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Pollution: les autorités au chevet de la Chiers
Certains résidents y balancent leurs déchets: "On a toujours fait comme ça"

Pollution: les autorités au chevet de la Chiers

Claude Piscitelli
Certains résidents y balancent leurs déchets: "On a toujours fait comme ça"
Luxembourg 1 3 min. 24.01.2019

Pollution: les autorités au chevet de la Chiers

Ce petit ruisseau du Bassin minier a connu bien des déboires. Il est interdit de s'y baigner à cause de la pollution. Les industries voisines sont en cause mais pas seulement. L'Etat s'en mêle désormais pour tenter de le sauver.

"Parfois c'était noir, parfois brun foncé, parfois vert. Si la boucherie venait d'abattre, elle était rouge. Et ça puait", se souvient Roland Breyer, président du Syndicat intercommunal pour l’assainissement du bassin de la Chiers (SIACH), qui a grandi près de la Chiers.

Rouge, aujourd'hui la Chiers ne l'est plus, mais elle n'est pas propre pour autant. Il est toujours interdit de s'y baigner pour des raisons sanitaires, et la faune se résume à quelques espèces qui survivent dans des eaux polluées.

Sous convention jusqu'en 2021

Pour améliorer cela, un accord a été signé ce jeudi à la station d'épuration de Pétange. La ministre de l'Environnement, du Climat et du Développement durable, Carole Dieschbourg, et le bureau exécutif du Syndicat intercommunal pour l'assainissement du bassin de la Chiers (SIACH) ont procédé, en présence des représentants des quatre communes concernées (Differdange, Käerjeng, Pétange et Sanem) à la signature d'une convention de partenariat relative au cours d’eau.

(de g. à dr.) Roland Breyer, président du SIACH, Carole Dieschbourg, ministre de l'Environnement, et Tom Ulveling, vice-président du SIACH
(de g. à dr.) Roland Breyer, président du SIACH, Carole Dieschbourg, ministre de l'Environnement, et Tom Ulveling, vice-président du SIACH
Claude Piscitelli

Le but: associer les acteurs du secteur de l'eau et le public en vue de les sensibiliser à la gestion du cycle de l'eau et mettre en place des mesures pour améliorer la qualité de l’eau. Un nouveau poste sera créé au sein du SIACH. La convention sera applicable jusqu’au 31 décembre 2021.

Un canal de drainage

Le petit ruisseau, dont la source est située à Oberkorn, n'a pas eu la vie facile dans cette région densément peuplée en industries. Le lit de la Chiers a longtemps été utilisé comme une sorte d’évacuateur de crue: les eaux de pluie et les eaux usées de Differdange n’étaient pas séparées mais acheminées ensemble vers la station d’épuration de Pétange.

Ce n'est que depuis l'année dernière que ce n'est plus le cas. Avec la construction de la rocade à Differdange, un autre projet a été réalisé: la pose de pipelines séparés sous le site d'ArcelorMittal pour l'évacuation des eaux de Differdange et Sanem vers Pétange.

Comme le souligne Raymond Erpelding, directeur de la station d'épuration de Pétange, ces travaux sont maintenant terminés. En conséquence, la Chiers devrait être plus propre désormais sous le Ronnebierg et jusqu'à la frontière.


Du moins si l'industrie joue le jeu. En juillet dernier, le cours d'eau avait subi un épisode de pollution parce que les eaux usées industrielles de la société Kronospan y avaient été drainées. La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg, a déclaré jeudi que Kronospan avait reçu l'ordre de procéder à des ajustements. En outre, un comité d'accompagnement, composé de représentants de la société, a été mis en place.   

La situation s'est améliorée depuis. Carole Dieschbourg a également rappelé que les citoyens sensibilisés à la pollution de l'environnement peuvent transmettre toute information aux autorités grâce à des formulaires prêts à l'emploi disponibles en ligne sur www.guichet.lu.   

À cet endroit, les eaux usées traitées de la station d'épuration de Pétange sont évacuées dans la Chiers
À cet endroit, les eaux usées traitées de la station d'épuration de Pétange sont évacuées dans la Chiers
Claude Piscitelli

Changer aussi les mentalités

En ce qui concerne le projet d'ArcelorMittal et de Cloos consistant à exploiter une décharge pour les résidus d'aciérie, la ministre a assuré que le problème de l'eau serait strictement contrôlé à l'avance. Ceci s'applique en général à tous les nouveaux projets.

Cependant, l'industrie n'est pas la seule coupable. Beaucoup de résidents n'ont pas toujours été respectueux de la Chiers. "Il y a des gens dont les jardins jouxtent le ruisseau qui y jettent leurs déchets", indique Roland Breyer. "Lorsqu'on leur demande des comptes, ils disent simplement: nous avons toujours fait ça". C'est pourquoi il est important de changer les mentalités.

Par Nicolas Anen (trad. ChB)