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«Nous sommes dans la phase la plus compliquée»
Luxembourg 6 min. 11.09.2019

«Nous sommes dans la phase la plus compliquée»

François Bausch sur le site de l'ancienne aciérie de Dommeldange. Son père travaillait ici. «Son engagement social a eu un fort impact sur moi», raconte Bausch.

«Nous sommes dans la phase la plus compliquée»

François Bausch sur le site de l'ancienne aciérie de Dommeldange. Son père travaillait ici. «Son engagement social a eu un fort impact sur moi», raconte Bausch.
Photo: Guy Wolff
Luxembourg 6 min. 11.09.2019

«Nous sommes dans la phase la plus compliquée»

D'ici 2023, le trafic fonctionnera à nouveau correctement au Luxembourg. Grâce à une meilleure organisation des transports publics. C'est ce que promet François Bausch, ministre de la Mobilité, de la Sécurité intérieure et de la Défense (Déi Gréng).

(Michèle Gantenbein et Annette Welsch - traduction: Maurice Fick)

Contrairement à ce qu'il avait laissé entendre à nos confrères du Luxemburger Wort il y a un an, la circulation ne s'est pas améliorée dans la capitale. Au contraire. «Nous sommes maintenant dans la phase de mise en œuvre la plus compliquée», reconnaît François Bausch en parlant des chantiers des CFL, du tram qui tourne au ralenti boulevard Royal et dans le quartier gare mais aussi de certains projets de construction routière. 


Le retour du piéton au cœur de la mobilité
Il faut que l'espace urbain change pour que les villes appartiennent à nouveau aux humains et tolèrent les voitures. Et non le contraire. C'est le propos du ministre François Bausch en préambule de la Semaine de la mobilité, axée sur les déplacements à pied.

Le ministre de la Mobilité assure que d'année en année des éléments du puzzle s'ajouteront pour améliorer doucement mais sûrement la situation. «L'année charnière sera 2023», pose-t-il.

A cette date «les grands chantiers de construction seront terminés» et de citer en vrac, la ligne de tram qui ira de la Cloche d'Or au Kirchberg, l'extension de la gare centrale et le doublement de la ligne ferroviaire Luxembourg-Bettembourg

 Ce serait une erreur de dire simplement non à Google.   

Des améliorations sont déjà devenues réalité. Comme la ligne à double voie Sandweiler qui a été mise en service ce printemps et «le cinquième quai de la gare centrale sera achevé d'ici la fin de l'année».

A partir de décembre, le nombre de trains de la ligne ouest de Trèves-Luxembourg sera augmenté. «Au printemps 2020, le rond-point turbo Schaffner sera prêt. Fin 2020, la ligne de tramway vers la gare centrale sera mise en service et les bus RGTR disparaîtront de la ville», résume François Bausch. 

François Bausch assure qu'à l'horizon 2023 la circulation s'améliorera au Luxembourg.
François Bausch assure qu'à l'horizon 2023 la circulation s'améliorera au Luxembourg.
Photo: Pierre Matgé

Ce qui manque encore dans la stratégie pour une Mobilité Durable (MoDu 2.0) «c'est le concept d'infrastructure jusqu'en 2035, afin que nous puissions anticiper les futurs projets d'infrastructure». François Bausch explique que «nous voulons présenter la partie infrastructurelle de Modu 2.0 à mi-parcours de la législature». Mais il faut encore discuter du développement du Luxembourg. 

«Nous ne pouvons plus tout accepter»

Le ministre de l'Aménagement du territoire, Claude Turmes (déi Gréng) planche en ce moment sur le programme directeur, qui décrira la manière dont le Luxembourg va se développer au cours des prochaines années.

«Le Luxembourg connaît un énorme dynamisme économique mais le revers de la médaille sont les coûts indirects, les dommages collatéraux qui se produisent avec un certain décalage, tels que les besoins en infrastructures. Si nous voulons sortir de la spirale de la croissance, nous ne pouvons plus tout accepter. Nous devrions prendre les principes de la stratégie Rifkin plus au sérieux et ne pas prendre de décisions contradictoires. Ce débat doit avoir lieu. Il s'agit de voir ce que le pays peut supporter et comment cultiver la cohésion sociale», estime François Bausch.


Près de 140 lignes scolaires sont aussi prises en charge via le réseau RGTR.
Le RGTR prendra un virage en 2020
Pour le 15 septembre, dix nouvelles lignes de bus feront leur apparition sur le réseau national, sans oublier l'adaptation des horaires et de certains circuits. Mais le grand bouleversement du transport par bus reste attendu pour l'an prochain, avec la restructuration complète du réseau.

Claude Turmes dit justement que le projet de construction d'un centre de données par Google à Bissen est en contradiction avec la protection du climat.

«Le problème n'est pas le centre de données lui-même, mais la manière dont il est exploité, c'est-à-dire comment il est refroidi, combien de surface, combien d'eau il consomme et d'où vient l'électricité», estime François Bausch, convaincu qu'«il existe des possibilités technologiques pour exploiter ces centres de données d'une manière plus économe en ressources».

François Bausch: «Ce serait une erreur de dire simplement non à Google. Ce qui ne veut pas dire qu'on doit dire oui à tout».
François Bausch: «Ce serait une erreur de dire simplement non à Google. Ce qui ne veut pas dire qu'on doit dire oui à tout».
Photo: Lex Kleren

Il est persuadé que le Luxembourg «pourrait jouer un rôle de pionnier» mais à ce stade, «la discussion sur le projet est difficile car nous ne savons pas si Google va venir et quel sera le véritable projet». Mais aux yeux du ministre «ce serait une erreur de dire simplement non à Google. Ce qui ne veut pas dire qu'on doit dire oui à tout».  

Développer encore le covoiturage

Comme il le répète à souhait, le ministre de la Mobilité explique que les problèmes de transport ne peuvent se résoudre via un seul levier mais par la combinaison de plusieurs formes de mobilité. Ce mercredi, il a présenté la réorganisation des bus RGTR qui doit devenir réalité en 2021. 

Un concept qui repose sur «de nombreuses lignes de bus express. Un premier projet concerne l'itinéraire Gonderange-Kirchberg: le matin on entre dans la ville, le soir on en ressort. Nous installerons des feux tricolores intelligents qui amélioreront la circulation des bus. Et dans les zones rurales, nous développons un concept pour les bus collectifs».

Il reconnaît du bout des lèvres qu'«il faut encore pousser un peu le covoiturage», en parlant du projet CoPilote lancé en mai 2018 mais qui connaît un coup de mou. Son souhait est de faire participer davantage d'entreprises.

Pour l'utilisation de la bande d'arrêt d'urgence par les autoroutes et le covoiturage, «nous démarrerons avec la partie Luxembourg-Steinfort qui servira de projet-pilote».

 La question qui se pose est de savoir dans quelle mesure nous protégeons le droit à la propriété?

La pression sur le foncier, reconnaît le ministre «est énorme». «En tant qu'État, nous voulons adopter une approche plus proactive afin d'avoir accès aux terrains, que ce soit pour la construction de logements ou pour des infrastructures publiques», pose François Bausch qui suggère une approche préventive et planifier les infrastructures parallèlement au développement de lotissements.

A Esch-Schifflange par exemple où les premiers habitants arriveront en 2025, «des espaces sont déjà réservés pour la construction d'une école».

 La question plus générale qui se pose aujourd'hui aux yeux de M. Bausch est: «Dans quelle mesure protégeons-nous le droit à la propriété ? Aucun autre pays ne protège ce droit autant que le Luxembourg». 

Dans le cas du Nordstadlycée, le critère «d'utilité publique» est «fixé dans la loi. C'est la première fois que nous prévoyons la procédure d'expropriation pour la construction de bâtiments. Il ne s'agit pas d'enlever la terre à ses propriétaires sans les indemniser. Mais nous devons fixer des limites», pose le ministre.

Il explique que sa collège Sam Tanson, ministre du logement (déi Gréng) est en train d'«élaborer des pistes» pour faire appliquer à l'avenir le critère de l'utilité publique dans le cadre de la construction de logements.

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