Changer d'édition

«Nous voulons revenir à la normale»
Luxembourg 7 min. 19.05.2022
Pandémie de covid-19

«Nous voulons revenir à la normale»

«C'est l'accalmie dans les hôpitaux qui a rendu cet assouplissement possible», explique le directeur de la Santé, le Dr Jean-Claude Schmit
Pandémie de covid-19

«Nous voulons revenir à la normale»

«C'est l'accalmie dans les hôpitaux qui a rendu cet assouplissement possible», explique le directeur de la Santé, le Dr Jean-Claude Schmit
Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 7 min. 19.05.2022
Pandémie de covid-19

«Nous voulons revenir à la normale»

Jean-Philippe SCHMIT
Jean-Philippe SCHMIT
La situation dans les hôpitaux est stable. Le directeur de la Santé, le Dr Jean-Claude Schmit, s'attend à de nouveaux assouplissements.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, la pandémie de coronavirus semble être de l'histoire ancienne. «Mais ce n'est pas le cas», estime le directeur de la Santé, le Dr Jean-Claude Schmit. En effet, le virus continue de circuler. Néanmoins, la situation n'est pas la même qu'avant les larges assouplissements de mars dernier. Celle-ci s'est détendue, notamment dans les hôpitaux, ce qui pourrait contribuer à ce que les prochaines restrictions tombent bientôt. 

Dr Jean-Claude Schmit, la crise sanitaire est noyée sous les informations sur la guerre en Ukraine. La pandémie serait-elle déjà terminée ? 


«En santé, la Grande Région doit devenir exemplaire»
Améliorer l'accès aux soins tout en renforçant l'attractivité du territoire pour les soignants, c'est ce que permettrait davantage de coopération autour de la santé entre le Luxembourg, la France, l'Allemagne et la Belgique.

«Non. Il y a encore chaque jour environ 400 à 500 personnes qui sont infectées par le virus. On ne peut donc pas dire que la pandémie est terminée. Il y a toutefois eu un changement positif : peu de personnes tombent gravement malades. Pour l'instant (au moment de l'interview réalisée ce mardi, NDLR), une seule personne gravement atteinte par le covid se trouve aux soins intensifs. C'est cette détente dans les hôpitaux qui a rendu possibles les assouplissements. 

Avons-nous déjà atteint l'immunité de groupe ? Quel est le pourcentage de personnes dans la population qui ont déjà été en contact avec le virus ? 

«Nous estimons que chez les adultes, la proportion de personnes vaccinées est de 82 à 83%. Dans les groupes de population qui peuvent tomber gravement malades, le taux de vaccination est même de 90%. La population a donc pu se constituer une bonne immunité. À cela s'ajoutent les quelque 270.000 personnes qui ont subi une infection. Elles ont ainsi pu développer une immunité naturelle et sont en partie vaccinées. Personne ne peut dire avec certitude à quel pourcentage se situe exactement l'immunité de groupe. En tout cas, nous en sommes très proches. 


«La fin de la pandémie n'est pas en vue»
Le médecin Angelique Coetzee parle des sous-variantes BA.4 et BA.5. Il y a six mois, elle avait découvert le variant Omicron.

Au début de la pandémie, nous pensions qu'une fois l'immunité de groupe atteinte, le virus ne pourrait plus circuler et disparaîtrait donc. Cela ne s'est pas produit. Omicron a parfois réussi à contourner la protection vaccinale. Les gens ont été infectés malgré la vaccination, mais ils ne présentent généralement pas de symptômes graves. 

Au début de l'année, vous aviez dit qu'il ne pourrait y avoir d'assouplissement que si les chiffres le permettaient. Dans le cas contraire, la pandémie pourrait s'éterniser. Les assouplissements ont tout de même eu lieu...

«Le nombre d'infections n'est pas la seule donnée que nous avons examinée. Le taux d'hospitalisation est également important. La situation de l'époque dans les hôpitaux a permis de supprimer partiellement le régime 3G et l'obligation de porter un masque. Aujourd'hui, après la suppression de l'obligation du port du masque, la situation est plus détendue qu'avant. Ce qui a également joué un rôle, c'est le fait que nous disposons désormais de trois médicaments antiviraux. Deux d'entre eux peuvent être pris à la maison, sans qu'il soit nécessaire de se rendre à l'hôpital. Cela nous a permis de prendre le risque de l'assouplissement.

Quelles expériences ont été faites depuis lors ? 


A woman receiving a Covid-19 vaccine at a centre in Luxembourg last year
Les doses de vaccins trouvent difficilement preneurs
Alors que le rythme de la vaccination diminue à mesure que la campagne avance, des doses de vaccins commandées par le Grand-Duché arrivent à leur date de péremption. Ces dernières ne peuvent pas toutes faire l'objet de dons envers des pays tiers.

«Il n'y a pas eu de surprises. Nous nous attendions à ce que le nombre d'infections continue de baisser. C'est ce qui s'est produit. Nous continuons toutefois à surveiller la situation. L'épidémie évolue «normalement». Comme à chaque printemps, les chiffres ont également diminué cette année. Il n'est toutefois pas exclu que les nouvelles variantes d'omicron BA4 et BA5 déclenchent une nouvelle vague, plus petite. Mais tant que le nombre d'infections reste stable et que le nombre d'hospitalisations ne repart pas à la hausse, je m'attends à ce qu'il n'y ait pas non plus de surprises. 

À partir de cette semaine, les chiffres quotidiens ne seront plus publiés. Quelle en est la raison ? 

«Nous voulons revenir à la normale et, en ce moment, la situation est très calme. C'est pourquoi nous pouvons passer à un autre mode. Je pense que cela ne sert pas à grand-chose de communiquer les chiffres tous les jours. Aujourd'hui, c'était 400, demain ce sera peut-être 350, je n'en vois pas l'utilité. Nous ne publions pas non plus le nombre de personnes qui ont été infectées par la grippe. Mais nous n'avons rien à cacher et nous continuerons à être transparents. Les données resteront accessibles sur Santé.lu. Le rapport hebdomadaire continuera également d'exister.

Quelles sont les prochaines mesures qui vont tomber ? 

«L'obligation de porter un masque dans les avions a été récemment supprimée. Je penche également pour un assouplissement de l'obligation du port du masque dans les transports publics, comme c'est déjà le cas en France (un nouveau projet de loi va dans ce sens, NDLR). Il reste ensuite les restrictions dans les hôpitaux et les maisons de soins. Je peux m'imaginer que le système CovidCheck pourrait également y être supprimé. Mais ces assouplissements ne sont pas encore décidés. La loi Covid expire fin juin. La suite dépendra aussi de la politique. 

Est-ce plutôt grâce à la vaccination ou à la variante plus douce d'Omicron que la situation est actuellement si détendue ? 


ARCHIV - 26.01.2022, Bonn: Eine Mitarbeiterin des Labors CBT füllt mit einer Pipette zur Vorbereitung von Corona PCR Tests eine Testflüssigkeit in einer Trägerplatte. Die leichtere Übertragbarkeit des Omikron-Subtyps BA.2 und die Rücknahme kontaktreduzierender Maßnahmen sind nach Ansicht des Robert Koch-Instituts (RKI) vermutlich für den erneuten Anstieg der Covid-19-Fälle verantwortlich. (zu dpa «SRKI: Omikron-Subtyp BA.2 lässt Fallzahlen steigen») Foto: Henning Kaiser/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Les indicateurs liés au covid continuent de baisser
Dans son dernier rapport hebdomadaire, la Santé note une baisse de 11% de nouvelles infections au covid pour la semaine du 2 au 8 mai.

«Les deux jouent un rôle. Omicron est certes responsable de maladies moins violentes, mais il peut en revanche contourner partiellement la vaccination. Dans les pays où l'on a moins vacciné et où le virus a moins circulé, la situation est plus tendue qu'au Luxembourg, où de nombreuses personnes ont pu développer une immunité. En Chine, par exemple, il y a beaucoup de personnes qui n'ont jamais été exposées au virus en raison de la stratégie du «zéro covid». De plus, le vaccin chinois protège moins bien. 

Quelles sont les mesures qui restent utiles, même si elles ne devraient plus être obligatoires ? 

«Dans les situations où je suis en contact étroit avec des personnes vulnérables, je porte toujours un masque. C'est par exemple le cas lorsque je rends visite à mes parents. Là, il est logique de continuer à porter un masque, même un masque FFP2, et éventuellement de se tester avant la visite. Sinon, je me teste quand j'ai des symptômes. Ensuite, je garde aussi mes distances avec les autres personnes, c'est le bon sens qui me le dit. 

Si j'ai eu un contact à risque, que dois-je faire ? Conseillez-vous la quarantaine ?

«Je serais en tout cas très prudent. En cas de contact avec d'autres personnes, je porterais un masque, mais je ne m'enfermerais pas forcément chez moi. Si le test est toujours négatif après cinq jours, on peut exclure le risque d'infection.

Que faire si le test est positif et que l'on ne présente pas de symptômes graves ? Doit-on s'isoler et peut-on continuer à travailler ? 


Attention à l'avalanche d'infox sur le vaccin covid
Depuis plusieurs semaines, circulent sur internet de prétendues révélations sur la «dangerosité» du vaccin anti-covid, qui seraient issues des «Pfizer documents». Si ces documents existent bien, ils ont été déformés et décontextualisés.

«En cas d'infection confirmée, l'isolement est toujours obligatoire. En cas de test rapide positif, on reste tenu de le déclarer. Dans ce cas, il faut s'isoler chez soi. L'isolement peut être raccourci avec deux tests négatifs. Je ne me fais aucune illusion sur le fait que tous ceux qui ont été testés positifs le signalent aux autorités. Dans ce cas, il n'y a pas de certificat médical. Car celui qui a été testé positif ne doit pas travailler, même s'il ne présente aucun symptôme. Le télétravail reste toutefois possible. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé jusqu'à présent. 

Qu'est-ce qui nous attend en hiver ? Dans quelle direction le virus évolue-t-il ?

«Il est probable qu'une nouvelle vague se produise. Il est également très probable qu'une nouvelle variante du virus apparaisse. Mais personne ne peut dire pour l'instant si celle-ci sera responsable d'évolutions plus graves ou plus légères. Nous devons donc envisager tous les scénarios possibles. J'espère toutefois que nous n'assisterons pas à un nouveau confinement. Il se pourrait toutefois que certains assouplissements doivent être annulés.»

Cet article a été publié pour la première fois sur wort.lu/de

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Entre le 30 mai et le 5 juin, les nouvelles infections au coronavirus étaient 65% plus nombreuses que la semaine précédente. Plusieurs indicateurs repassent également au rouge, selon le dernier rapport hebdomadaire de la Santé.
Alors que le nombre de cas positifs au covid repart à la hausse, le Dr Gérard Schockmel ne voit pour le moment pas de quoi s'alarmer. Mais il considère qu'il faut suivre de près les taux d'incidence et l'arrivée de nouveaux variants.
Pour le docteur Gérard Schockmel, chacun devrait se faire injecter trois fois un vaccin pour obtenir une protection optimale