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Présidence luxembourgeoise et Santé: L'accès à la médecine personnalisée pour tous
Luxembourg 5 min. 08.07.2015

Présidence luxembourgeoise et Santé: L'accès à la médecine personnalisée pour tous

Présidence luxembourgeoise et Santé: L'accès à la médecine personnalisée pour tous

Photo: Shutterstock
Luxembourg 5 min. 08.07.2015

Présidence luxembourgeoise et Santé: L'accès à la médecine personnalisée pour tous

La médecine personnalisée consiste à apporter le bon traitement au bon patient au bon moment. La ministre de la Santé veut «faire de l'accès à la médecine personnalisée une réalité pour les patients». C'est «le» sujet santé de la présidence luxembourgeoise.

La médecine personnalisée consiste à apporter le bon traitement au bon patient au bon moment. La ministre de la Santé, veut «faire de l'accès à la médecine personnalisée une réalité pour les patients». C'est «le» sujet santé de la présidence luxembourgeoise.

Il a été débattu mercredi, lors d'une conférence de haut niveau qui s'est déroulée au Cercle Cité à Luxembourg, en présence de Vytenis Andriukaitis, Commissaire européen pour la Santé et la Sécurité alimentaire, Maggie De Block, ministre belge des Affaires sociales et de la Santé, d'experts des associations de patients, de médecins chercheurs et de personnes qui accompagnent les décideurs politiques.

C'est quoi au juste la médecine personnalisée?

On parle aussi de médecine «individualisée» ou «stratifiée». «Je dirais qu'il s'agit bel et bien d'une médecine sur mesure. Il s'agit d'avoir des traitements et des interventions médicales innovantes, d'avoir un diagnostic plus précis, des traitements adaptés aux nécessités spécifiques de chaque patient, de fournir le meilleur traitement, d'entraver des réactions négatives indésirables pour accroître ainsi la qualité de vie des patients malades», résume d'un trait Lydia Mutsch. 

Angelina Jolie, star du grand écran, avait procédé à un test génétique pour savoir si elle courrait le danger d'avoir un cancer du sein. «Et la réponse qu'elle a eue, l'a poussé à procéder à une amputation des deux seins pour prévenir cette maladie mortelle», résume Lydia Mutsch.

Un débat médiatique qui a soulevé une question-clef chez de nombreux patients: est-ce que la médecine personnalisée est réservée aux personnes riches et célèbres? Réponse de la ministre de la Santé: «Nous voulons l'accès de tous les patients, qu'ils soient célèbres ou pas, qu'ils soient riches ou pas, afin qu'ils aient les moyens de cette prise en charge ciblée, en cas de maladie grave».

Elle souhaite mettre en avant ce sujet au niveau européen mais aussi au niveau national.

Vytenis Andriukaitis, Commissaire européen pour la Santé et la Sécurité alimentaire et Lydia Mutsch, ministre de la Santé au Luxembourg.
Vytenis Andriukaitis, Commissaire européen pour la Santé et la Sécurité alimentaire et Lydia Mutsch, ministre de la Santé au Luxembourg.
Photo: Maurice Fick

Alors que vient de démarrer sa présidence du Conseil de l'Europe pour les six mois à venir, le Luxembourg entend, via le ministère de la Santé, déclencher une vraie réflexion au niveau européen en abordant non pas la médecine personnalisée sous l'angle de la recherche mais de telle sorte que le patient et le volet de la santé publique soient au centre des discussions.

«Nous avons la volonté de fournir la preuve que la médecine personnalisée est au centre de débats sociétaux et est en train de révolutionner nos perspectives sur la médecine en générale et notre point de vue sur le traitement du patient en particulier», a expliqué Lydia Mutsch qui en a fait «le» sujet de son agenda européen. 

Un Service de médecine génétique sera lancé

Et pour cause: «Nous sommes obligés, en tant que décideurs politiques, de permettre de faire de la médecine personnalisée une réalité non pas pour des happy few (Traduisez: «pour quelques privilégiés») mais un grand nombre citoyens».

Il n'y a pas que le diagnostic ou la prise en charge du patient qui seront révolutionnés à l'avenir mais «nous devrons aussi réformer, à la longue, nos processus de remboursement car il s'agira également de pouvoir procéder à des analyses plus approfondies sur le matériel héréditaire, l'ADN d'un patient», prévient Lydia Mutsch.

Dans cette perspective, un Service de médecine génétique sera lancé dans «les prochains mois» au sein du Laboratoire national de la Santé.

Le Luxembourg «veut vraiment être un leader»

Au Luxembourg, «nous voulons vraiment être un leader, pour l'intégration de la médecine personnalisée dans le système de santé nationale», a posé Lydia Mutsch.

Avant de citer en exemple deux jeunes structures qui travaillent déjà activement dans ce sens. Le Personalised Medicine Consortium (PMC) mis en place par des acteurs majeurs comme la Integrated Biobank of Luxembourg (IBBL), le Luxembourg Centre for Systems Biomedicine (LCSB) et le Luxembourg Institut for Health (LIH) regroupe des chercheurs et cliniciens qui travaillent déjà ensemble pour promouvoir de nouvelles initiatives dans le milieu clinique et créer des synergies pour une meilleure prise en charge du patient malade.

Aujourd'hui le PMC se concentre principalement sur les cancers du sein, du poumon, du colon, le diabète et la maladie de Parkinson.

Emanant directement du Plan national Cancer 2014-2017, le Luxembourg Institut for cancer vient d'être créé. Une structure qui «veut être à la pointe du progrès en matière de traitement du cancer, donc rassembler toutes les innovations thérapeutiques et distribuer ces informations dans les milieux concernés», résume Lydia Mustch.

Cet institut virtuel, dans une première phase, «sera vraiment bien placé pour booster la médecine personnalisée en matière de cancer».

Plus cher mais plus efficient

Mary Baker, ancienne présidente du Conseil européen pour le cerveau est d'avis que la médecine personnalisée a peut-être un coût important mais qu'on peut largement compenser ce coût par un gain pour la santé publique mais aussi pour la médecine en générale car le traitement sera plus efficace et la prise en charge plus ciblée. Elle est d'avis que le coût de la médecine personnalisée sera largement compensé par une meilleure efficience du fonctionnement des systèmes de santé nationaux.

Reste à savoir comment faire de l'accès à la médecine personnalisée une réalité pour un plus grand nombre de citoyens? Comment intégrer cette nouvelle catégorie de soins dans la pratique clinique? et dans notre système de santé au Luxembourg et en Europe?...Mais sans pour autant le faire au détriment du système existant dans les Etats membres. «C'est un grand défi que nous devons relever», glisse Lydia Mutsch.

Les réponses émanant des différentes sessions à venir prendront la forme de propositions de conclusions pour le grand Conseil des ministres du 8 décembre 2015.

Maurice Fick


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