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Pas d'accord pour supprimer le congé collectif
Luxembourg 4 min. 14.05.2020 Cet article est archivé

Pas d'accord pour supprimer le congé collectif

Le ministre de la Mobilité, François Bausch (Déi Gréng) a déjà fait savoir qu'il demanderait une suspension du congé collectif pour les entreprises engagées sur la nouvelle ligne tram.

Pas d'accord pour supprimer le congé collectif

Le ministre de la Mobilité, François Bausch (Déi Gréng) a déjà fait savoir qu'il demanderait une suspension du congé collectif pour les entreprises engagées sur la nouvelle ligne tram.
Photo : Pierre Matgé
Luxembourg 4 min. 14.05.2020 Cet article est archivé

Pas d'accord pour supprimer le congé collectif

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Alors que le secteur de la construction a été le premier à reprendre son activité, syndicats et patronat devaient discuter de la possible annulation du repos obligatoire de cet été 2020. Pour l'heure, c'est niet.

Qu'on se le dise : le congé collectif aura lieu, comme prévu, les trois premières semaines du mois d’août 2020. En tout cas pour le moment. En tout cas, ce jeudi 14 mai, c'est sur cette conclusion que syndicats et représentants de la Fédération des Artisans, celle du Génie Technique, celle des Entreprises Luxembourgeoises de Construction et de Génie Civil et du Groupement des Entrepreneurs du Bâtiment et des Travaux Publics se sont quittés. «C’est une chance ratée», reproche le patronat. 

Pour Michel Reckinger, Marc Thein, Roland Kuhn et Jean-Marc Kieffer, il s'agit même d'«un échec». Une frustration qui s'explique par les difficultés rencontrées par ce secteur qui pèse près de 45.000 emplois. Le confinement et l'arrêt des chantiers exigés à compter de la mi-mars et jusqu'au 20 avril auraient engendré, selon les fédérations, des pertes moyennes de chiffre d’affaires s’élevant à 60%.

«Les aides publiques, telles que le chômage partiel en faveur des salariés, ont en moyenne couvert seulement 50% des frais des entreprises pendant cette période étant donné le niveau d’investissement et l’utilisation relativement importante de capital (machines, matériaux, hangars, hall de production et de stockage, matériel roulant, etc.)».


Corona-Virus, Wiedereröffnung der Baustellen, Bau, Baustellen , Ban de Gasperich, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
Le secteur de la construction souffre de la pandémie
Si la très grande majorité des chantiers ont effectivement repris au Luxembourg, «nous travaillons malheureusement avec des marges négatives aujourd'hui», révèle ce lundi Jean-Marc Kieffer, président du groupement des entrepreneurs, et explique pourquoi.

Sans compter qu'aujourd'hui les conditions sanitaires à appliquer dans le bâtiment sont telles que le coût de la main-d'oeuvre croît et la durée des missions vont augmenter. Voilà pourquoi les employeurs entendaient rattraper pertes et retards en négociant un aménagement du dispositif qui prévoit trois semaines d'arrêt total des chantiers au cœur de l'été. Les salariés qui ont subi des pertes de revenus auraient même pu compenser avec ces travaux inattendus jusqu'en début d'année.

Durant les négociations, la première proposition faite (déplacer les trois semaines de congé d’août 2020 à l'année prochaine) a été repoussée par les syndicats. D'où la seconde offre des entrepreneurs: réduire d'une semaine le congé estival attendu. Le patronat était même «prêt à rembourser les frais de voyage des salariés ayant déjà effectué la réservation de leurs vacances». Un choix repoussé également.

Rien à lâcher

Il est vrai que si les syndicats majoritaires dans la branche, OGBL et LCGB, ont exprimé leur satisfaction sur les conditions de reprise du travail et leur bonne application, ils s'étaient déjà montrés circonspects sur la possible annulation ou limitation de durée du congé collectif. Dans un climat tendu (en raison de la crise du covid-19 autant que des crispations avec le gouvernement), les formations ont sans doute voulu montrer combien elles pouvaient se montrer résolues à ne rien lâcher. 

Dans ce bras de fer, les syndicats ont aussi voulu transmettre un message. Le peu de confiance qu'ils accordent pour les temps à venir aux représentants patronaux du secteur de la construction alors que ceux-ci viennent d'obtenir le droit de possiblement employer leurs salariés jusqu'à 60 heures par semaine. Mesure totalement inacceptable pour les deux présidents Nora Back (OGBL) et Patrick Dury (LCGB).

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