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"Peu de choses ont été faites pour les réfugiés"
Luxembourg 3 min. 20.06.2017 Cet article est archivé
Lëtzebuerger Flüchtlingsrot

"Peu de choses ont été faites pour les réfugiés"

Un homme syrien fuit Alep
Lëtzebuerger Flüchtlingsrot

"Peu de choses ont été faites pour les réfugiés"

Un homme syrien fuit Alep
AFP
Luxembourg 3 min. 20.06.2017 Cet article est archivé
Lëtzebuerger Flüchtlingsrot

"Peu de choses ont été faites pour les réfugiés"

Christelle BRUCKER
Christelle BRUCKER
Il y a un an exactement, le Lëtzebuerger Flüchtlingsrot interpellait les autorités au sujet de l’intégration des réfugiés au Luxembourg. Il estime qu'en 12 mois, "très peu de choses ont été faites".

(ChB) -  Il y a un an exactement, le Lëtzebuerger Flüchtlingsrot interpellait les autorités au sujet de l’intégration des réfugiés au Luxembourg.

Il estime que ces 12 mois, "très peu de choses ont été faites" de la part de l'Etat, et que c'est la société civile qui a pris l’initiative d'un effort d’intégration des demandeurs et bénéficiaires de protection internationale.

Pour le LFR, "le travail d’intégration commence dès le premier jour de la demande de protection internationale avec des conditions d’accueil dignes et humaines, ce qui est le cas au Luxembourg; ensuite, avec un ensemble de mesures qui doivent aboutir à l'autonomie des réfugiés, pour qu'ils puissent sortir de la tutelle de l’OLAI."

"L'accès au marché du travail et la scolarisation des enfants ne peuvent pas être négligés par les autorités. Ce doit être une priorité."

Intégrer les enfants réfugiés en classe traditionnelle

Le Lëtzebuerger Flüchtlingsrot constate que l'approche inclusive recommandée par l’UNHCR n'est pas appliquée au Luxembourg. 

"Alors que la loi stipule que l’enfant ne restera pas plus d’un an dans une classe spécialisée d’accueil de l’Etat, nous constatons qu’un grand nombre d’enfants dépassent le délai d’une année dans ce genre de classes. Pourtant, plusieurs pays européens ont compris l’enjeu que constitue l’intégration des enfants réfugiés dans les classes normales, et ont mis en place des dispositifs."

"En France, ces classes fonctionnent comme du soutien scolaire, en Belgique, la durée du passage en dispositif d'accueil est comprise entre une semaine et un an, en Suisse, les enfants logés dans des centres d’hébergement collectif suivent un cours intensif de français dans l’école de la commune pour une durée de 6 mois environ."

Le LFR déplore le fait que pour plusieurs structures d’hébergement, les enfants DPI soient scolarisés dans l’enceinte même du foyer, sans avoir de contact avec les autres enfants.  

Faciliter l'accès au travail

En 2016, le Grand-Duché a accueilli 2.035 demandeurs de protection internationale. Actuellement, 50% des demandes sont des cas Dublin (qui ont vocation à être transférés rapidement dans d’autres pays d’Europe).

"Par conséquent, le flux de DPI à accueillir sur le marché du travail est tout à fait marginal par rapport aux 398.000 travailleurs que comptait le Grand-Duché fin 2016", estime le LFR.

"La situation d’assisté qui est la leur durant la procédure conditionne leur entrée dans notre société. Il ne s’agit pas de rendre obligatoire l’insertion professionnelle mais déjà d’en faire une perspective, de rendre cette solution accessible et plus naturelle pour les DPIs."

Un catalogue de revendications

Le LFR demande aux autorités:

  • des mesures d’autonomisation pour les demandeurs de protection internationale. Le projet d’accompagnement que le gouvernement avait proposé et puis abandonné contenait des éléments intéressants, tels que l’augmentation échelonnée de l’allocation en espèces,
  • une réduction du délai d’accès au marché du travail, 
  • la suppression du test de marché pour les autorisations d’occupation temporaire,
  • une simplification des procédures pour l’obtention de l’AOT, au même titre que la suppression de la durée de validité de celle-ci,
  • d’éviter de regrouper les enfants réfugiés dans une même classe,
  • d’augmenter les voies d’accès sûres afin de lutter contre les passeurs et trafiquants d’êtres humains. 

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