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Pour en finir avec le verre de trop
Luxembourg 3 min. 24.01.2020 Cet article est archivé

Pour en finir avec le verre de trop

35% des adultes luxembourgeois ont une consommation d'alcool excessive, selon l'OCDE.

Pour en finir avec le verre de trop

35% des adultes luxembourgeois ont une consommation d'alcool excessive, selon l'OCDE.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 24.01.2020 Cet article est archivé

Pour en finir avec le verre de trop

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le Luxembourg vient d'adopter son premier plan d’action de réduction du mésusage de l’alcool. Une série de mesures attendues depuis 2012 et nécessaires dans un pays où 9% des décès sont imputables à une consommation excessive de boissons.

Pays de vignes, d'amateurs de bières, avec une population à l'esprit festif: l'alcool fait partie de l'ADN luxembourgeoise. C'est aussi malheureusement l'une de ses plaies. Ainsi, dans un récent rapport, l'OCDE rappelait que 35% des adultes du Grand-Duché avaient une consommation excessive d'alcool. A savoir plus de six boissons alcoolisées bues lors d'une même sortie... Et si, en 2012, un plan national alcool avait bien été annoncé, il aura fallu attendre ce vendredi pour le voir valider par le gouvernement.

Son nom: PALMA, pour Plan d’action luxembourgeois de réduction du mésusage de l’alcool. Ses buts : réduire significativement le mésusage de l’alcool et ses méfaits au Luxembourg mais aussi permettre à la population d’adopter des comportements sains et raisonnables face à l’alcool. Sa durée: jusqu'en 2024. 

Plus d'alcool fort avant 18 ans

Pour le ministre de la Santé, Etienne Schneider (LSAP), l'heure était venue d'en finir avec ce fléau. Car l’excès de boissons est non seulement la cause de nombreux accidents de la route ou d'actes de violence, «mais cela affecte surtout durablement la santé et constitue un facteur de risque évitable des maladies cardiovasculaires, de cancers, de maladies du foie ou encore de troubles mentaux». L'OCDE estime ainsi à 9% la part des décès imputables à une trop forte absorption d'alcool.

Parmi les mesures à prévoir, le gouvernement entend tout d'abord réduire l’accessibilité des jeunes à l’alcool. De fait, l’interdiction de l’âge légal minimum pour la vente de boissons alcoolisées à fort degré passe de 16 à 18 ans. Une mesure que la plupart des Etats de l'UE ont déjà adoptée pour leurs propres mineurs.

Par ailleurs, des campagnes de prévention seront également organisées, notamment à destination des femmes enceintes, des jeunes ou des salariés. De plus, la prise en charge des personnes dépendantes mais aussi de leurs proches va être améliorée dans les mois à venir. 

Comme cette campagne de 2019, le ministère de la Santé va promouvoir la prévention face à l'abus d'alcool qui reste une des causes principales d'absentéisme au travail.
Comme cette campagne de 2019, le ministère de la Santé va promouvoir la prévention face à l'abus d'alcool qui reste une des causes principales d'absentéisme au travail.

Un temps évoquées, d'éventuelles limitations pour la vente d'alcools dans les stations-service ne semblent pas avoir trouvé grâce aux yeux du gouvernement. Il est vrai que les pompistes, déjà en colère face à la montée des accises sur les carburants et du tabac, n'auraient guère goûté ces restrictions.


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