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Contre le covid, «la première injection ne suffit pas»
Luxembourg 3 min. 28.06.2021
Pandémie au Luxembourg

Contre le covid, «la première injection ne suffit pas»

«Il est tout a fait probable que le Premier ministre ait déjà développé une bonne protection, même partielle, avec une seule dose», souligne l'expert.
Pandémie au Luxembourg

Contre le covid, «la première injection ne suffit pas»

«Il est tout a fait probable que le Premier ministre ait déjà développé une bonne protection, même partielle, avec une seule dose», souligne l'expert.
Photo:AFP
Luxembourg 3 min. 28.06.2021
Pandémie au Luxembourg

Contre le covid, «la première injection ne suffit pas»

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
Alors qu'il a reçu une dose d'AstraZeneca le 6 mai, le Premier ministre luxembourgeois a été testé positif au covid-19. Le Dr Schockmel explique comment cela est possible et pourquoi ce phénomène ne signifie pas pour autant que la vaccination a échoué.

Quelques jours avant de recevoir sa deuxième dose vaccinale, Xavier Bettel (DP) a contracté le covid, et souffre ce lundi de fièvre et de maux de tête. Alors qu'il était parmi les premiers volontaires à se faire injecter le sérum d'AstraZeneca le 6 mai dernier, voilà le Premier ministre isolé pour une dizaine de jours, a indiqué dimanche le ministère d'Etat. Mais pas de quoi s'affoler, à en croire le docteur Gérard Schockmel, virologue au sein des Hôpitaux Robert Schuman, puisque cette première dose n'offre qu'une «protection partielle» contre le virus. 


A medical worker administer the Jansen (Johnson and Johnson) Covid-19 vaccine to the public at a FEMA run mobile Covid-19 Vaccination clinic at Biddeford High School in Bidderford, Maine on April 26, 2021. - The clinic is jointly run by FEMA and the state of Maine with the help of other federal agencies and the Maine National Guard. The United States has resumed vaccinations with the Johnson & Johnson shot, the third authorised injection, after a brief pause over links to a rare form of clotting. (Photo by Joseph Prezioso / AFP)
Quand vacciner ne suffit pas à protéger
La ministre de la Santé reconnaît que quelques centaines de personnes ont été infectées par le covid-19 après avoir reçu la première ou la seconde injection. Des cas étudiés mais pas si étonnants.

«La première dose ne suffit pas, sinon on pourrait totalement se passer de la deuxième», relève l'expert, mettant à part le vaccin produit par Johnson&Johnson, fonctionnant avec une dose unique. Dans les faits, la première injection des vaccins produits par Pfizer/BioNTech, AstraZeneca ou Moderna confronte l'organisme à une molécule présente à la surface du covid. L'objectif: faire en sorte que le corps la reconnaisse et qu'il «apprenne à se défendre» contre elle, explique le médecin. Les personnes vaccinées développent ainsi un certain taux d'anticorps, qu'une deuxième injection viendra renforcer dans un second temps.

A partir de là, les personnes partiellement vaccinées peuvent être dépistées comme positives au covid, le test PCR indiquant simplement qu'elles ont été exposées au virus. Il s'agit alors d'une infection asymptomatique, qui rend l'individu potentiellement contagieux, mais pas malade. Le chef du gouvernement, lui, paraît «bel et bien infecté», suppose le virologue.

«Mais cela ne signifie pas nécessairement que la vaccination du Premier ministre a échoué, au contraire», note le médecin. Si sa fièvre et ses maux de tête prouvent qu'il a été contaminé, il peut également s'agir «d'un effet bénéfique de la vaccination», d'autant que le Vaxzevria lui a été administré «il y a sept semaines». Ainsi, si certaines études estiment qu'une bonne vaccination rime avec zéro symptôme, le virologue des Hôpitaux Robert Schuman en prend plutôt le contre-pied. «Il est tout a fait probable que son corps ait déjà développé une bonne protection, même partielle, avec une seule dose», souligne l'expert.

La question est à présent de savoir si le chef de gouvernement devra toutefois se faire injecter une deuxième dose ou non. Les anciens malades du covid peuvent ainsi se contenter d'une seule injection, quatre semaines après leur guérison (pour les moins de 55 ans). Dans le cas de Xavier Bettel, le Dr Schockmel préfère ne pas trancher, faute de connaissances suffisantes du dossier. Mais il estime prudemment que la dose de Vaxzevria «devrait suffire» au vu du délai entre son injection et la date d'apparition des symptômes, et la condition de santé de Xavier Bettel.

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