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Près de 50 personnes suivies pour radicalisation en 2021
Luxembourg 4 min. 16.05.2022
Un centre lutte contre ce phénomène

Près de 50 personnes suivies pour radicalisation en 2021

Parmi les 49 cas de radicalisation suivis par le centre, 15 concernaient une radicalisation d'extrême droite et une douzaine de cas de radicalisation islamiste.
Un centre lutte contre ce phénomène

Près de 50 personnes suivies pour radicalisation en 2021

Parmi les 49 cas de radicalisation suivis par le centre, 15 concernaient une radicalisation d'extrême droite et une douzaine de cas de radicalisation islamiste.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 4 min. 16.05.2022
Un centre lutte contre ce phénomène

Près de 50 personnes suivies pour radicalisation en 2021

Simon MARTIN
Simon MARTIN
L'année passée, les discours de haine, notamment liés à la pandémie de covid-19, ont occupé une bonne partie de l'équipe du centre contre la radicalisation.

SOS Radicalisation ASBL a été fondée le 5 mai 2017 avec l'objectif suivant de «contrer les menaces pesant sur la société luxembourgeoise par la radicalisation violente et la radicalisation résultant de l'appel à la haine, avec tous les moyens et mesures à sa disposition». Ainsi, depuis juillet 2017, SOS Radicalisation ASBL gère un «centre de prévention et de conseil» nommé respect.lu. La structure lutte avec force contre la radicalisation au Grand-Duché. Car le phénomène n'est pas l'apanage des plus grands pays, en témoignent les données du rapport annuel 2021 fraîchement publié.


Group of racist college students are mocking and making fun of their black male classmate
La discrimination raciale augmente
Le Centre pour l'égalité de traitement (CET) a traité 245 cas en 2021, ce qui constitue un nouveau record.

En effet, l’année 2021 aura été à nouveau bien chargée pour le centre, non seulement en raison des «effets secondaires» de la pandémie Covid-19, mais aussi en ce qui concerne la visibilité de respect.lu. «Les thèmes de la radicalisation et de la polarisation n'ont jamais été aussi présents et perceptibles dans l'ensemble de la société, du moins depuis que respect.lu existe», lance Gérard Bichler, président du conseil d'administration de SOS Radicalisation ASBL.

«En 2021, les médias sociaux ont joué un rôle important dans l'ensemble de la société. Respect.lu a pu utiliser ce phénomène dans un sens positif et augmenter la visibilité du centre de conseil en postant régulièrement des messages», poursuit-il. 

49 situations suivies

D'une manière plus concrète, en 2021, respect.lu s'est occupé de 49 situations de radicalisation, dont 16 relèvent du programme «Dialoguer au lieu de haïr». Comment ces personnes ont-elles été prises en charge? Le centre s'adresse en réalité à toute personne qui est confrontée au phénomène de la radicalisation, que ce soit de façon directe ou indirecte. «Nous proposons un service où les gens peuvent nous contacter de manière anonyme s'ils le souhaitent», précise le centre. «En ce qui concerne les statistiques, il est important de noter que les chiffres ne permettent pas de lire une tendance ou de faire une évaluation globale de la situation au Luxembourg. Ils montrent uniquement les personnes avec lesquelles nous avons travaillé au cours de l'année écoulée». 


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Parmi ces 49 cas, 17 concernaient des discours de haine, 15 concernaient une radicalisation d'extrême droite et une douzaine de cas de radicalisation islamiste. Pour le reste des situations, il s'agissait notamment de radicalisation aux théories du complot ou encore à des sectes. «Il semble de plus en plus évident que, d'une part, il existe des situations qui nécessitent une intervention plutôt temporaire et courte et d'autre part, il existe des situations ancrées dans un système plus complexe (famille et environnement de la personne concernée) qui nécessitent un soutien intensif à long terme», fait savoir le centre.

De (trop) jeunes participants

Notons également que la majorité des personnes avaient la nationalité luxembourgeoise ou celle d'un autre pays de l'UE (42 cas). Cela dit, et c'est plutôt interpellant, le nombre de jeunes entre 12 et 18 ans, voire de ceux en dessous de 12 ans, est relativement élevé. «Le nombre élevé de personnes de plus de 30 ans s'explique surtout par les participants au programme «Dialoguer au lieu de haïr», dont 14 des 16 participants ont plus de 30 ans, la plupart d'entre eux ayant à leur tour plus de 50 ans.»


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Lancé en 2020, ce projet «Dialoguer au lieu de haïr» est devenu un programme en 2021 et fait désormais partie de l'offre régulière du centre. «Le programme s'adresse aux personnes qui se sont fait remarquer par un discours de haine en ligne», explique respect.lu. Une démarche plus que nécessaire au regard de ce type de radicalisation qui représente environ un tiers des cas suivis en 2021. Un phénomène qui s'explique par la crise sanitaire qui a provoqué une exacerbation de certains propos virulents.

Jusqu'à présent, les conséquences pénales du discours de haine se limitaient généralement à des amendes. «Le programme «Dialoguer au lieu de haïr» offre une alternative ou un complément à ces mesures. Les objectifs principaux de ce programme au Luxembourg sont d'élaborer avec les auteurs de discours de haine une analyse de leur acte, d'initier une réflexion sur soi-même, d'analyser les causes possibles et d'apprendre à utiliser des formes de communication plus respectueuses sur Internet et ce surtout en cas de divergences d'opinion».

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