Changer d'édition

Pas de «coffee shop» à venir au Luxembourg
Luxembourg 2 min. 02.09.2019

Pas de «coffee shop» à venir au Luxembourg

Pas de «coffee shop» à venir au Luxembourg

Photo: Guy Wolff
Luxembourg 2 min. 02.09.2019

Pas de «coffee shop» à venir au Luxembourg

Sophie WIESSLER
Sophie WIESSLER
Le ministre de la Santé, Etienne Schneider, a glissé ce weekend quelques infimes précisions concernant la future légalisation du cannabis récréatif dans le pays. Et tente surtout de rassurer les pays voisins.

La légalisation du cannabis récréatif au Luxembourg inquiète décidément de plus en plus les pays limitrophes. Si, en avril dernier déjà, l'Allemagne et la France craignaient la mise en place d'un marché illégal européen, le ministre de la Santé, Etienne Schneider (LSAP), a dû à nouveau rassurer ses voisins.

Il assure ainsi d'emblée dans une interview accordée au Républicain Lorrain ce dimanche 1er septembre que le cannabis récréatif sera «exclusivement réservé aux résidents luxembourgeois». Un Français, Allemand ou Belge ne pourra donc a priori pas se procurer du cannabis comme il achète du tabac ou du carburant au Luxembourg.

Discussions frontalières en cours

«Nous avons conscience que les pays voisins observent avec attention notre processus. Je comprends qu’ils soient inquiets si le cannabis est vendu aux frontaliers. Mais ça ne sera pas le cas. Je ne veux pas risquer qu’un jour la France, la Belgique ou l’Allemagne réintroduisent des contrôles aux frontières pour éviter une exportation de cannabis du Luxembourg vers leur pays», appuie-t-il.

Des discussions sont ainsi en cours avec les pays frontaliers afin de rassurer tout le monde. «Pour l’instant, nous avons un peu discuté avec l’Allemagne. La France, pas encore, mais cela va venir. Actuellement, nous travaillons sur le contenu de notre projet. La note stratégique sera discutée au conseil des ministres à la rentrée. Après, je vais contacter mes trois homologues des pays frontaliers et peut-être discuter avec eux de leur position sur le cannabis», explique ainsi Etienne Schneider.

Une porte-parole du ministère a ainsi confirmé que le ministre aura un entretien avec son homologue allemand Jens Spahn, mi-septembre, dans le cadre du «Gesundheitsquintett» des ministres de la Santé germanophones, qui se déroulera à Zurich. «Des entrevues avec les ministres belge et français sont également prévues après les congés d’été. Les dates et horaires précis restent à confirmer».

«Luxembourg ne sera pas le nouvel Amsterdam»

Car le temps presse. «D'ici deux ans», chaque adulte résidant au Luxembourg sera autorisé à cultiver, acheter, posséder et consommer du cannabis à des fins personnelles. Une chose est sûre: Etienne Schneider ne veut pas que le «Luxembourg soit le nouvel Amsterdam».

La consommation ne se fera ainsi que dans un cadre privé, «pas dans la rue, ni dans les bistrots et cafés», explique-t-il à nos confrères, soulignant que «réglementer, ça veut aussi dire des produits de meilleure qualité».

Le Grand-Duché espère en effet mettre fin au marché illégal, réduire les délits liés aux achats, et diminuer les risques pour la santé des consommateurs, en garantissant une meilleure qualité de la substance. Sans oublier que les recettes de cette vente de cannabis «seront reversées à un fonds de prévention de plusieurs dangers, dont les toxicomanies».

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Des compensations pour les frontaliers déjà versées
Le maire de Metz remonte au créneau pour que le Grand-Duché reverse une partie de la richesse générée par les non-résidents, estimant que le pays «ne pourra pas camper sur ses positions bien longtemps». Le ministre des Finances rappelle les efforts déjà consentis.
Le Canada source d'inspiration pour le cannabis
De retour d’un voyage d’étude outre-Atlantique, les ministres Etienne Schneider (Santé) et Braz (Justice) ont livré ce vendredi les conclusions de leur périple, en prévision de la prochaine loi sur le produit à des fins récréatives.
La légalisation du cannabis, qui fait partie du programme gouvernemental devrait être mise en œuvre cet automne. Un groupe de travail prépare actuellement le texte.
Ventes d'alcool: des mesures plus restrictives?
Interdire la vente d’alcool aux mineurs et limiter la vente de boissons alcoolisées dans les stations essence. Voici deux idées évoquées par le ministre de la Santé, Etienne Schneider, lors de la présentation des points-clés de l'accord de coalition concernant le volet «santé» aux députés, ce mardi 15 janvier.