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Premier bilan après un an d'interdiction du glyphosate
Luxembourg 3 min. 16.03.2022 Cet article est archivé
Le Luxembourg a été pionnier

Premier bilan après un an d'interdiction du glyphosate

Le Luxembourg s'était montré à l'avant-garde européenne en interdisant l'utilisation du glyphosate du secteur agricole, public ainsi que du domaine privé.
Le Luxembourg a été pionnier

Premier bilan après un an d'interdiction du glyphosate

Le Luxembourg s'était montré à l'avant-garde européenne en interdisant l'utilisation du glyphosate du secteur agricole, public ainsi que du domaine privé.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 16.03.2022 Cet article est archivé
Le Luxembourg a été pionnier

Premier bilan après un an d'interdiction du glyphosate

Simon MARTIN
Simon MARTIN
En interdisant purement et simplement ce désherbant controversé en janvier 2021, le Luxembourg se montrait à l'avant-garde européenne. Un peu plus d'un an plus tard, l'heure est au bilan.

Avant toute chose, revoyons les bases: le glyphosate, ce n'est ni plus ni moins qu'un produit chimique présent dans plusieurs herbicides utilisés afin d'éliminer les plantes indésirables. S'il est peu cher, efficace et facile d’utilisation, il n'empêche que le glyphosate est considéré comme particulièrement nocif. Un constat interpellant alors que les produits contenant du glyphosate sont très répandus dans l'agriculture mondiale. L’Union Européenne l’a d'ailleurs autorisé jusqu’à la mi-décembre 2022. Elle devra se prononcer sur le sujet d'ici là.


A soybean field is fumigated near Urdinarrain, Entre Rios province, Argentina, on February 8, 2018. - Soybean fields in Argentina are often fumigated with glyphosate, a herbicide which is probably carcinogenic according to the World Health Organization (WHO), but which is needed to maintain crops of transgenic seeds. The first trial for the possible effects of Round Up -Monsanto's polemic herbicide containing gliphosate- starts on July 9 in the US. (Photo by IVAN PISARENKO / AFP)        (Photo credit should read IVAN PISARENKO/AFP/Getty Images)
Le Luxembourg défend son interdiction du glyphosate
Alors que le ministre fédéral belge de l'Agriculture a jugé, en début de semaine, que le Grand-Duché avait utilisé «une procédure inappropriée» pour mettre en place la mesure en vigueur depuis le 1er janvier, son homologue luxembourgeois persiste et signe.

Cela n'a toutefois pas empêché certains pays de se montrer précurseurs en bannissant purement et simplement le glyphosate de leur territoire. Ainsi, c'est le Luxembourg qui s'est montré le plus à l'avant-garde en interdisant l'utilisation du glyphosate du secteur agricole, public ainsi que du domaine privé. Cette mesure était entrée en vigueur le 1er janvier 2021, il y a un peu plus d'un an donc. La commune belge d'Attert, frontalière du Grand-Duché, avait d'ailleurs emboîté le pas au Luxembourg en devenant la première commune belge à interdire le glyphosate sur son territoire au même moment. L'heure est désormais au premier bilan. Le député Jeff Engelen (ADR) a notamment cherché à mesurer l'impact qu'a eu l'interdiction du glyphosate sur la biodiversité. 

Une eau de meilleure qualité à moyen terme

Le ministre de l'Agriculture Claude Haagen (LSAP) a malheureusement répondu qu'il était bien trop tôt pour tirer des premières conclusions. «La durée de vie résiduelle des polluants dans les eaux souterraines peut atteindre une moyenne de 20 ans.  Par conséquent, une déclaration significative concernant l'impact de l'interdiction du glyphosate sur la qualité de l'eau potable un an après l'interdiction n'est pas possible», a-t-il reconnu dans sa réponse parlementaire. Toutefois, ce dernier est convaincu qu'à moyen terme, cette interdiction améliorera la qualité de l'eau potable.


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En parallèle de l'interdiction, le gouvernement luxembourgeois a également planché sur des projets d'alternative au glyphosate. «Entre 2018 et 2021, le ministère de l'Agriculture a financé deux projets de recherche sur lesquels des alternatives à l'utilisation du glyphosate ont été testées», a rappelé le ministre. Pour le premier projet, mené par la Chambre d'agriculture et le «Luxembourg Institute of Science and Technology», des tentatives ont été faites pendant 3 ans pour tester des alternatives à l'utilisation du glyphosate en agriculture dans des conditions pratiques. Le coût total de ce projet était de 359.494€. «Par ailleurs, la Chambre d'agriculture a mené en 2018 un essai pour tester l'impact de l'utilisation des fourrages au champ sans l'utilisation du glyphosate. Le coût total du projet était de 14.090€», a noté le ministre, sans pour autant préciser les résultats de celles-ci.

Aucun agriculteur en infraction

Evidemment, le risque que certains agriculteurs outrepassent l'interdiction était bien réel. C'est ainsi que le gouvernement avait mis en place, dans la foulée de l'interdiction du glyphosate, une série de contrôles visant à pincer d'éventuels resquilleurs. C'est à la cellule de contrôle du service de l'économie rurale que cette tâche est revenue. Et force est de constater que l'interdiction du glyphosate a été globalement très respectée. «En 2020, environ 35 exploitations agricoles ont été contrôlées. Aucune violation de la loi n'a été détectée. En 2021, 20 exploitations agricoles ont été spécifiquement contrôlées dans le cadre de l'utilisation des «pesticides». Dans ces contrôles, aucune violation en rapport avec le glyphosate n'a été détectée», s'est réjoui le ministre de l'Agriculture.


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Et en ce qui concerne l'usage privé du puissant herbicide, 33 inspections ont été réalisées chez des revendeurs de pesticides professionnels et non professionnels. «Dans un seul cas, une violation a été constatée, il n'y a pas eu de sanction financière», a conclu Claude Haagen. Rappelons que depuis le 30 juin 2020, la commercialisation de pesticides contenant du glyphosate au Luxembourg est interdite. 

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