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Pourquoi les déchets de quelques personnes sont le problème de tous
Luxembourg 3 5 min. 02.09.2022
Esch-sur-Alzette

Pourquoi les déchets de quelques personnes sont le problème de tous

Des bouteilles en plastique compressées dans des cartons et autres déchets résiduels simplement déposés sur le trottoir - souvent à côté de poubelles publiques bondées.
Esch-sur-Alzette

Pourquoi les déchets de quelques personnes sont le problème de tous

Des bouteilles en plastique compressées dans des cartons et autres déchets résiduels simplement déposés sur le trottoir - souvent à côté de poubelles publiques bondées.
Photo: Guy Jallay
Luxembourg 3 5 min. 02.09.2022
Esch-sur-Alzette

Pourquoi les déchets de quelques personnes sont le problème de tous

Franziska JÄGER
Franziska JÄGER
Ce qui ne rentre plus est tout simplement déposé à côté. Les poubelles publiques d'Esch-sur-Alzette sont de plus en plus souvent utilisées comme décharges privées.

Les hommes du service propreté d'Esch-sur-Alzette, qui parcourent la ville le soir pour vider les poubelles publiques, sont très étonnés au petit matin : à 7 heures, ils commencent leur première tournée de la journée et les mêmes poubelles qu'ils ont vidées la veille sont déjà pleines, quelques heures plus tard seulement. Ce qui ne pouvait plus y entrer a été mis à côté. 


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C'est ce que raconte Tom Arend, responsable du service propreté de la ville d'Esch. «Notre problème», dit-il, «c'est que les ordures ménagères sont jetées dans les poubelles publiques». Vendredi matin, les hommes d'Arend ont envoyé des photos de leur tournée à leur chef. On y voit une poubelle grise et ronde sur la place du Brill, d'où s'échappent des bouteilles en plastique, en dessous un sac jaune plein et un sac plastique blanc du commerce contenant d'autres déchets.

Dans la rue de l'Alzette, c'est un sac noir entièrement rempli qui a été abandonné, là encore à côté d'une poubelle publique. Sur le boulevard J.-F. Kennedy, les hommes d'Arend se sont retrouvés face à une énorme montagne de déchets composée de sacs bien remplis. Une autre photo montre un caddie à une roue déposé à côté d'un arbre dans la rue du Clair-Chêne. Quelques mètres plus loin, un ourson en peluche et des sabots en plastique bleu sortent d'un sac à provisions.

Les déchets jetés illégalement dans la nature coûtent à leur auteur une amende de 326,50 euros, s'il peut être retrouvé toutefois.
Les déchets jetés illégalement dans la nature coûtent à leur auteur une amende de 326,50 euros, s'il peut être retrouvé toutefois.
Photo: Guy Jallay

702 poubelles publiques sont installées à Esch, dont 202 dans le centre-ville. Par centre, Tom Arend entend la zone située entre la rue du Canal et le boulevard J.-F. Kennedy. «Nos 26 hommes de l'équipe de proximité vident les poubelles du centre-ville trois fois par jour, et deux fois par jour le samedi et le dimanche, afin que le centre-ville ait fière allure le week-end également», explique Arend. Les autres poubelles publiques en dehors du centre seraient vidées deux fois par jour par le reste du service propreté - environ 70 employés donc. «C'est là que nous avons nos points chauds», dit Arend en énumérant les rues qui se font remarquer chaque jour par les déchets illégaux qui y sont jetés : rue de Stalingrad, rue de l'Alzette, place de la Résistance, place de l'Hôtel de Ville, place Boltgen, place St.-Michel, rue des Jardins, boulevard J.-F. Kennedy, rue d'Audan. «C'est frustrant pour mon équipe quand des poubelles qui viennent d'être vidées sont à nouveau pleines peu de temps après».

Même si on vidait quatre ou cinq fois par jour, cela ne changerait rien.

Tom Arend, directeur du service propreté d'Esch-sur-Alzette

Et cela n'a rien à voir avec la fréquence de vidage, précise Arend. «Même si on vidait quatre ou cinq fois par jour, cela ne changerait rien. Il y a simplement des gens qui profitent, juste pour économiser des taxes sur les ordures, alors que les poubelles bleues, vertes et brunes sont gratuites à domicile, les déchets biologiques et le verre ne sont pas facturés, il en va de même pour le sac bleu Valorlux». Seule la poubelle grise est donc soumise à une taxe de raccordement. 

Les contrevenants habitent généralement à proximité 

Entre-temps, les poubelles ont été enlevées dans certaines rues, par exemple dans la rue de Stalingrad, où «c'était une sorte de combine de mettre ses ordures ménagères privées à côté des poubelles publiques, en se disant que les éboueurs les ramasseraient bien. C'est pourquoi nous ne mettons plus de poubelles à certains endroits», dit Arend avec résignation, estimant que «les gens qui font cela n'habitent généralement pas loin des poubelles pleines».


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Quoi qu'il en soit, les hommes d'Arend ne laissent pas traîner les déchets déposés illégalement, ils emportent tout. «A quoi cela ressemble-t-il sinon, surtout en cette période de capitale culturelle ?» Interrogé sur la problématique, Georges Mischo (CSV) soupire et pose ses coudes sur la table de la commune, l'air perplexe. «Je ne comprends pas pourquoi certaines personnes font cela», dit-il, pour enchaîner aussitôt avec sa supposition. «Il y a un manque d'éducation et de respect chez certaines personnes dans notre société». 

"Il y a un manque d'éducation et de respect dans notre société", déclare le bourgmestre d'Esch, Georges Mischo.
"Il y a un manque d'éducation et de respect dans notre société", déclare le bourgmestre d'Esch, Georges Mischo.
Photo: Guy Jallay

L'homme pense que c'est en touchant aux portefeuilles des gens que les mentalités pourraient évoluer. Le bourgmestre pense notamment à l'amende de 326,50 euros qui est par exemple infligée lorsqu'un sac poubelle est laissé en pleine nature. A condition que le pollueur soit identifié. «Nous avons nos astuces pour retrouver le propriétaire», révèle Mischo.

Arend est d'accord. «Je vois moi-même ce qui atterrit parfois dans les poubelles, des jouets, des affaires d'enfants, je suppose qu'il s'agit de familles tout à fait normales qui veulent simplement économiser des frais de déchets facilement. Les personnes qui sont hébergées officieusement qui se débarrassent illégalement de leurs déchets le matin sont certainement une minorité». 

La nouvelle loi doit être dissuasive 

Les chiffres présentés par Arend rendent cette estimation pour le moins interpellante : au 1er janvier 2022, 36.220 habitants étaient enregistrés dans la commune d'Esch, pourtant, seulement 13.437 poubelles grises circulaient parmi la population. Interrogé à ce sujet, Arend indique que tous les ménages qui s'inscrivent auprès de la commune ne demandent pas forcément une poubelle grise. 

Cela dit, Mischo et Arend espèrent une amélioration grâce à la loi 71.26 adoptée en juillet et visant à élargir les compétences des agents municipaux. Ceux-ci pourront alors dresser des contraventions s'ils prennent quelqu'un en flagrant délit de dépôt illégal de déchets. Jusqu'à présent, cela n'était pas possible. Selon l'infraction, les futures amendes s'élèveront entre 25 euros - également valables en cas de non-ramassage des déjections canines - et 250 euros. Entre-temps, 140 poubelles publiques ont été équipées de sacs «doggy-bag», désormais de couleur rouge, plus facilement reconnaissables. La nouvelle loi devrait être appliquée à partir du 1er janvier 2023, et pas seulement à Esch-sur-Alzette.

Cet article a été publié pour la première fois sur wort.lu/de

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