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Plus de logements en gestion sociale locative
Luxembourg 3 min. 04.09.2019

Plus de logements en gestion sociale locative

De 2016 à 2018, le nombre de logements en gestion locative sociale est passé de 360 à 714.

Plus de logements en gestion sociale locative

De 2016 à 2018, le nombre de logements en gestion locative sociale est passé de 360 à 714.
Illustration: Pixabay
Luxembourg 3 min. 04.09.2019

Plus de logements en gestion sociale locative

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le dispositif monte en puissance mais se pose encore la problématique du délai de trois ans accordé aux bénéficiaires de cette mesure sociale. Ce bail étant souvent prolongé en attendant que les ménages puissent se reloger par eux-mêmes.

Le dispositif de la gestion locative sociale (GLS) a tout juste dix ans. Ainsi, depuis 2009, des propriétaires peuvent confier la gestion de logements inoccupés à des organismes conventionnés par le ministère du Logement. Le but étant que ces habitations soient ensuite mises à disposition à loyer abordable pour des ménages dans le besoin.

Fin 2018, 714 logements étaient ainsi dans le parc GLS. Pour fin 2019, la ministre du Logement Sam Tanson (Déi Gréng) prévoit que leur nombre approche les 800. Une augmentation importante pour nombre de Luxembourgeois dont la préoccupation première reste l'accès au logement. 


De plus en plus de propriétaires sautent le pas. En 2016, 361 logements étaient subventionnés au Luxembourg.
Gestion locative sociale: les propriétaires sont séduits
Le principe est simple: contre de nombreux avantages, des propriétaires privés louent leur logement à des organismes conventionnés qui se chargent ensuite de l'attribuer à un ménage à faible revenu.

Les chiffres vont donc crescendo puisque l'offre, en 2016 encore, se limitait à 360 unités contre 512 l'année suivante. Une accélération qui était notamment due à l'introduction d'une mesure fiscale favorable aux propriétaires acceptant d'entrer dans le cadre de cette forme de location.

  Pour mettre en relation l'offre avec les bénéficiaires, 25 partenaires ont déjà été conventionnés par le ministère. D'ici quelques semaines, deux autres acteurs rejoindront le dispositif. Sachant qu'il peut s'agir d'associations aussi bien que de communes ou d'offices sociaux.  

Cependant, dernièrement, diverses remontées sont venues rappeler que l'occupation des logements sous statut GLS ne pouvait dépasser les trois années. Dans la réalité, la situation semble autre, comme l'a relevé dans une question parlementaire le député François Benoy (Déi Gréng). De l'utilité donc de s'interroger sur la pertinence de cette limite de durée.

S'autonomiser en trois ans

Dans les faits, la ministre du Logement ne le nie pas, certains occupants bénéficient d'une prolongation dans la mise à disposition du logement au-delà des trois ans. A cela Sam Tanson avance une explication: parce que le projet d'insertion des bénéficiaires n'a pas encore abouti (...) certaines personnes ne réussissant pas à atteindre un niveau de revenu leur permettant d'intégrer le premier marché du logement.»


Les prix de l'immobilier continuent de flamber
La situation sur le marché du logement au Luxembourg ne cesse de fluctuer, d'années en années. En 2018, les prix de vente ont augmenté comme jamais auparavant et les loyers ont explosé.

Car c'est bien là l'objectif initial de la GLS: chaque bénéficiaire dispose non seulement, temporairement d'un toit, mais se voit accompagné socialement pour «s'autonomiser durant la période des trois ans». En cas de déficience, le projet d'inclusion se retrouve «généralement prolongé», si possible dans le même logement.

Un passage réduit

Généralement, mais pas majoritairement. Ainsi, la ministre s'appuie sur les données de l'Agence Immobilière Sociale (AIS), le plus grand acteur sur le marché de la GLS. Pour 59% de ses bénéficiaires, l'autonomie a pu être atteinte avant la fin du délai triennal. Pour l'asbl Wunnenghellef, le chiffre monte même à 67%.

Aussi, aux yeux de Sam Tanson, la mesure de limiter le bail GLS initial à trois ans reste «pertinente» dans la mesure où, ensuite, le contrat de location peut être allongé «en fonction de la situation de l'occupant et sa motivation». 

Sachant qu'aujourd'hui, les organismes conventionnés tentent de réduire le passage en gestion locative sociale en inscrivant les bénéficiaires sur liste d'attente de logement social dès leur acceptation dans le dispositif GLS. L'accès à l'habitat étant une des mesures essentielles pour éviter l'exclusion.



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Logement - Photo : Pierre Matgé