Changer d'édition

Paulette Lenert, de la découverte à l’action
Luxembourg 4 min. 19.08.2019

Paulette Lenert, de la découverte à l’action

Paulette Lenert a longtemps fait carrière dans l'administration, avant de rejoindre le LSAP.

Paulette Lenert, de la découverte à l’action

Paulette Lenert a longtemps fait carrière dans l'administration, avant de rejoindre le LSAP.
Photo: Guy Wolff
Luxembourg 4 min. 19.08.2019

Paulette Lenert, de la découverte à l’action

Pas simple de se retrouver à la tête de deux ministères, mais l’ancienne juge assume son double rôle dans la protection des consommateurs et dans l’aide au développement.

(PJ avec Danielle Schumacher) - «En tant que juge au Tribunal administratif, un engagement politique n'était évidemment pas possible.» Paulette Lenert a pourtant franchi le pas : quitter son rôle de magistrate pour le costume de ministre. Mais il y a eu plusieurs étapes avant cela. «Lorsque Romain Schneider a frappé à ma porte voici quelques années, j'ai temporairement quitté mon siège de magistrat. Mais la solution provisoire est devenue une solution permanente. Je suis restée coincée au ministère de la Fonction publique», sourit l'intéressée.

La décision de se lancer en politique, elle ne la prendra donc qu'ensuite, en rejoignant le LSAP. «Il y a une part de créativité dans mes nouvelles fonctions que je ne trouvais pas en tant que juge.»

Bien que la ministre soit née dans la ville de Luxembourg, elle a grandi à Mondorf-les-Bains. Ramer sur la Gander reste l'un de ses souvenirs d'enfance.
Bien que la ministre soit née dans la ville de Luxembourg, elle a grandi à Mondorf-les-Bains. Ramer sur la Gander reste l'un de ses souvenirs d'enfance.
Photo: Guy Wolff

Quand Paulette Lenert a été contactée pour rejoindre le gouvernement Gambia II, la répartition des portefeuilles était presque achevée. Le ministère de la Fonction publique semblait fait pour elle, il en sera autrement. 

«Ce n'est pas nécessairement un avantage si le ministre responsable a déjà travaillé comme fonctionnaire au ministère pendant des années. En tant que juge de longue date, j'aurais bien sûr été attirée par le ministère de la Justice, mais le poste n'était pas à l'ordre du jour (rires)».

La sécurité alimentaire d'abord

La voilà promue, en décembre 2018, à la tête de deux ministères: Protection des consommateurs d'un côté, Coopération et Action humanitaire de l'autre. «Un défi», pour reprendre ses mots. 

Au ministère de la Protection des consommateurs, les dossiers administratifs ont d'abord primé (personnels, budget). En outre, certaines interrogations fondamentales ont dû être clarifiées. Il n'était ainsi pas clair de savoir si le domaine de la sécurité alimentaire allait être transféré, vers le ministère de la Santé ou un autre.

Négociations en cours

«Par le passé, plusieurs ministères et un certain nombre d'administrations se partageaient la responsabilité. D'une part, il y avait une confusion des compétences et, d'autre part, la sécurité alimentaire ne faisait pas partie des activités essentielles d'aucune des autorités concernées», constate Paulette Lenert après avoir repris la compétence dans son giron.

La ministre a bien l’intention de renforcer le rôle du Commissariat chargé de la sécurité alimentaire, d’ici la fin de l’année. Les négociations sont en cours. «La question centrale est : par où commence la chaîne alimentaire ? Théoriquement, vous pourriez commencer sur le terrain... Mais nous n'irons probablement pas aussi loin.»

Des recours étendus

Si elle compte faire de l'information des consommateurs un autre axe de son mandat, Paulette Lenert souhaite que cette communication soit «compréhensible, facilement accessible et concentrée en un seul endroit». Elle voit dans cette action «le seul moyen de contrer la culture du jetable et de contribuer à une consommation plus durable», insiste-t-elle.

En matière de coopération, le «Luxembourg reste un bon élève».
En matière de coopération, le «Luxembourg reste un bon élève».
Photo: Guy Wolff

Dans les mois à venir, la responsable devra aussi mettre en place la possibilité du recours collectif pour les consommateurs du pays. C’était écrit dans le programme gouvernemental. Au passage, la ministre évoque le souhait d’étendre ces actions collectives à d’autres pans du quotidien que la seule protection des consommateurs.

A l’avenir, les recours collectifs pourraient aussi concerner des sujets en lien avec l'environnement ou la santé. «Le Luxembourg est à la traîne par rapport à la plupart des pays européens à cet égard. À mon avis, les recours collectifs sont une composante élémentaire d'un État constitutionnel moderne. Les recours collectifs ne créent pas de nouveaux droits. Même s'ils vont au tribunal ensemble, les plaignants n'obtiennent que ce qu'ils méritent. Je ne vois donc aucune raison de limiter les recours.»

 Plus un pays est développé, moins il y a de gens qui quittent leur patrie

Les discussions sur ce thème reprendront à l’automne, et le ministère invitera aussi bien l'Union des entreprises luxembourgeoises que l'Union luxembourgeoise des consommateurs autour de la table. Sachant que, pour l’essentiel, le texte proposé s’appuiera sur la législation européenne déjà éprouvée ailleurs.

Fonds publics investis à l’étranger pour des missions de développement, organisations d’aide internationales, engagement des bénévoles : voilà trois points que la nouvelle Ministre de la coopération a découverts depuis huit mois.

Et pas question pour Paulette Lenert de revenir sur la générosité du Luxembourg :«Oui, nous continuerons d'investir 1% de notre revenu national dans l'aide au développement». Une information importante à l’heure où de nombreux États réduisent leur aide.


Conditions de survie difficiles dans ce camp de déplacés en Somalie
Coopération: 500.000 euros pour aider les ONG à lutter contre la famine
Le gouvernement annonce que face à la menace de famine qui touche actuellement la Somalie, le Soudan du Sud, le Nigéria et le Yémen, une aide d'urgence a été débloquée.

Mais que l’on ne s’y trompe pas : aux yeux de la ministre, le soutien apporté à toute politique de développement ne correspond nullement à viser un contrôle des migrations. «Il ne faut pas d'amalgame mais l'idée ne doit pas non plus être taboue : plus un pays est développé, moins il y a de gens qui quittent leur patrie pour chercher le bonheur ailleurs», conclut la ministre.


Sur le même sujet

«L'égalité est un droit fondamental»
Pour Taina Bofferding, il reste encore beaucoup de travail en matière d'égalité au Luxembourg, une tâche qu'elle compte parfaitement «assumer». La ministre de l'Intérieur (LSAP) évoque également les pistes à suivre en matière de logement.
Sommerinterview Taina Bofferding, Ministerin Inneres, Gleichstellung von Frauen und Männern, Galgenberg, Esch Alzette, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
Esch 2022 se devra de «rencontrer le succès»
Pour Sam Tanson, le Luxembourg ne peut se permettre de manquer le rendez-vous de la Capitale européenne de la culture. La ministre de la Culture (Déi Gréng) évoque les pistes suivies pour promouvoir la culture régionale et le patrimoine local.
Sommerinterview Sam Tanson, Ministerin Kultur und Wohnungsbau,   Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
Corinne Cahen veut un État proche de chaque génération
La ministre de la Famille veut orienter sa politique de façon à ce que chaque citoyen puisse réaliser son modèle de vie individuel. Cela passe par l'extension du congé parental autant que par une meilleure prise en charge des seniors.
Politik, Sommerinterview Corinne Cahen, Ministerin für Familie, Integration, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
«Devenir moins dépendants de la place financière»
Il ne sait pas encore s'il partira en vacances mais Étienne Schneider (LSAP) sait, en revanche, qu'il veut poursuivre le processus Rifkin, des sociétés à forte valeur ajoutée, des salariés bien formés et ne pas mettre en danger notre système de santé.