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L'ordinaire reprend le dessus sur l'extraordinaire
Luxembourg 7 2 min. 16.06.2021
Pandémie au Luxembourg

L'ordinaire reprend le dessus sur l'extraordinaire

Près de 18 mois après le début de la pandémie, ce qui était vécu comme une expérience inédite est devenue la nouvelle norme, constatent les chercheurs du C2DH qui souhaitent obtenir des témoignages de cette nouvelle vie.
Pandémie au Luxembourg

L'ordinaire reprend le dessus sur l'extraordinaire

Près de 18 mois après le début de la pandémie, ce qui était vécu comme une expérience inédite est devenue la nouvelle norme, constatent les chercheurs du C2DH qui souhaitent obtenir des témoignages de cette nouvelle vie.
Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 7 2 min. 16.06.2021
Pandémie au Luxembourg

L'ordinaire reprend le dessus sur l'extraordinaire

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Après avoir connu un succès d'estime au cours du confinement, la plateforme du Centre pour l’histoire contemporaine et digitale (C2DH) de l’Uni dédiée à l'enregistrement des témoignages des résidents et des frontaliers en contact avec le covid-19 se trouve à la peine. Explications.

Même s'il vient à peine de souffler sa première bougie, le site covidmemory.lu en dit déjà long sur la pandémie au Luxembourg et dans la Grande Région. Après avoir enregistré plusieurs centaines de témoignages lors de son lancement survenu en plein confinement, la plateforme mémorielle se trouve en quasi-hibernation, faute de nouvelles contributions.


Des témoignages voués à entrer dans l'histoire
Depuis dix jours, le Centre pour l’histoire contemporaine et digitale (C2DH) de l’Uni a lancé un site web collaboratif destiné à compiler les expériences vécues pendant cette pandémie. Une plateforme ouverte aussi bien aux résidents qu'aux frontaliers, avec tous les supports possibles et imaginables. Explications.

Si les premiers mois d'existence du site ont permis aux spécialistes du C2DH de l'Uni d'emmagasiner de nombreux images, vidéos ou textes reflétant l'état d'esprit des contributeurs, la source semble aujourd'hui s'être tarie. «Outre le fait qu'une lassitude s'est installée car tout le monde est fatigué de cette pandémie, cette situation peut aussi s'expliquer par le fait que cette plateforme fonctionne comme un réseau social», constate Tizian Zumthurm, chercheur en charge de la plateforme. Et donc que les témoignages recueillis reposent avant tout sur le principe «du document égocentré». 

Comprenez que les internautes envoient majoritairement des éléments qui les valorisent et qui relatent des événements qui sortent de l'ordinaire. Un alignement de planètes observé au cours du printemps 2020 et qui se traduit par la présence «de trois quarts d'éléments positifs qui concernent principalement des activités artistiques réalisées pendant le lockdown, comme la réalisation de plats à la maison, la confection de masques ou la réalisation de dessins», résume Tizian Zumthurm.

Depuis l'été 2020, le rythme des envois s'est non seulement atténué mais la nature des témoignages a évolué, «avec des éléments plus neutres, voire négatifs sur la pandémie sous la forme non plus d'images ou de vidéos, mais plutôt de textes», relève le chercheur qui fait le parallèle avec les effets sur la santé mentale de la pandémie. Mais bien qu'ayant une vie plus modeste désormais, la plateforme mémorielle continuera à vivre au moins pour les dix années à venir, quitte à prendre une forme différente.

Ainsi, dans les semaines à venir, le C2DH doit réaliser une mise à jour destinée à enrichir le site de témoignages collectés mais jamais publiés, mais aussi en organisant des expositions à partir des éléments déjà présents. Une manière de valoriser des témoignages «uniques en leur genre et quasi impossible à obtenir pour des chercheurs», à en croire Tizian Zumthurm qui indique que l'étude de la pandémie de covid-19 ne fait «que commencer». 

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