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«Nous voulons simplement faire bouger les choses»
Luxembourg 26 1 4 min. 16.04.2019

«Nous voulons simplement faire bouger les choses»

Cyril de Waha, Thaïs Lasar et Zélie Guisset continuent de se mobiliser pour le climat au Luxembourg.

«Nous voulons simplement faire bouger les choses»

Cyril de Waha, Thaïs Lasar et Zélie Guisset continuent de se mobiliser pour le climat au Luxembourg.
Photo: Anouk Antony
Luxembourg 26 1 4 min. 16.04.2019

«Nous voulons simplement faire bouger les choses»

Sophie WIESSLER
Sophie WIESSLER
Cyril, Thaïs et Zélie font partie des milliers de jeunes qui ont défilé pour le climat dans les rues de Luxembourg, il y a tout juste un mois. Un combat loin d'être terminé pour les lycéens, qui restent mobilisés et envisagent l'avenir.

Sac à dos sur l'épaule, tablette dans une main et gourde en aluminium dans l'autre, Cyril de Waha, Thaïs Lasar et Zélie Guisset ont le sourire aux lèvres. Et pour cause. Il y a tout juste un mois, ils ont réussi l'exploit de mobiliser des milliers de jeunes dans les rues de la capitale, pour lutter contre le réchauffement climatique.

Comme des milliers d'autres étudiants à travers le monde, le Luxembourg a ainsi répondu à l'appel lancé par la jeune Suédoise, Greta Thunberg, lors de la Cop24 en décembre dernier.

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Une manifestation dont Cyril garde un souvenir «très fort en émotions», lui qui participait pour la première fois à ce type d'événement, comme ses consœurs. Le jeune homme de 17 ans, qui avoue que le mot «écologie» ne faisait pas vraiment partie de son vocabulaire, s'est depuis engagé dans une association et se trouve plus motivé que jamais.  

«J'ai lu beaucoup de choses sur le réchauffement climatique et j'ai décidé de me bouger. La communauté scientifique a tiré la sonnette d'alarme il y a plus de 30 ans déjà et personne n'a rien fait. Alors j'espère qu'il y aura encore plus de monde le 24 mai prochain», explique-t-il, faisant référence à la seconde mobilisation prévue par les étudiants au Luxembourg à cette date.

Maintenir la pression

Le 24 mai est en effet sur toutes les lèvres. Même si pour les trois camarades, la grève du 15 mars dernier a été «un grand succès», réunissant entre 7.500 et 15.000 participants, l'objectif n'est pourtant pas atteint. «Le CO2 continue d'augmenter partout. C'est d'autant plus triste qu'à côté de ça, notre pays est un très gros consommateur d'énergies...», se désole Zélie, 18 ans.

En effet, depuis un mois, rien de concret n'a été avancé par le gouvernement luxembourgeois. Malgré les promesses du Premier ministre, Xavier Bettel (DP), qui avait rencontré les jeunes étudiants, des «actions concrètes» sont réclamées par les manifestants.

«Le ministre était à l'écoute mais ce n'est pas à nous qu'il faut s'adresser pour trouver des solutions, c'est aux scientifiques. Il faut écouter les professionnels et mettre en place des actions concrètes: c'est ça qu'on veut. Faire entendre notre voix, bouger les choses. Notre vie d'adulte sera très impactée par tous ces changements climatiques», souligne la jeune femme.

Une délégation composée d'une dizaine de lycéens du Luxembourg a rencontré le Premier ministre quelques jours après la grande manifestation du 15 mars.
Une délégation composée d'une dizaine de lycéens du Luxembourg a rencontré le Premier ministre quelques jours après la grande manifestation du 15 mars.
Photo: Youth for Climate

Des changements qui inquiètent beaucoup ces étudiants, «terrifiés» face à leur avenir. «La grandeur de la chose m'effraie beaucoup. Les données scientifiques sont vraiment défaitistes...», souligne Zélie, ajoutant, «mais il faut garder espoir et s'engager».

Créer un monde meilleur

Avec ses camarades, c'est surtout la lassitude qui prédomine depuis un mois, notamment face à la pression des adultes, leur réclamant des solutions. «Des idées, on en a, c'est certain. Mais nous ne sommes pas là pour ça. Ce n'est pas notre rôle de trouver des solutions au réchauffement climatique, nous sommes juste des enfants!»

Et Thaïs de conclure: «Greta Thunberg a adressé un message de panique pour justement réveiller tout le monde. Je ne comprends pas comment on ne peut pas s'inquiéter... Que les politiques fassent enfin quelque chose de concret, c'est pour créer un monde meilleur après tout!»

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