neuvième jour du procès Bommeleeër: l'historien Andreas Kramer est de retour à la barre. Il a prétendu hier que son père, un agent des services secrets allemands aurait coordonné les attentats au Luxembourg, mais aussi à la gare de Bologne et à la fête de la bière à Munich en 1980. Ce mercredi, son témoignage est toujours aussi chaotique.

(SK) - "Vous devez nous comprendre Monsieur Kramer. Volus nous avez en partie raconté des histoires aventureuses hier", note la juge Conter à l'ouverture de l'audience. Andreas Kramer, lui, n'est pas de cet avis: "Je ne peux pas tolérer ce que mon père a fait."

La juge souhaiterait savoir si son père a raconté les mêmes histoires à ses deux sœurs. Andreas Kramer dit ne pas vouloir exclure cette possibilité, mais il serait en frois avec elles depuis longtemps.

La juge demande si Monsieur Kramer sénior n'aurait pas évoqué l'affaire Bommeleeër dans son testament et si des rapports en anglais y figurent. Le témoin est incapable de répondre. Il sait juste que son père avait des interprètes qui lui traduisaient anglais car il ne maîtrisait pas la langue. La juge cherche des preuves de l'appartenance de Monsieur Kramer aux services secrets allemands.

Mais son fils s'obstine à clamer l'innocence des deux prévenus et à accabler Ben Geiben. Il saute d'un sujet à l'autre, comparant son père à James Bon et indiquant que son père savait construire des bombes de sorte à ce qu'on pense qu'elles l'avaient été par un amateur. C'était pareil pour ses hommes. Même le BKA, la police criminelle allemande, n'y aurait vu que du feu.

Andreas Kramer note que son père était au-dessus des lois et qu'il serait sorti blanchi de l'affaire si un procès avait eu lieu de son vivant.

Témoin clé ou affabulateur?

Andreas Kramer se révèle très difficile à suivre dans ses explications. Le procureur Oswald suggère alors que tout soit vérifié dans le détail, de sa personnalité à celle de son père en passant par les données concernant les attentats. Il souhaiterait confronter Kramer avec tous les attentats et comprendre pourquoi son père n'a pas participé à l'un d'entre eux.

Le procureur Oswald veut tout parcourir point par point: "Monsieur Kramer est trop important pour que nous nous en privions." Andreas Kramer donne son accord, mais exige à ce qu'Andreas von Bülow, un politicien allemand, soit cité comme témoin. Il est même prêt à fournir des "centaines de livres et de documents" qui étayent ses propos. 

Seulement, il a du mal lui même d'en tenir des cohérents... Pour un historien, il a du mal à retenir les dates auxquelles son père se serait confié à lui, mais par contre, il se souvient très bien de ses diverses adresses à Bonn lors de ses études.

Le témoin raconte que son père avait voulu le recruter et lui avait transmis tout son savoir. Il l'aurait également entraîné à l'escrime, à la plongée et au saut en parachute. Son père aurait espéré qu'il lui livrerait des informations confidentielles de par son emploi au Bundestag. Et de digresser, une fois de plus en affirmant que stay behind a été aboli en en 1994 et pas en 1990.

Après une interruption d'audience, le procureur suggère que le témoin soit entendu par les enquêteurs de la police criminelle en charge de la police criminelle, étant donnée la pertinence de se informations. Me Vogel exige que cette audition soit filmée afin que la défense ne soit pas privée d'informations.

Pas de vacances de Pentecôte pour le tribunal

Il a été décidé que les audiences ne seraient pas interrompues comme prévues durant les vacances de Pentecôte.


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