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Plus qu'une marche, un test
Luxembourg 5 min. 29.10.2021 Cet article est archivé
Protestation

Plus qu'une marche, un test

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Plus qu'une marche, un test

Photo : Gy Jallay
Luxembourg 5 min. 29.10.2021 Cet article est archivé
Protestation

Plus qu'une marche, un test

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Ce vendredi soir, une marche blanche silencieuse est organisée dans la capitale contre les mesures sanitaires et sociales en place. Un rassemblement qui, en trois éditions déjà, n'a cessé de grossir et de se diversifier.

Tout augmente sur le front covid luxembourgeois. Le rythme des nouvelles contaminations (+ 25% sur sept jours la semaine passée), la quantité de vaccins injectés (plus de 811.000 doses à ce jour) et le nombre des victimes de l'infection (843 décès en lien). Mais plus que tout, c'est la contestation qui grimpe. Les partenaires sociaux d'abord. Eux continuent de tousser face à ce CovidCheck que l'Etat veut introduire au seuil des entreprises au 1er novembre sans en avoir fixé les règles. Mais depuis peu, les reproches montent de la rue.


La contestation des règles covid gonfle ses rangs
Une centaine voilà un mois, un millier il y a deux semaines, et maintenant plus de 3.500 participants. Aucun doute : les opposants aux mesures sanitaires ou sociales liées à l'épidémie se fédèrent de plus en plus.

On bat le pavé pour protester. Contre quoi? Tout, à la vérité. Ainsi, les rangs des trois premières marches silencieuses n'ont cessé de grossir de citoyens aux motivations diverses. Les uns s'opposant aux injections anti-covid quand les autres demandent l'abolition du masque. Les uns réclamant l'arrêt de tout contrôle sanitaire dans la sphère publique quand les autres en appellent à l'emploi de traitements médicaux «alternatifs». Sans oublier les habitants qui estiment que le gouvernement pousse trop loin les mesures les contraignant à la vaccination. Un patchwork d'opinions réunies sous une seule couleur, le blanc. 

De leur côté, les organisateurs de la marche ont leur propre définition. Ils parlent de «mouvement social pacifique spontané au-delà de tous bords politiques, qui se perçoit comme le gardien du ''Vivant''». Une définition vaste et floue mais qui n'empêche pas le mouvement de prendre. Sans doute même bien plus que les autorités sanitaires et le gouvernement n'avaient pu le penser (le craindre?) après des mois de ''docilité''.

Ils étaient quelques centaines à manifester entre Philharmonie et Chambre des députés en septembre; la police a estimé leur nombre à 3.500 lors du rassemblement de mi-octobre. Deux semaines plus tard, voilà la marche qui s'apprête à repartir du même pas vendredi soir. Rendez-vous est fixé ce vendredi 29 octobre, à 19h à l'entrée du Kirchberg. Et nul doute que l'ampleur de la manifestation va être scrutée de près. 

Car jusqu'à présent, nul parti n'est officiellement venu se joindre au mouvement populaire. Mais chaque formation politique, de la majorité ou d'opposition, sait qu'il y a dans cette foule un réservoir de soutiens ou d'adversaires. Cependant, difficile pour les députés ou les meneurs syndicaux de s'afficher aux côtés de contestataires dont certains peuvent avoir des positions radicales, voire contraires à l'éthique ou la loi.

Lors de la dernière marche blanche d'octobre, le Dr Benoit Ochs avait ainsi été conduit en haut des marches de la Chambre pour y être acclamé. Comme si sa condamnation à ne plus pratiquer la médecine durant un an (dont il a fait appel) ne constituait pas une tache sur sa blouse de médecin mais une médaille. On parle là tout de même d'un professionnel de santé qui qualifie de génocide la vaccination anti-covid des enfants...

Condamné mais célébré sur les marches du Parlement. La marche silencieuse blanchit le Dr Ochs.
Condamné mais célébré sur les marches du Parlement. La marche silencieuse blanchit le Dr Ochs.
Photo : Guy Jallay

Dans la masse, certains ont aussi lancé quelques piques à l'adresse du Premier ministre ou de sa ministre de la Santé. Des propos souvent hors cadre covid et qui ont toutefois vite été calmés. Mais qu'en sera-t-il ce soir dans un climat qui se tend et où Xavier Bettel est affaibli par une lointaine affaire de plagiat? Les mots (s'ils s'en échappent d'un cortège qui se veut muet) dépasseront-ils les pensées ou trahiront-ils des opinions nauséabondes?

C'est donc bien autant le volume de cette quatrième marche blanche que son écho qu'il va falloir prendre en compte. Une nécessité pour l'exécutif qui ne pourra pas affronter sereinement une crise sanitaire qui ne demande qu'à reprendre (y compris après 18 mois), la possible arrivée de la grippe, des combats politiques qui gagnent en ampleur et la colère d'une population par ailleurs mise sous pression par des prix de l'énergie et une inflation qui repartent au galop.

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