Changer d'édition

NSO parvient à mettre le Luxembourg en échec
Luxembourg 2 min. 20.10.2021
Projet Pegasus

NSO parvient à mettre le Luxembourg en échec

Si Jean Asselborn indique devant la Chambre que les exportations du groupe NSO ne sont réalisées «qu'avec le consentement du gouvernement israélien», le ministre des Affaires étrangères «n'est pas capable de le prouver».
Projet Pegasus

NSO parvient à mettre le Luxembourg en échec

Si Jean Asselborn indique devant la Chambre que les exportations du groupe NSO ne sont réalisées «qu'avec le consentement du gouvernement israélien», le ministre des Affaires étrangères «n'est pas capable de le prouver».
Photo: Lex Kleren/archive
Luxembourg 2 min. 20.10.2021
Projet Pegasus

NSO parvient à mettre le Luxembourg en échec

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Interrogé mardi à la Chambre sur les actions entreprises contre le groupe israélien à l'origine de différents logiciels d'espionnage informatique, le ministre des Affaires étrangères a reconnu que le gouvernement n'était pas en mesure de vérifier les démentis de la société en partie basée au Grand-Duché.

Trois mois après les révélations autour du projet Pegasus, le Luxembourg se voit contraint de reconnaître son impuissance face cette affaire d'espionnage à grande échelle. Malgré son implantation au Grand-Duché, le groupe NSO resterait inatteignable auprès des autorités luxembourgeoises à en croire Jean Asselborn (LSAP) qui indiquait mardi à la Chambre «ne pas être en mesure de vérifier» les affirmations de l'entité israélienne.


Une vaste affaire d'espionnage généralisé mise au jour
Des militants, journalistes et opposants du monde entier ont été épiés grâce à un logiciel élaboré par l'entreprise israélienne NSO Group. Une enquête internationale publiée dimanche renforce les soupçons pesant de longue date sur cette société.

Mis en cause par une enquête internationale regroupant 17 médias, le réseau Forbidden Stories et l'ONG Amnesty International, le groupe nie avoir joué un quelconque rôle dans les écoutes réalisées contre au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d'entreprise. Selon le ministre des Affaires étrangères, citant devant les députés une partie d'une lettre confidentielle, la vente des différents logiciels espions ne se ferait «qu'avec le consentement du gouvernement israélien». 

Une affirmation que Jean Asselborn ne serait toutefois «pas non plus capable de prouver». Interrogée lors du débat organisé mardi à la Chambre Sam Tanson (Déi Gréng), ministre de la Justice, a pour sa part défendu le recours aux logiciels espions, jugés «essentiels» dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, sans préciser si les services de renseignement ou la police disposaient de tels outils. Et cette dernière d'indiquer uniquement que les dispositifs de surveillance au Luxembourg n'étaient employés que «dans des circonstances très limitées», notamment en lien avec l'atteinte à la sécurité de l'Etat.


(FILES) This file photo illustration picture taken on June 25, 2019 in Brest shows a close-up view of a computer keyboard. - A spyware campaign using tools from a secretive Israeli firm was used to attack and impersonate dozens of human rights activists, journalists, dissidents, politicians and others, researchers said on July 15, 2021.Statements from  Microsoft security researchers and the University of Toronto's Citizen Lab said powerful "cyberweapons" were being used in precision attacks targeting more than 100 victims around the world. (Photo by Fred TANNEAU / AFP)
Interrogations autour des bureaux luxembourgeois de NSO
Deux jours après les révélations de plusieurs médias internationaux quant aux pratiques d'espionnage à très grande échelle réalisées par la société israélienne NSO, le ministre des Affaires étrangères confirme mardi que cette dernière possède une implantation au Grand-Duché.

Pour mémoire, en juillet dernier, Jean Asselborn indiquait que le groupe NSO disposait de deux bureaux au Grand-Duché qui ne serviraient «que de back office». La société israélienne se retrouve également au travers de sept autres entités sous juridiction luxembourgeoise, et ne dispose pas officiellement de licence au Grand-Duché pour «l'exportation de produits de cybersurveillance». 

Face au scandale soulevé par la mise au jour du rôle des logiciels espions, le ministre des Affaires étrangères avait écrit aux responsables du groupe pour leur indiquer que «le Luxembourg ne tolérerait pas que des opérations de ces entités à partir du Luxembourg contribueraient à des violations des droits de l'homme dans des pays tiers.» Un rappel resté lettre morte.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Après huit mois de travail, le géant américain et les chercheurs de Citizen Lab sont parvenus à contrer le logiciel de NSO Group. Une brèche de sécurité lui donnait accès aux mobiles, ordinateurs et montres connectées de la marque, qui a fait de la sécurité un argument de vente.
(FILES)People walk past  the Apple logo at the Apple Store at Grand Central Terminal in New York in this January 25, 2013 file photo.  Apple denied May 21, 2013 using "gimmicks" to dodge taxes and said it welcomes a review of US fiscal laws after a Senate investigation found it used offshore loopholes to save billions in taxes. Apple, in a statement ahead of a hearing in Washington on strategies to shift profits to minimize taxes, argued that it "carefully manages its foreign cash holdings to support its overseas operations in the best interests of its shareholders." AFP PHOTO/TIMOTHY A. CLARYTIMOTHY A. CLARY/AFP/Getty Images
Deux jours après les révélations de plusieurs médias internationaux quant aux pratiques d'espionnage à très grande échelle réalisées par la société israélienne NSO, le ministre des Affaires étrangères confirme mardi que cette dernière possède une implantation au Grand-Duché.
(FILES) This file photo illustration picture taken on June 25, 2019 in Brest shows a close-up view of a computer keyboard. - A spyware campaign using tools from a secretive Israeli firm was used to attack and impersonate dozens of human rights activists, journalists, dissidents, politicians and others, researchers said on July 15, 2021.Statements from  Microsoft security researchers and the University of Toronto's Citizen Lab said powerful "cyberweapons" were being used in precision attacks targeting more than 100 victims around the world. (Photo by Fred TANNEAU / AFP)
Des militants, journalistes et opposants du monde entier ont été épiés grâce à un logiciel élaboré par l'entreprise israélienne NSO Group. Une enquête internationale publiée dimanche renforce les soupçons pesant de longue date sur cette société.