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Pauvreté au Luxembourg: 29% de la population "à risque"
Luxembourg 3 3 min. 16.10.2018

Pauvreté au Luxembourg: 29% de la population "à risque"

Pauvreté au Luxembourg: 29% de la population "à risque"

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Luxembourg 3 3 min. 16.10.2018

Pauvreté au Luxembourg: 29% de la population "à risque"

Christelle BRUCKER
Christelle BRUCKER
Le 17 octobre marque la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté. A cette occasion, le STATEC se penche sur la cohésion sociale au Luxembourg et montre que, contrairement aux idées reçues, une large partie des résidents ont du mal à joindre les deux bouts.

En 2017, le niveau de vie moyen des individus variait entre 1.011 euros par mois, pour les 10% des individus les plus pauvres, et 8.159 euros par mois, pour les 10% les plus riches.

Ces derniers possèdent 24% de la masse totale des revenus, contre 3% pour les individus ayant les niveaux de vie les plus bas.

Au cours des années 2005 à 2017, la croissance économique a été globalement favorable aux plus aisés: c'est surtout au cours de la "grande récession" (2008-2009) que l’évolution des revenus disponibles réels des ménages les plus modestes a ralenti par rapport à la moyenne de tous les revenus et à celle des revenus les plus élevés. La situation ne semble que lentement se rétablir.

Une répartition inégale des richesses


Les premiers échos des 8 crèches pilotes sont très encourageants
Le chèque service-accueil atténue les inégalités
Une étude du Statec, publiée ce mardi 7 août, atteste que la mise en place du chèque service-accueil a contribué à réduire le taux de risque de pauvreté des ménages.

Le revenu disponible des ménages, après avoir payé le loyer ou le remboursement d’un emprunt immobilier, était plus bas en 2017 qu'en 2012 pour les ménages modestes.

Cette répartition inégalitaire des revenus fait que certaines personnes basculent dans la pauvreté.

En 2017, le taux de risque de pauvreté monétaire au Luxembourg s’élevait à 18,7%, en progression par rapport à l’année précédente.  

Cliquez sur les infographies ci-dessous pour voir les différences entre les ménages composés d'un adulte seul, d'un couple sans enfant, et d'une famille avec enfants.

Si on y ajoute d’autres dimensions comme la privation matérielle sévère et la faible intensité de travail dans le ménage, le risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, grimpe à 21,5%.

L'emploi ne protège pas de la pauvreté

Le fait d'avoir un emploi n’est pas suffisant pour être immunisé contre la pauvreté estime le STATEC. En 2017, 13,7% des travailleurs résidant au Luxembourg étaient ainsi confrontés au risque de pauvreté.

Ce groupe hétérogène a augmenté au fil du temps et son poids est plus important que dans les pays voisins.


Fiscalité: les familles monoparentales ont la tête sous l'eau
Pourquoi les familles monoparentales luxembourgeoises comptent-elles parmi les plus précaires de l'Union européenne ? Pour Nuria Iturralde, du Collectif Monoparental pour la justice fiscale, tout est question de fiscalité -la classe d'impôts 1A est dans son viseur-, mais également de place des femmes dans la société.

Les efforts de l’Etat, via les transferts sociaux et les mesures de fiscalité, vise à redistribuer les ressources.

En 2017, le risque de pauvreté calculé avant les aides sociales atteignait 47% de la population. En intégrant les pensions de vieillesse et de veuvage, ce taux passe à 29%. 

Finalement, si l’on prend en compte la totalité des aides sociales, il descend à 18,7%.

Ceci montre l’impact positif des transferts sociaux comme moyen de réduire la pauvreté. Souvent négligées, les prestations en nature, comme les chèques-service, réduisent également le taux de pauvreté.

Par ailleurs, tenir compte du patrimoine des ménages change aussi radicalement la donne: si l’on tient compte des comportements de consommation et du patrimoine liquide, le taux de risque de pauvreté chute à 5,7%.

De l'espoir pour les chômeurs

La pauvreté touche plus sévèrement les chômeurs, avec un taux dépassant les 50% en 2017. Une nouvelle analyse montre que le chômage n’est cependant pas une voie sans issue, là aussi la dynamique intervient.


Le jour de libération fiscale est un raccourci dangereux
Combien faut-il gagner pour vivre décemment au Luxembourg?
Au 1er janvier 2018, un couple avec deux enfants aurait besoin de 4.079 euros par mois pour vivre décemment, c’est-à-dire satisfaire ses besoins de base et participer activement à la société. C'est le montant que dresse la dernière étude du Statec, en soulignant qu'il "s'agit d’une famille hypothétique composée de deux parents, d’une fille de 14 ans et d’un garçon de 10 ans."

De toutes les personnes au chômage au 3e trimestre, "seulement" 39% le sont toujours un trimestre plus tard, alors que 46% ont retrouvé un emploi et 15% sont devenues inactives.

Autrement dit, la probabilité pour un chômeur de retrouver un emploi le trimestre suivant est de 46%.


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Le Luxembourg se porte bien sur le plan économique. Depuis des années, l'emploi progresse régulièrement. Même en pleine crise économique, de nouveaux emplois étaient créés, davantage que dans les autres pays d'Europe. Depuis 2009, l'emploi au Grand-Duché a progressé d'au moins 16%.
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