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Pourquoi le virus devrait se tenir éloigné des écoles
Luxembourg 3 min. 16.05.2020

Pourquoi le virus devrait se tenir éloigné des écoles

La parole de Rudi Balling fait partie de celles dont le gouvernement a tenu compte pour redémarrer le fondamental et les crèches.

Pourquoi le virus devrait se tenir éloigné des écoles

La parole de Rudi Balling fait partie de celles dont le gouvernement a tenu compte pour redémarrer le fondamental et les crèches.
Photo : Guy Jallay
Luxembourg 3 min. 16.05.2020

Pourquoi le virus devrait se tenir éloigné des écoles

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Les enfants sont moins infectés par le covid-19 et moins infectieux. C'est, notamment, ce constat soutenu par des chercheurs luxembourgeois qui a conforté le ministre Claude Meisch pour rouvrir crèches et écoles le 25 mai.

«La crainte est un sentiment normal. Et je comprends les peurs. Celle des parents, des enfants, des enseignants, des syndicats.» A cette liste, vendredi, le ministre de l'Education nationale aurait pu ajouter sa propre angoisse et celle du gouvernement. Car confirmer les conditions de reprise du fondamental et la réouverture des crèches relève autant de l'intérêt pédagogique que du pari médical. Aussi, Claude Meisch (DP) n'a pas manqué de rappeler que ce choix s'appuyait sur un avis scientifique.

«Il en ressort que le déroulement de l'infection chez les petits est bien plus faible que chez les adultes, et même le plus souvent sans symptôme visible.» Ainsi, l'infection pulmonaire se transmettrait plus difficilement aux jeunes sujets, entraînerait des complications bien plus faibles et ces garçons et filles seraient peu vecteurs du coronavirus auprès de leur entourage. Soulagement donc : reprendre le chemin des classes ne reviendrait pas à exposer les enfants de façon inconsidérée à la maladie qui a déjà fait 104 victimes au Luxembourg.


A member of the Red Cross takes the temperature of a man in a car as a preventive measure against the spread of the novel coronavirus, COVID-19, on the Guadalajara-Morelia highway, Jalisco State, Mexico, on May 2, 2020. (Photo by Ulises RUIZ / AFP)
Et maintenant, la deuxième vague?
Il ne fait guère de doute, pour Rudi Balling (directeur du Luxembourg center for systems Biomedecine) que le covid-19 peut à nouveau frapper, et même fort. Le spécialiste rappelle qu'une partie de la réponse ne tient qu'au respect des consignes sanitaires. Donc à nous.

Cet avis médical, Claude Meisch l'a entendu de la part de la Direction de la Santé, du Conseil supérieur des maladies infectieuses mais aussi de Rudi Balling. Le directeur  du Luxembourg Center for Systems Biomedicine (LCSB) avait présenté ses conclusions quelques jours auparavant

Pour le Pr Balling, pas question de cacher que «les infections à Sars-CoV-2 chez les enfants sont clairement possibles». Mais en l'état actuel des connaissances, il est aussi évident que la présence de la maladie virale augmente selon l'âge de la population, et qu'elle est bien plus agressive et dangereuse sur des sujets seniors. Pour mémoire, au Grand-Duché, l'âge moyen des morts liés au covid-19 est de 84 ans

Jusqu'à présent, dix enfants ont été hospitalisés au Luxembourg et deux d'entre eux ont dû être pris en charge en soins intensifs.

Selon les scientifiques, les enfants présenteraient une plus grande variété de symptômes par rapport à leurs aînés. Ainsi, en plus des "habituelles" toux, difficultés respiratoires, perte d'odorat et fièvre, les jeunes sujets peuvent également développer des infections sur leur peau en cas d'infection. Et les recherches démontrent que ce n'est qu'en de très rares cas que des enfants ont perdu la vie après avoir été testés positifs au covid. 

La vigilance des chercheurs 

La vaste campagne de dépistage lancée auprès des élèves, peu avant la rentrée des terminales, a notamment pour but d'isoler les sujets contaminés. Cela afin de les placer en quarantaine préventive, pour éviter toute possible infection de leur environnement proche. Famille comme camarades de classe. L'autre  campagne de tests à l'échelle nationale, qui tarde à débuter malgré les engagements de la ministre de la Santé, permettra de connaître le niveau d'infection des plus jeunes invités à revenir en cours ou en crèche.

Rassurant aussi, les chercheurs de l'Université de Luxembourg (en plus du suivi de l'étude Con-Vince) sont à la pointe des recherches sur le devenir des patients diagnostiqués comme porteurs du covid-19. Comme l'ont prouvé les récents travaux. Par ailleurs, c'est des laboratoires du Grand-Duché qu'est venue l'alerte qu'une maladie similaire au syndrome de Kawasaki pouvait survenir chez l'enfant. Et que cette maladie inflammatoire systémique était traitable chez les petits. 

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