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Pour qui voteraient nos politiques luxembourgeois?
Luxembourg 7 min. 08.04.2022 Cet article est archivé
Election présidentielle française

Pour qui voteraient nos politiques luxembourgeois?

Pas moins de 48,7 millions de Français sont appelés aux urnes pour élire leur nouveau président ce dimanche.
Election présidentielle française

Pour qui voteraient nos politiques luxembourgeois?

Pas moins de 48,7 millions de Français sont appelés aux urnes pour élire leur nouveau président ce dimanche.
Photo: AFP
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Election présidentielle française

Pour qui voteraient nos politiques luxembourgeois?

Simon MARTIN
Simon MARTIN
À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle en France, nous avons sondé les différents partis luxembourgeois. Et il semblerait que ces derniers soient fidèles à leurs valeurs avant tout.

Le premier tour de l'élection présidentielle française aura lieu ce dimanche. Pas moins de 48,7 millions de Français sont appelés à voter pour élire leur nouveau président. Si certaines tendances se dégagent, l'incertitude sur les noms des deux candidats ou candidates qui s'affronteront lors du second tour reste de mise. Le Premier ministre Xavier Bettel (DP) a en tout cas déjà fait son choix en affichant publiquement son soutien au président sortant Emmanuel Macron lors d'une réunion publique organisée ce jeudi à Strasbourg.


Pour voter, il faut s'inscrire au préalable sur la liste électorale consulaire.
La procuration peut se faire jusqu'au dernier moment
S'il est toujours mieux de la réaliser le plus tôt possible, la procédure de vote par procuration peut encore être établie jusqu'à vendredi, 16h, à l'ambassade de France pour les électeurs vivant au Luxembourg.

Afin de savoir ce que pensait la classe politique luxembourgeoise de ce futur scrutin, nous avons interrogé différents membres, représentants ou encore présidents des différents partis politiques du Grand-Duché, afin de connaître leur candidat favori et de leur demander qui ils pensaient voir au second tour. Un coup de sonde qui a permis de dégager quelques surprises. Avant de poursuivre votre lecture, précisons qu'il ne s'agit que de l'avis de la personne interrogée et que celui-ci n'est peut-être pas représentatif de l'opinion de l'ensemble du parti politique. 

Corinne Cahen, présidente du Parti démocratique

Commençons notre coup de sonde par les partis de la majorité. Corinne Cahen, la présidente du Parti démocratique (DP), s'est directement prêtée au jeu des questions et des réponses en affichant très clairement son soutien au président sortant. «Je ne soutiens en aucun cas les extrémistes, ni de gauche, ni de droite. En tant que ministre au Luxembourg, je travaillerai avec celui ou celle que le peuple français choisira démocratiquement. Ma préférence va donc pour Emmanuel Macron», indique celle qui est également ministre de la Famille, de l'Intégration et de la Grande Région. Dans le cadre de cette dernière fonction, inutile de dire que Corinne Cahen aura l'occasion d'échanger avec le ou la futur(e) président(e). 

Cette dernière pense d'ailleurs que l'on retrouvera Macron au second tour. «A en croire les sondages», précise-t-elle. «L'Europe a besoin d'un leader français fort et le Luxembourg a besoin d'un partenaire fiable».

La présidente du Parti démocratique voterait pour Macron.
La présidente du Parti démocratique voterait pour Macron.
Photo: AFP

Dan Biancalana, coprésident du Parti ouvrier socialiste luxembourgeois

Le coprésident du LSAP s'est lui aussi prêté de bonne grâce au jeu des questions sur la future élection présidentielle. Fidèle à ses valeurs de gauche, l'homme n'a pas hésité une seule seconde à déclarer son soutien à l'actuelle maire de Paris, Anne Hidalgo. «Je soutiens effectivement la candidate du PS», nous explique-t-il. Un choix assumé alors qu'Anne Hidalgo n'est seulement créditée que d'environ 2% des intentions de vote dans les sondages. Cette dernière souffre en effet de la présence d'autres candidats de gauche à l'élection.


TOPSHOT - French incumbent president and candidate of La Republique en Marche (LREM) party for the presidential election Emmanuel Macron (R) greets an inhabitant during a campaign visit in the "Fontaine d'Ouche" neighborhood in Dijon, on March 28, 2022. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
Le bilan du président Emmanuel Macron
Emmanuel Macron brigue un deuxième mandat de président. Son bilan est toutefois mitigé.

Un choix de valeurs avant tout pour Dan Biancalana, donc. «Elle n'est effectivement créditée qu'à 2%, mais elle porte les valeurs socialistes: la solidarité, la justice sociale et l'égalité. Ses priorités portent ainsi sur la santé, l'éducation, le pouvoir d'achat, la transition écologique, la jeunesse et les services publics. Ce sont aussi des priorités importantes et partagées par le LSAP», dit-il. «Je ne prévois pas de participer à un événement particulier. Mais je suis ses déplacements et prises de position via les réseaux sociaux et les articles de presse.»

La campagne paraît mal engagée pour la maire de Paris.
La campagne paraît mal engagée pour la maire de Paris.
Photo: AFP

Djuna Bernard et Meris Sehovic, coprésidents de «Les Verts»  

Djuna Bernard et Meris Šehović, coprésidents de «Les Verts» (déi Gréng), ont tous les deux un avis bien tranché sur la question de l'élection présidentielle française et ont très rapidement dégagé leur favori dans cette campagne. «Dans une campagne sursaturée par une rhétorique de droite haineuse, nous sommes fiers du candidat vert Yannick Jadot, qui défend l'égalité, la justice sociale et la lutte contre la crise climatique. La solidarité doit l'emporter sur la haine», disent les deux politiques luxembourgeois d'une seule et même voix. 


A Metz, les militants se font rares sur les marchés
A moins de quinze jours du premier tour, seuls deux des douze candidats que compte l'élection présidentielle française étaient présents par la voix de leurs militants sur le marché du Sablon, à Metz.

«La campagne de Yannick Jadot donne la priorité à la protection du climat et de l'environnement et à la garantie d'un avenir juste et durable pour tous. Ses propositions comprennent notamment la sortie du nucléaire, l'accélération de la transition vers les énergies renouvelables, l'inclusion de la protection du climat dans la constitution française, la lutte contre le chômage et les conditions de travail précaires et l'augmentation du salaire minimum.»

Pour Djuna Bernard et Meris Šehović, Yannick Jadot a mené une campagne puissante dans une période difficile, réussissant à assurer un espace pour les idées et les valeurs écologistes «dans un paysage médiatique dominé par le néolibéralisme extrême et les points de discussion de l'extrême droite». Ils informent d'ailleurs que certains mandataires de déi Gréng ont participé à des meetings électoraux pour manifester leur soutien à la candidature de l'écologiste français.

Ne souhaitant pas faire de prédictions sur le résultat des élections, les deux présidents espèrent toutefois que l'écologie politique occupera une place forte au premier et au second tour du scrutin. «L'élection présidentielle française aura un fort impact symbolique pour toute l'Europe. Il est donc important pour nous de pouvoir compter sur un partenaire à l'Elysée qui défend la démocratie, l'Etat de droit et la solidarité européenne», disent-ils. 

Yannick Jadot représente le candidat idéal pour déi Gréng.
Yannick Jadot représente le candidat idéal pour déi Gréng.
Photo: AFP

Claude Wiseler, président du Parti populaire chrétien-social

Lorsque nous lui posons la question de savoir pour qui il voterait pour les élections présidentielles, le président du CSV, Claude Wiseler, répond directement que son choix se porterait sur la candidate de droite Valérie Pécresse. «Pourquoi? Tout simplement parce que le parti LR fait partie de la famille politique du PPE (Parti populaire européen) et que Valérie Pécresse me semble une bonne alternative à la politique actuelle», justifie l'intéressé.


French far-right party Rassemblement National (RN) presidential candidate Marine Le Pen addresses a congress of French main farmer union FNSEA on March 30, 2022 in Besancon, eastern France, ahead of French presidential election's first round next April 10. (Photo by SEBASTIEN BOZON / AFP)
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Ce dernier explique d'ailleurs avoir déjà eu l'occasion d'assister à un sommet du PPE à Paris en présence de Valérie Pécresse. «Ma présence était destinée à montrer le soutien de notre parti européen à sa candidature. Je ne sais pas qui sera au deuxième tour, mais si Valérie Pécresse ne s'y trouvait pas et que le deuxième tour se jouait entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, il est sûr que je soutiendrai la candidature de Monsieur Macron.»

Valérie Pécresse, un choix du coeur pour Claude Wiseler.
Valérie Pécresse, un choix du coeur pour Claude Wiseler.
Photo: AFP

Sven Clement, député pour le parti Pirate du Luxembourg

Le membre de la Chambre des députés n'y va quant à lui pas par quatre chemins. «En ma qualité de député du Grand-Duché de Luxembourg, et en mon nom personnel, je ne soutiens aucun des douze candidats en lice. Je note d'ailleurs avec un certain regret que le parti Pirate français, notre parti frère, n'est pas représenté dans la course», déclare-t-il. «La France est un pays ami, que j'apprécie beaucoup par ailleurs, mais j'estime que l'élection présidentielle regarde uniquement les citoyennes et les citoyens français.»

Sven Clement se dit par contre très inquiet par le taux d'abstention record que redoutent certains et, en particulier, les instituts de sondage. «Quant au second tour, il n'y a pas photo: tout laisse à penser à un nouveau duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Rebelote, donc. Mais le résultat s'annonce serré, une certaine droitisation du paysage politique français, pas forcément de la société française, n'étant plus un secret pour personne.» 

Fred Keup, Parti réformiste d'alternative démocratique

Interrogé par nos soins, Fred Keup, président de l'ADR, ne souhaite pas s'immiscer dans le débat politique français. «En tant que politicien luxembourgeois, député au Parlement luxembourgeois, je ne compte pas m’ingérer pas dans les élections des autres nations. Les élections en France sont l’affaire des Français. Le peuple français est souverain et je respecterai le vote des Français quel qu’il soit. Le nouveau président élu, il sera à nous d’entretenir les meilleures relations possibles avec les Français tout en défendant nos propres intérêts nationaux», dit-il.

Toutefois, Fred Keup s'accorde à dire qu'il voit bien un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen lors du second tour. «Ces deux candidats me semblent le plus soutenus par les Français», avoue-t-il.

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