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Pour glaner son diplôme, le chemin peut être aride
Luxembourg 3 min. 18.08.2015 Cet article est archivé
Chaque année, 1.600 élèves décrochent de l'école

Pour glaner son diplôme, le chemin peut être aride

Chaque année, 1.600 élèves décrochent de l'école

Pour glaner son diplôme, le chemin peut être aride

Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 18.08.2015 Cet article est archivé
Chaque année, 1.600 élèves décrochent de l'école

Pour glaner son diplôme, le chemin peut être aride

Tous les ans, quelque 1.600 jeunes abandonnent l'école, sans qualification. Les échecs scolaires ou une mauvaise orientation sont autant de facteurs qui expliquent comment ces jeunes perdent l'envie d'apprendre... et décrochent.

(SH – trad. & adapt. DN) – Tous les ans, quelque 1.600 jeunes abandonnent l'école, sans qualification. Les échecs scolaires ou une mauvaise orientation sont autant de facteurs qui expliquent comment ces jeunes perdent l'envie d'apprendre... et décrochent.

Une proportion d'entre eux se réinscrit un peu plus tard, dans un autre établissement luxembourgeois ou à l'étranger. Pour d'autres, cependant, le décrochage est sans retour.

Ainsi, l'année scolaire 2012 – 2013, dernière année pour laquelle une étude du ministère de l'Education a été publiée, a vu 1.643 élèves quitter l'école en cours ou en fin d'année scolaire sans diplôme ni certification. Ce nombre établit le taux de décrochage permanent à 11,6%, contre 9% de 2008 à 2012 (mais 17,2% en 2003 – 2004).

Près de 800 jeunes décrochent sans retour

Parmi eux, 415 élèves se sont réinscrits au Luxembourg (141) ou à l'étranger (274) ; 779 ont décroché durablement, dont 433 actuellement sans emploi et 207 qui s'étaient réinscrits et avaient redécroché ; enfin le ministère est en manque d'information pour les 449 autres.

Cela fait 130 décrocheurs permanents de plus qu'en 2011 – 2012, 135 de plus qu'en 2010 – 2011.

« Les jeunes en décrochage scolaire courent le risque d'être socialement marginalisés », estime-t-on au ministère de l'Education. En juillet, le gouvernement a présenté un plan en six points pour lutter contre ce phénomène.

Mais l'action se joue d'abord au cœur des écoles, une prise de conscience affichée au sein du Lycée Nic Biever (LNB) de Dudelange. Située dans un environnement socio-économique difficile, très peu de ses quelque 1.750 élèves l'abandonnent pourtant en cours d'année. « Nous devons nous attaquer activement au décrochage scolaire, ainsi que le font d'autres établissements », plaide le directeur adjoint du LNB, Eric Bosseler.

L'important est de limiter le nombre d'élèves par classe. Seulement de cette manière, l'équipe enseignante parvient à dégager du temps pour s'attaquer aux difficultés auxquelles peut faire face un élève. De même, des heures hebdomadaires de soutien, en langues mais aussi en mathématiques, sont organisées.

Les élèves en technique plus exposés

Le décrochage scolaire guette de plus en plus les élèves de l'enseignement technique – en particulier ceux de la Neuvième professionnelle, selon l'étude du ministère.

Une expérience pratique dans différentes professions leur permet de conserver un intérêt à l'égard de leur formation, en voyant concrètement à quelle réalité mène la matière enseignée. Et pour les plus récalcitrants, face à l'âpreté de la journée de travail, certains trouvent une nouvelle motivation pour revenir à l'école, juge M. Bosseler, qui constate que d'autres trouvent un stage en apprentissage et peuvent ensuite poursuivre leurs études.

Pour faciliter cet l'apprentissage en entreprise, l'«Action locale pour jeunes» (ALJ) contacte individuellement les décrocheurs et guide ces jeunes pour trouver un tel apprentissage, les conseille, notamment sur l'attitude à adopter lors d'un entretien.

Aller à la rencontre des employeurs et des anciens élèves, qui évoquent leur expérience et leurs problèmes, lors d'une « journée professionnelle » ou d'une « journée de l'orientation », peut s'avérer payant.

Maintenir vivant le désir d'apprendre

Pour que subsiste le désir d'apprendre, le LNB réoriente les élèves en situation d'échec vers des classes où ils peuvent avoir de meilleures chances de réussite. « Devoir faire face une année entière à de mauvaises notes, ça a un effet négatif », constate M. Bosseler : « C'est important de motiver les élèves. Nous essayons toujours de les pousser vers le haut. »

Enfin, pour les enfants qui connaissent de graves problèmes à la maison, « les trente heures d'école sont, pour certains d'entre eux, les plus belles de la semaine », estime M. Bosseler, qui juge que l'école doit aussi faire état de ces problèmes aux autorités compétentes.

Les activités périscolaires sont notamment proposées à ces enfants, qui offrent, après l'école, un autre refuge. Sports, arts : ils apprennent et le temps passé dans cette enceinte aide à les construire.


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