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Pas d’œil électronique pour surveiller les étudiants
Luxembourg 3 min. 05.06.2020 Cet article est archivé

Pas d’œil électronique pour surveiller les étudiants

Les étudiants craignent l'intrusion dans leur vie privée et la potentielle atteinte à la protection de leurs données personnelles.

Pas d’œil électronique pour surveiller les étudiants

Les étudiants craignent l'intrusion dans leur vie privée et la potentielle atteinte à la protection de leurs données personnelles.
Photo : Shutterstock
Luxembourg 3 min. 05.06.2020 Cet article est archivé

Pas d’œil électronique pour surveiller les étudiants

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Pour l'heure, l'Université de Luxembourg renonce à exiger qu'un logiciel de surveillance accompagne les élèves devant passer leurs examens de fin d'année à la maison.

A situation inédite, dilemme inédit. Ainsi, alors que lundi 8 juin débute la session d'examens d'été, l'Université du Luxembourg ne sait toujours pas comment elle va pouvoir veiller à ce qu'un certain nombre de ses élèves passent -sans tricher- ces ultimes épreuves. Car, covid oblige, pas question de réunir les uns et les autres dans un amphi le temps d'un test. Quelques-uns sont donc invités, selon les disciplines et le choix de l'enseignant, à plancher à distance.

Vendredi, après plusieurs heures de discussions, l'Uni a tranché: pas question «à ce stade» d'employer l'outil de surveillance électronique qu'elle avait un temps envisagé. Une décision prise «pour l'instant», sans savoir quand un choix définitif pourra être communiqué aux étudiants. Tout juste peut-on apprendre que «la décision sera prise une fois que la conformité de cet outil aux critères de privacité pourra être validée par l’Université et la CNPD, qui travaillent sur le dossier depuis plusieurs semaines». 


29.5.2018 Luxembourg, Limpertsberg, Lycée Athenée, Premières Examen 2018, examens 1ière  photo Anouk Antony
L'Uni envisage la télésurveillance de ses étudiants
Alors que les examens se déroulent cette année à distance se pose la question de la tricherie. L'université de Luxembourg réfléchit ainsi à mettre à contribution la technologie. Une solution qui ne manque pas d'inquiéter.

Cette décision ne satisfera sans doute qu'à moitié l'Union nationale des étudiants du Luxembourg. En effet, l'Unel avait déjà fait part de ses doutes sur l'emploi d'une plateforme de vidéosurveillance pour contrôler le déroulement en toute honnêteté des épreuves passées à domicile. En effet, en l'état actuel, rien ne garantissait la protection de la vie privée des jeunes ainsi "guettés".

Et le syndicat étudiants de craindre qu'une application (du style Proctorio) ne soit exigée. Scannant la pièce où l'élève se trouve à 360° en toute indiscrétion, réussissant à s'approprier des informations stockées sur l'ordinateur de l'intéressé, ou analysant les mouvements des yeux pour signaler tout comportement éventuellement suspect. Quel respect de la vie privée? Que deviennent les données? Comment un élève pourrait-il se défendre de tricherie? Autant d'interrogations qui restaient, et restent donc, sans réponse.

Un autre format

Au moins l'Uni a-t-elle entendu ces remarques, et s'est posé les questions en conscience. D'où ces atermoiements certes stressants pour les étudiants, mais moralement respectables. En attendant l'avis de la Commission nationale de la Protection des données, l'Université reporte sa décision de choisir tel ou tel logiciel avec sagesse. A charge donc pour les examinateurs de revoir leur copie et proposer d’autres formats d'examens moins sujets à débats. Présentations, hand-ins, papiers, examens oraux constituant déjà la norme pour la plupart des évaluations proposées aux étudiants.

Reste que l'Uni entend rester inflexible sur le sérieux avec lequel sera menée cette ultime session d'examens. Il en va de «la qualité de ses diplômes» et donc de la crédibilité de l'institution. Et de conclure: «Si et quand l'outil de contrôle à distance sera introduit, cela se fera dans un délai suffisant, permettant une préparation et des tests appropriés. De plus, les étudiants conserveront le droit de refuser d'être contrôlés par le logiciel», assure la direction. 


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