Pauvreté au Luxembourg: 29% de la population "à risque"
Pauvreté au Luxembourg: 29% de la population "à risque"
En 2017, le niveau de vie moyen des individus variait entre 1.011 euros par mois, pour les 10% des individus les plus pauvres, et 8.159 euros par mois, pour les 10% les plus riches.
Ces derniers possèdent 24% de la masse totale des revenus, contre 3% pour les individus ayant les niveaux de vie les plus bas.
Au cours des années 2005 à 2017, la croissance économique a été globalement favorable aux plus aisés: c'est surtout au cours de la "grande récession" (2008-2009) que l’évolution des revenus disponibles réels des ménages les plus modestes a ralenti par rapport à la moyenne de tous les revenus et à celle des revenus les plus élevés. La situation ne semble que lentement se rétablir.
Une répartition inégale des richesses
Le revenu disponible des ménages, après avoir payé le loyer ou le remboursement d’un emprunt immobilier, était plus bas en 2017 qu'en 2012 pour les ménages modestes.
Cette répartition inégalitaire des revenus fait que certaines personnes basculent dans la pauvreté.
En 2017, le taux de risque de pauvreté monétaire au Luxembourg s’élevait à 18,7%, en progression par rapport à l’année précédente.
Cliquez sur les infographies ci-dessous pour voir les différences entre les ménages composés d'un adulte seul, d'un couple sans enfant, et d'une famille avec enfants.
Si on y ajoute d’autres dimensions comme la privation matérielle sévère et la faible intensité de travail dans le ménage, le risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, grimpe à 21,5%.
L'emploi ne protège pas de la pauvreté
Le fait d'avoir un emploi n’est pas suffisant pour être immunisé contre la pauvreté estime le STATEC. En 2017, 13,7% des travailleurs résidant au Luxembourg étaient ainsi confrontés au risque de pauvreté.
Ce groupe hétérogène a augmenté au fil du temps et son poids est plus important que dans les pays voisins.
Les efforts de l’Etat, via les transferts sociaux et les mesures de fiscalité, vise à redistribuer les ressources.
En 2017, le risque de pauvreté calculé avant les aides sociales atteignait 47% de la population. En intégrant les pensions de vieillesse et de veuvage, ce taux passe à 29%.
Finalement, si l’on prend en compte la totalité des aides sociales, il descend à 18,7%.
Ceci montre l’impact positif des transferts sociaux comme moyen de réduire la pauvreté. Souvent négligées, les prestations en nature, comme les chèques-service, réduisent également le taux de pauvreté.
Par ailleurs, tenir compte du patrimoine des ménages change aussi radicalement la donne: si l’on tient compte des comportements de consommation et du patrimoine liquide, le taux de risque de pauvreté chute à 5,7%.
De l'espoir pour les chômeurs
La pauvreté touche plus sévèrement les chômeurs, avec un taux dépassant les 50% en 2017. Une nouvelle analyse montre que le chômage n’est cependant pas une voie sans issue, là aussi la dynamique intervient.
De toutes les personnes au chômage au 3e trimestre, "seulement" 39% le sont toujours un trimestre plus tard, alors que 46% ont retrouvé un emploi et 15% sont devenues inactives.
Autrement dit, la probabilité pour un chômeur de retrouver un emploi le trimestre suivant est de 46%.

