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Policiers menacés sur les réseaux, la justice s'en mêle
Luxembourg 3 min. 27.09.2021
Sécurité

Policiers menacés sur les réseaux, la justice s'en mêle

Les heurts de la fête nationale ont été filmés par bien des témoins. Des vidéos utiles pour la recherche de la "vérité''.
Sécurité

Policiers menacés sur les réseaux, la justice s'en mêle

Les heurts de la fête nationale ont été filmés par bien des témoins. Des vidéos utiles pour la recherche de la "vérité''.
Luxembourg 3 min. 27.09.2021
Sécurité

Policiers menacés sur les réseaux, la justice s'en mêle

La direction générale de la police grand-ducale aurait signalé au Parquet plusieurs publications où des agents ou l'institution auraient fait l'objet d'une hostilité allant jusqu'à la menace de mort.

(pj avec Steve REMESCH) La procédure est rarissime, voire inédite. La direction générale de la police grand-ducale aurait déposé plainte pour six cas de menaces de mort sur des agents. Des faits qui se sont produits dans la foulée des incidents qui ont émaillé les célébrations 2021 de la fête nationale. Après les confrontations sur le terrain, les antagonismes contre les forces de l'ordre se seraient ainsi reportés sur les réseaux sociaux. Ainsi, des policiers comme l'institution elle-même auraient été insultés et menacés. 


Lokales,  Inauguration du nouveau commissariat, Kommissariat de Police au Kirchberg, Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
Enquêtes autour d'éventuelles violences policières
La riposte des agents a-t-elle été à la hauteur ou disproportionnée, le 22 juin au soir, quand un groupe a commencé à chahuter les forces de l'ordre devant le palais grand-ducal? Des investigations ont été lancées.

Les recherches menées par la rédaction du Luxemburger Wort ont ainsi permis de retrouver en ligne une ''story'' qui pourrait répondre à l'infraction dénoncée. Cette publication montre trois policiers (vraisemblablement la nuit où les affrontements ont eu lieu dans la capitale). Un agent est marqué d'une flèche verte, avec cette légende :  «salle (sic) fdp tu vas regretter». 

Pour l'heure, ni le Parquet ni la police grand-ducale n'ont confirmé (ou infirmé) que cette publication faisait partie du lot incriminé. Tout comme les autorités se refusent à préciser si d'éventuelles poursuites pourraient être engagées non seulement contre les auteurs des publications et des menaces mais aussi à l'encontre des personnes qui auraient pu les partager en ligne. 

Voilà typiquement une des publications qui pourraient faire l'objet de poursuites judiciaires.
Voilà typiquement une des publications qui pourraient faire l'objet de poursuites judiciaires.
Photo: Screenshot

Dans le cadre d'insultes ou de menaces à l'encontre de la police, quatre articles du code pénal peuvent être pris en compte pour une plainte pénale. L'article 277 sur l'outrage envers les corps constitués peut ainsi s'appliquer, par exemple, «lorsque des remarques délibérément désobligeantes sont faites à l'égard d'une fonction publique ou de son représentant». Dans les deux cas, la sanction possible est identique : une peine de prison (de huit jours à un mois) et une amende (de 251 à 2.000 euros). 

Les articles 443 et suivants sur les atteintes portées à l'honneur ou à la considération d'un corps constitué peuvent également être invoqués, dont l'article 448 sur les injures contre un corps constitué. Dans ce dernier cas, la peine maximale peut monter à deux mois d'emprisonnement et 5.000 euros d'amende.

Au-delà des insultes, il existe également le délit de «fausse accusation». Dans la situation évoquée, cela pourrait s'appliquer si un particulier accusait la police d'un délit imaginaire . L'article 445 prévoit alors une possible peine de 15 jours à six mois d'incarcération et une amende (de 251 à 10.000 euros).

Enquêtes en cours

Pour mémoire, dans la soirée du 22 au 23 juin dernier, de violents affrontements avaient eu lieu dans la vieille ville de Luxembourg. Selon le récit officiel de la police, un groupe important de fêtards avaient provoqué la police à plusieurs reprises. Après plusieurs tentatives d'apaisement, il a été procédé à un contrôle d'identité, un choix déclenchant plusieurs actes de violence. Un policier aurait alors reçu un coup de poing au visage.


A police officer stands guard with a body camera attached to the shoulder on February 15, 2017 in Marseille.
Currently in Marseille, only the Mountain bike brigade of the city center and the Specialised field brigade (BST - Brigade specialisee de terrain) of the northern district are equipped with body cameras. Testing of the cameras began 3 years ago in France. According to th prefect of police of the Bouches-du-Rhone, Laurent Nunez, the body cameras "reduce the tensions during interventions". / AFP PHOTO / BORIS HORVAT
Les bodycams, garde-fous controversés des policiers
La mort par balle d'un homme pris en chasse par la police grand-ducale relance le débat autour des caméras piétons pour les forces de l'ordre. Si les syndicalistes y voient un élément de preuve, le déclenchement du système reste néanmoins au bon vouloir de l'agent.

Plus tard, la situation allait encore s'envenimer lorsque d'autres individus allaient aussi faire preuve d'hostilité envers les policiers. L'alcool n'arrangeant visiblement pas les choses... Plusieurs blessés (dans les deux camps) avaient alors été à déplorer suite aux opérations de maintien de l'ordre menées. Une personne a été emmenée à l'hôpital. Dans la nuit enfin, une troisième confrontation allait survenir. Avec échanges de coups et jets de bouteilles contre les policiers qui devaient répliquer en sortant les matraques au cours d'un pugilat comme le Luxembourg n'en a guère connu.

Des faits filmés par bien des témoins et sur lesquels l'Inspection générale de la police a décidé d'enquêter pour clarifier les responsabilités. Il s'agira notamment pour cet organe indépendant de voir si la réplique policière a été à la hauteur de la menace et le comportement des agents dans le respect de la loi. 

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