Changer d'édition

Pas de «réel danger» lié à la pénurie de médicaments
Luxembourg 3 min. 26.08.2019

Pas de «réel danger» lié à la pénurie de médicaments

Pas de «réel danger» lié à la pénurie de médicaments

Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 26.08.2019

Pas de «réel danger» lié à la pénurie de médicaments

Maurice FICK
Maurice FICK
Les manques recensés de près de 500 remèdes s'aggravent en Belgique, principal fournisseur du Luxembourg. Mais toutes ces indisponibilités «n'ont pas des conséquences importantes» sur le budget de l'État et ne constituent pas une menace, assure lundi le ministre de la Santé.

Début mai, Etienne Schneider (LSAP) jugeait qu'une pénurie de médicaments et de vaccins telle qu'elle a lieu en France,  ne serait «en principe pas à craindre» au Grand-Duché. Alors que la situation s'est aussi aggravée nettement ces derniers temps en Belgique où l'Agence des médicaments avait publié mi-juillet une liste de 497 médicaments indisponibles (antibiotiques, médicaments anticancéreux, médicaments contre l'hypertension, etc.), le ministre de la Santé  campe moins sur sa position mais cherche à désamorcer les craintes sous-jacentes à la question parlementaire du député et ancien ministre de la Santé, Mars di Bartolomeo (LSAP).


Le Brexit pourrait entraîner une pénurie de médicaments
Le ministre de la Santé Etienne Schneider a admis ce vendredi que le Luxembourg sera confronté à un risque potentiel de rupture de certains produits thérapeutiques en cas de retrait sans accord du Royaume-Uni.

Bien que la situation semble «à première vue assez préoccupante (...) force est de souligner que toutes les indisponibilités n'ont pourtant pas des conséquences importantes sur le budget et ne constituent pas de réel danger à la santé publique», pose Etienne Schneider. Il assure que dans une «très large majorité des cas, une solution alternative acceptable est trouvée pour combler la pénurie» au Luxembourg. Il cite les médicaments accessibles dans une autre présentation ou un autre emballage et la substitution possible par un générique ou un produit similaire appartenant au même sous-groupe pharmacologique.

Reste que «dans certaines situations», il n'y a pas d'alternative thérapeutique médicamenteuse où le remplacement du médicament impacté par la rupture par un autre produit équivalent est contre-indiqué pour le patient donné. Dans ces cas, le ministre juge «nécessaire» l'utilisation du médicament «en dehors de l'autorisation de mise sur le marché» mais aussi le recours aux traitements non médicamenteux. 

Liste exhaustive publiée dès l'automne

Le ministre de la Santé qui n'exclut pas les sanctions pénales explique dans sa réponse publiée ce lundi, s'être adressé «récemment à tous les titulaires d'autorisation de mise sur le marché des médicaments, notamment en leur rappelant leurs obligations en matière d'approvisionnement du marché pharmaceutique luxembourgeois».   


De nombreuses pénuries en cas de «no deal»
Le Premier ministre britannique Boris Johnson est prêt à sortir son pays de l'UE le 31 octobre avec ou sans accord de divorce avec les 27. Carences de denrées alimentaires, d'essence et de médicaments figurent parmi les conséquences possibles d'une rupture sans filet.

Comme l'approvisionnement du marché luxembourgeois se fait essentiellement à travers les marchés des pays limitrophes, les médicaments manquants en Belgique, France et Allemagne font logiquement défaut au Grand-Duché.

Comme pour les autres Etats membres de l'UE, «une liste exhaustive de médicaments en cours d'interruption de mise sur le marché sera publiée dès l'automne» au Mémorial B du Grand-Duché de Luxembourg et sera mise à jour régulièrement sur le site du portail de la santé, assure le ministre. 

Origines multiples du problème

Pour l'heure, les médicaments touchés par la pénurie peuvent être trouvés sur les sites de l'Agence européenne des médicaments, la banque de données des médicaments ou l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.

Si ces médicaments sont indisponibles c'est dû à divers problèmes comme celui de leur production (par exemple liée au défaut de qualité du médicament ou pénurie des matières premières) mais aussi à la criminalité, à une brusque augmentation de consommation liée au remboursement ou au glissement thérapeutique vers la prescription hors autorisation de mise sur le marché ou encore à des pratiques commerciales des opérateurs économiques, précise le ministère de la Santé.

Si un groupe d'experts de la Commission européenne analyse actuellement l'impact d'un Brexit sans accord sur la disponibilité des médicaments, l'Europe a créé un groupe de travail spécialement dédié aux pénuries de médicaments en 2018 pour améliorer la continuité d'approvisionnement des médicaments à l'échelle européenne. 


Sur le même sujet

Médicaments: Les pharmaciens face aux génériques
L'introduction des médicaments génériques se formalise au Luxembourg. Dès octobre, deux catégories de médicaments (pour le cholestérol et l'ulcère gastrique) seront concernées. Les pharmaciens expliquent l'avantage du générique et ce qu'il va changer pour leurs clients.
Les pharmaciens doivent expliquer les génériques aux clients