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Parkinson: un projet européen coordonné au Luxembourg
Luxembourg 2 min. 02.12.2015 Cet article est archivé

Parkinson: un projet européen coordonné au Luxembourg

Le professeur Rudi Balling (au centre), coordinateur du vaste projet européen, entouré par le professeur Jens Schwamborn (à gauche), et le docteur Ronan Fleming (à droite).

Parkinson: un projet européen coordonné au Luxembourg

Le professeur Rudi Balling (au centre), coordinateur du vaste projet européen, entouré par le professeur Jens Schwamborn (à gauche), et le docteur Ronan Fleming (à droite).
© scienceRELATIONS / Université du Luxembourg
Luxembourg 2 min. 02.12.2015 Cet article est archivé

Parkinson: un projet européen coordonné au Luxembourg

Une étude doit permettre de trouver de nouvelles substances actives contre la maladie de Parkinson. Dotée d'une enveloppe de 5,9 millions d'euros, elle est coordonnée par le Luxembourg Centre for Systems Biomedicine (LCSB) de l'Université du Luxembourg depuis Belval.

(MF avec C.) - Une étude doit permettre de trouver de nouvelles substances actives -servant à élaborer ensuite un médicament- contre la maladie de Parkinson.

Dotée d'une enveloppe de 5,9 millions d'euros (2 millions vont directement au Luxembourg), elle est coordonnée par le centre de recherches de l'Université du Luxembourg:  le Luxembourg Centre for Systems Biomedicine (LCSB) installé au pied des Hauts fourneaux à Belval. Près de 50% des 230 chercheurs et employés du LCSB planchent déjà sur la maladie de Parkinson.

Lancé ce 1er décembre 2015, ce projet de l'Union européenne baptisé «SysMedPD» -pour Systems Medicine of Mitochondrial Parkinson's Disease- fédère cinq universités et trois entreprises biopharmaceutiques implantées au Luxembourg, en Allemagne, Irlande, Pays-Bas et Grande-Bretagne.

«Les compétences des universités et des entreprises biopharmaceutiques se complètent idéalement», explique le professeur Rudi Balling, directeur du LCSB et coordinateur d'un projet devant permettre de développer de nouvelles techniques pour identifier et étudier des substances actives «prometteuses» contre la maladie de Parkinson.

Ces mitochondries qui ne fonctionnent pas correctement

La maladie touche le tissu nerveux humain, évolue progressivement et aboutit notamment à des tremblements musculaires et à une rigidité musculaire. L'ennui, c'est que la maladie existe sous différentes formes et que plusieurs facteurs peuvent en être les déclencheurs. Et il arrivent souvent que les mitochondries des cellules nerveuses en soient l'origine.

Qui sont ces mitochondries? ce «sont les centrales électriques des cellules qui, grâce à des réactions biochimiques, produisent l'énergie nécessaire au métabolisme des cellules», explique le LCSB . «Chez environ 10% à 20% de tous les patients atteints de la maladie de Parkinson, les mitochondries ne fonctionnent pas correctement», note le Dr Ronan Fleming, responsable scientifique au LCSB. L'objectif est donc de comprendre, pourquoi à un moment donné, ces mitochondries flanchent.

Pour cela, les chercheurs de SysMedPD se concentrent d'abord sur les manifestations pathologiques de la maladie dans lesquelles les mitochondries sont endommagées par des mutations dans différents gènes. «Les résultats peuvent ensuite être transférés aux groupes de patients chez lesquels plusieurs gènes et facteurs environnementaux sont à l'origine de la maladie de Parkinson», explique Ronan Fleming.

Des modèles informatiques à la pratique

Le consortium SysMedPD veut remplir sa tâche en utilisant différentes approches: «Au sein du LCSB, nous nous concentrons sur le développement de nouveaux modèles informatiques permettant de mieux représenter les processus à l'œuvre dans les mitochondries», ajoute Ronan Fleming.

Le professeur Jens Schwamborn, responsable du groupe Developmental and Cellular Biology au LCSB, décrit une approche complémentaire: «Nous devons vérifier en pratique les prévisions obtenues par ordinateur. C'est pourquoi, dans le cadre de ce projet de l'UE, nous allons également utiliser des modèles cellulaires avancés dans lesquels les cellules cutanées des patients atteints de la maladie de Parkinson sont reprogrammées en cellules nerveuses humaines.»

Les entreprises biopharmaceutiques qui font partie du consortium permettront «l'application aussi rapide que possible des résultats de recherche» obtenus dans le cadre du projet SysMedPD.


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