Changer d'édition

Pourquoi le droit de vote accordé aux étrangers ne fait pas l'unanimité
Luxembourg 2 min. 02.04.2015 Cet article est archivé
Second volet de l'enquête d'opinion PolitMonitor

Pourquoi le droit de vote accordé aux étrangers ne fait pas l'unanimité

Second volet de l'enquête d'opinion PolitMonitor

Pourquoi le droit de vote accordé aux étrangers ne fait pas l'unanimité

Photo: Guy Wolff
Luxembourg 2 min. 02.04.2015 Cet article est archivé
Second volet de l'enquête d'opinion PolitMonitor

Pourquoi le droit de vote accordé aux étrangers ne fait pas l'unanimité

L'idée d'un droit de vote accordé aux étrangers pour les législatives n'emporte pas l'adhésion d'une majorité d'électeurs. Les réponses des sondés données dans le cadre de l'enquête TNS ILRES pour le Luxemburger Wort et RTL expliquent cette réticence.

PAR DOMINIQUE NAUROY

L'idée d'un droit de vote accordé aux étrangers pour les législatives n'emporte pas l'adhésion d'une majorité d'électeurs. Les réponses des sondés données dans le cadre de l'enquête TNS ILRES pour le Luxemburger Wort et RTL expliquent cette réticence.

C'est l'une des trois questions soumises lors du référendum du 7 juin et elle concerne quelque 35.000 résidents étrangers... sur les 248.900 résidents étrangers comptabilisés en 2014. Si le oui l'emportait, les étrangers qui habitent depuis une décennie au Luxembourg et ont participé au moins une fois aux élections communales ou européennes pourraient voter aux législatives.

A l'heure actuelle un peu moins de la moitié de la population (les étrangers en représentent un peu plus de 45%) ne peut pas élire les députés. Mais aux yeux des Luxembourgeois, donc des électeurs, la proposition du gouvernement n'est pas suffisante pour combler le déficit démocratique. Ils considèrent cette introduction, clairement limitée, du droit de vote aux étrangers, symbolique plutôt que comme une réelle avancée.

Cela laisse supposer qu'aux yeux des électeurs, s'ils s'accordent à dire qu'il y a un déficit démocratique, ce n'est pas nécessairement en accordant le droit de vote aux étrangers, sous les conditions évoquées ci-dessus, qu'on le résoudra. 

En fait, il semble que les électeurs soient plus favorables à des critères moins stricts pour l'obtention de la nationalité. Un exemple : seuls 30% se déclarent en faveur d'une ouverture plus large et plus directe du droit de vote aux étrangers avec une condition de résidence de cinq ans, alors qu'ils sont 43% à juger positivement l'idée du CSV proposant d'accorder la nationalité après cinq ans de résidence au lieu de sept actuellement. C'est un indice plaidant en faveur d'une intégration élargie, même si ce n'est pas encore une majorité.

De même, près de trois Luxembourgeois sur quatre considèrent normal que les enfants nés au Luxembourg deviennent automatiquement luxembourgeois à 18 ans, autre proposition du CSV.

Reste, cependant, l'obstacle de la langue. Une majorité claire (56%) des Luxembourgeois interrogés considère que l'intégration passe par la maîtrise du luxembourgeois. Et seul un tiers des Luxembourgeois sondés (35%) soutient l'idée du CSV d'une simplification du test linguistique. 

Le PolitMonitor Luxemburger Wort - RTL a été réalisé du 19 au 30 mars 2015 auprès de 1.179 personnes résidentes de 18 ans et plus, dont 841 électeurs.


Sur le même sujet

Le Luxembourg et ses résidents étrangers : la question du droit de vote à accorder à ces derniers dans le cadre des législatives est celle qui divise le plus le pays. Déficit démocratique, droit de vote, devoir électoral et tensions entre étrangers et Luxembourgeois au prisme des résultats dévoilés par une enquête d'opinion courant mai.
A quelques jours du scrutin
Dimanche, les Luxembourgeois vont aller aux urnes et répondre à trois questions dont une concerne le droit de vote des étrangers. Quelles sont les tendances et les positions des partis politiques? Voici le point sur le référendum du 7 juin.
Second volet de l'enquête d'opinion PolitMonitor
Que seule une minorité puisse avoir le droit de vote pose problème : c'est ce que pensent 55% des Luxembourgeois interrogés dans le cadre du PolitMonitor Luxemburger Wort / RTL, même si la mesure palliative qui leur est proposée lors du référendum du 7 juin ne recueillerait pas de majorité.
Enquête d'opinion PolitMonitor
C'est une fracture qui se dessine au fur et à mesure des enquêtes d'opinion réalisées depuis novembre sur les trois questions du référendum à venir : si une nette majorité des résidents se prononce en faveur du vote des étrangers aux législatives, cette proposition ne séduit qu'une minorité des électeurs, ceux-là mêmes qui s'exprimeront le 7 juin.