Changer d'édition

«Nous ne devons pas refaire les mêmes erreurs»
Luxembourg 1 3 min. 01.05.2020

«Nous ne devons pas refaire les mêmes erreurs»

Pour son premier discours de 1er Mai, Nora Back a demandé la mise en place d'une tripartite nationale et l'absence du retour de politique d'austérité.

«Nous ne devons pas refaire les mêmes erreurs»

Pour son premier discours de 1er Mai, Nora Back a demandé la mise en place d'une tripartite nationale et l'absence du retour de politique d'austérité.
Photo: Pierre Matgé
Luxembourg 1 3 min. 01.05.2020

«Nous ne devons pas refaire les mêmes erreurs»

Pour son premier discours du 1er Mai, Nora Back, présidente de l'OGBL, s'est voulue offensive en affichant une intransigeance quant au retour supposé d'une politique d'austérité une fois la pandémie passée.

(Jmh avec Annette Welsch) - «Un 1er mai sans message politique était et reste impensable pour l'OGBL», affirme d'entrée Nora Back lors de son premier discours en tant que présidente du principal syndicat du pays. Et si ce dernier reste marqué par l'impact de la pandémie de coronavirus, la chef de file de l'OGBL entend «voir au-delà». Comprenez défendre une vision marquée par la lutte «contre les inégalités sociales et la détérioration des conditions de vie».

Saluant les efforts accomplis par tous ceux qui sont touchés de près ou de loin par le virus, Nora Back n'a pas manqué de rappeler que le gouvernement avait, jusqu'à présent, «accordé 29 dérogations au droit du travail et publié 41 arrêtés grand-ducaux» dans le cadre de l'état de crise. Si le recours au chômage partiel à tous les secteurs d'activité, le gel des licenciements pour les personnes en chômage partiel ou la mise en place d'un congé spécial pour raison familiale sont largement soutenus car «constituent des réponses à des demandes de l'OGBL», la présidente ne mâche pas ses mots sur le passage à 60 heures hebdomadaires dans 14 secteurs considérés comme essentiels.


Qui veut travailler 60 heures par semaine?
Déjà 19 entreprises ont déposé une demande auprès du ministère du Travail pour que leurs salariés puissent allonger leur temps de travail hebdomadaire. Une mesure temporaire durant l'état de crise.

«C'était une mauvaise décision et inutile», affirme Nora Back qui réitère son opposition à cette possibilité mise en place par Dan Kersch (LSAP), ministre du Travail, «va donner envie à divers employeurs de l'exiger pour leur secteur également ou de penser qu'il pourrait continuer ainsi». Une ligne rouge claire pour le syndicat qui assure qu' «il n'y aura pas de détérioration de la loi sur le temps de travail». Autre jalon syndical posé ce vendredi, la volonté de voir se mettre en place une tripartite nationale et «éviter de refaire les mêmes erreurs que celles commises après la crise de 2008-2009».

Autrement dit, éviter à tout prix «la mise en place d'une politique d'austérité». Raison pour laquelle l'OGBL appelle le gouvernement à renforcer le pouvoir d'achat des ménages les plus fragiles et de s'appuyer sur une politique d'investissements publics. Cela passerait donc par une réévaluation des allocations familiales et de l'allocation de vie chère, mais aussi un soutien étatique pour la construction de logements pour influer sur les prix du marché. A l'inverse, de nouvelles réductions d'impôts pour les entreprises ne sont pas vues d'un bon œil, Nora Back estimant que «les entreprises ne peuvent plus recevoir de cadeaux alors que les particuliers continuent de payer».


Baustelle Tram und geschlossene Geschäfter im Garer Viertel, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
Le chômage partiel, un outil de plus en plus utilisé
Depuis la mi-avril, le nombre des sociétés qui ont eu recours à ce dispositif est passé de près de 10.000 à environ 15.000. La réduction des activités, due à la crise du coronavirus, a eu pour effet le déblocage de fonds supplémentaires du gouvernement.

Un appel à «plus de justice fiscale» qui passe également par une hausse du salaire social minimum et un renforcement du droit pour les négociations collectives pour permettre le maintien, dans certaines entreprises, du chômage partiel au-delà de la pandémie. Si Nora Back assure qu'«aider les entreprises, c'est aider les salariés», elle estime que cela doit se faire sous certaines conditions. Le maintien des emplois, le gel des licenciements pendant la durée de l'aide et le remboursement de la majeure partie des fonds perçus.

«C'est l'argent public qui est investi dans les entreprises et nous devons récupérer cet argent lorsque les entreprises se portent à nouveau bien», affirme la présidente de l'OGBL qui réaffirme sa volonté de convoquer une tripartite nationale qui reste «l'instrument anticrise par excellence pour trouver ensemble des solutions».

Les vidéo 360 ne sont pas supportées. Voir la vidéo 360 dans l'app Youtube.


Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

«Il faut renforcer le pouvoir d'achat»
Suite au premier comité national de l'OGBL durant la crise sanitaire, Nora Back, sa présidente, a réalisé un état des lieux de la tripartite. Elle appelle notamment à davantage de mesures pour aider les ménages.
Politik, Pressekonferenz OGBL Nationalcomité, Nora Back, foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
«Nous avons besoin de plus de justice sociale»
Dans son discours du 1er Mai, Patrick Dury, président du syndicat chrétien-social, appelle à de nouvelles mesures destinées à protéger les salariés des conséquences négatives de la crise sanitaire et économique actuelle.
LCGB, virtuelle 1.-Mai-Kundgebung mit Rede P-Dury  - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
Le chômage partiel, un outil de plus en plus utilisé
Depuis la mi-avril, le nombre des sociétés qui ont eu recours à ce dispositif est passé de près de 10.000 à environ 15.000. La réduction des activités, due à la crise du coronavirus, a eu pour effet le déblocage de fonds supplémentaires du gouvernement.
Baustelle Tram und geschlossene Geschäfter im Garer Viertel, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
La semaine de 60 heures désormais possible
Le ministre du Travail, Dan Kersch a annoncé de nouvelles mesures sociales ce vendredi. Outre un régime de chômage partiel revalorisé, le temps de travail quotidien des personnels de santé et d'autres professions pourra atteindre les douze heures par jour.
Coronavirus - Schutzmaßnahmen für supermarkt Mitarbeiter - Cactus - Belle-étoile  - COVID-19 - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
Dans la crainte d'une crise sociale
Le ministre du Travail et les partenaires sociaux avaient rendez-vous, ce mardi. Il s'agissait de préparer l'après-crise en essayant de modérer les effets négatifs sur l'emploi. Les licenciements dans les entreprises effectuant du chômage partiel pourraient ainsi être interdits.
Visite Luxlait, Besichtigung neues Hochregallager. Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
N'appelez plus André Roeltgen, président
En six ans à la présidence de l'OGBL, le syndicaliste en aura mené des tables rondes, des rencontres, des luttes et des moments de partage. Avant de transmettre le flambeau à Nora Back, l'Eschois revient sur les temps forts de son engagement.
André Roeltgen - Président OGBL - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort