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«Nous sommes une start-up ministérielle»
Luxembourg 4 min. 27.08.2019 Cet article est archivé

«Nous sommes une start-up ministérielle»

Les six premiers mois ont été «passionnants», estime Marc Hansen.

«Nous sommes une start-up ministérielle»

Les six premiers mois ont été «passionnants», estime Marc Hansen.
Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 4 min. 27.08.2019 Cet article est archivé

«Nous sommes une start-up ministérielle»

Avec le Premier ministre Xavier Bettel, Marc Hansen (DP) s’attelle à la création du ministère de la Digitalisation. Explications des enjeux de ce nouveau portefeuille, dédié «l'inclusion numérique».

(MF avec Annette Welsch ) – «Il n'y a pas de ministère simple. J'ai trouvé le Logement intéressant. C'est un nouveau défi, avec de nouveaux sujets qui sont aussi passionnants. D'autant plus que nous devons construire un nouveau ministère, celui de la digitalisation.» 

Suite aux élections d'octobre 2018, Marc Hansen, 48 ans, est devenu ministre de la Fonction publique, ministre délégué de la Digitalisation et ministre délégué à la Réforme administrative bien qu'il n'ait pas été élu. Le député (DP) était entré dans le gouvernement précédent en 2014, lorsque André Bauler avait démissionné de son poste de secrétaire d'État aux ministères de l'Enseignement supérieur et de l' Éducation. Reprenant en 2015, le portefeuille du Logement suite au retrait de Maggy Nagel.

Nous devons rendre l'État employeur attrayant pour ses employés


Infrachain Summit - Le plus important événement Blockchain au Luxembourg  - Marc Hansen - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
«Un projet unique dans le monde»
Le ministre délégué à la digitalisation Marc Hansen annonce la création d'une blockchain pour le secteur public

Jeté dans le bain sans transition, Marc Hansen reconnaît dans une longue interview estivale accordée au Luxemburger Wort, que «les premiers mois ont déjà été extrêmement intenses». Il cite en vrac l'abolition de la règle dite «80-80-90» concernant la réduction des indemnités de stage, la clarification s'imposant dans le dossier BCEE ou la négociation d'un accord avec la Police sur les heures supplémentaires. 

Il révèle qu'en septembre, il pourra formaliser les aspects pratiques de l'abolition de la règle des «80-80-90» et précise que le nouveau règlement très attendu par les stagiaires «sera rétroactif au 1er janvier».

Une idée claire de l'employeur 

Le grand défi imposé à Marc Hansen est de «rendre l' État employeur attractif pour ses employés dans les prochaines années» et de mieux le présenter vers l'extérieur pour «attirer de nouveaux talents».  

Car «aujourd'hui, un jeune qui entre sur le marché du travail a une idée claire de son employeur et de ce qu'il doit offrir. Il ne s'agit pas seulement des salaires de départ et des points d'indice, mais aussi de la carrière et de la manière de concilier vie professionnelle et vie familiale. En tant qu' État, nous devons être en mesure de trouver les personnes dont nous avons besoin».

Marc Hansen: «En décembre, le ministère de la Digitalisation avait deux employés : Xavier Bettel et moi-même»...
Marc Hansen: «En décembre, le ministère de la Digitalisation avait deux employés : Xavier Bettel et moi-même»...
Photo: Guy Wolff

Quant aux secteurs dans lesquels l'État recrute le plus actuellement, Marc Hansen cite la police grand-ducale, l'éducation et la protection de l'environnement. S'il se cantonne à la digitalisation, «le principal défi du Centre des technologies de l'information de l'État (CTIE), est de trouver des informaticiens. Ils sont rares et c'est une course pour trouver les bonnes personnes».

«En tant que start-up ministérielle, j'ai d'abord dû faire un travail de développement, car en décembre, nous avions deux employés : Xavier Bettel et moi-même», lance le ministre délégué de la Digitalisation. «Nous nous sommes vu attribuer dans la foulée le CTIE avec ses 250 employés, et commencerons à être opérationnels dès la rentrée avec une douzaine d'employés.» Parallèlement, «nous avons commencé à aller de l'avant avec l'e-Gouvernement en donnant le cap à suivre aux développeurs».

Le credo, l'inclusion numérique

Le processus de digitalisation est propre à chaque ministère et le nouveau ministère embryonnaire n'est «certainement pas un ministère de passionnés de technologie pour les passionnés de technologie. Mais nous sommes engagés en faveur de l'inclusion numérique. Tout le monde a du mal à suivre le rythme de ce développement, pas seulement les plus âgés. Nous devons nous assurer d'emmener tout le monde dans la barque, même ceux qui se sentent peu à l'aise avec les processus numériques». 

Marc Hansen: «Beaucoup de gens ne viennent plus nécessairement à l'Etat pour des raisons de salaire».
Marc Hansen: «Beaucoup de gens ne viennent plus nécessairement à l'Etat pour des raisons de salaire».
Photo: Guy Wolff

A l'Institut national de l'Administration publique (INAP), par exemple, «nous nous engageons sur la voie d'une académie numérique. Nous y proposons des programmes, comme le permis de conduire européen sur Internet, que nous lions à un outil : si des faiblesses sont identifiées, une formation est directement proposée et peut se faire en ligne. Dans le cadre du projet "digital Luxembourg", nous avons déjà élaboré un certain nombre de projets avec le secteur privé et sommes responsables de la promotion du secteur des TIC en collaboration avec le ministère de l'Économie», résume Marc Hansen. 

Quant aux mesures qui seront prises pour simplifier la transition du secteur privé vers la fonction publique, comme le prévoit le programme gouvernemental, «pour la première fois, la loi sur les stages stipule que l'ancienneté doit être reconnue. Le télétravail doit également être développé. Beaucoup de gens ne viennent plus nécessairement à l'État pour des raisons de salaire ou de sécurité de l'employeur. Plusieurs facettes les attirent», explique Marc Hansen.


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