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«Nous mangeons les vaches mais dorlotons les chiens»
Luxembourg 4 2 min. 19.08.2019

«Nous mangeons les vaches mais dorlotons les chiens»

Plus de 60.000 animaux ont été abattus entre avril et juin 2018 au Grand-Duché. L'année suivante, le Ministère de l'Agriculture, en dénombre plus de 61.000.

«Nous mangeons les vaches mais dorlotons les chiens»

Plus de 60.000 animaux ont été abattus entre avril et juin 2018 au Grand-Duché. L'année suivante, le Ministère de l'Agriculture, en dénombre plus de 61.000.
Photo: Animal Dignity Luxembourg
Luxembourg 4 2 min. 19.08.2019

«Nous mangeons les vaches mais dorlotons les chiens»

Près de 150 personnes ont manifesté, samedi dernier, pour défendre la cause animale lors de l'«Animal Rights March». Retour sur cette manifestation avec Céline Flammang, présidente de l'asbl organisatrice «Animal Dignity Luxembourg».

Si l'an dernier l'«Animal Rights March» avait réuni une quarantaine de personnes pour sa première édition, elles étaient quelque 150 ce samedi à Luxembourg-ville. Comment expliquez-vous cette évolution ?

Céline Flammang: «Nous constatons en effet un changement, certainement lié au mouvement pour le climat. Les deux causes sont en effet inséparables et de nombreuses personnes s’engagent sur les deux fronts. 

En parallèle, le nombre de restaurants végans augmente; il existe une épicerie végane qui a ouvert et les supermarchés proposent de plus en plus d’alternatives végétariennes. Il y a donc clairement une demande de la part des consommateurs, de plus en plus nombreux à décider de remplacer en partie ou totalement des produits sur base animale par des produits à base de plantes. 


L'avenir de la planète passera par nos assiettes
Pour lutter contre le changement climatique et nourrir la planète, le Giec préconise de modifier la composition de notre alimentation et valorise le régime végétarien.

Les 150 manifestants, qui ne venaient pas tous du Grand-Duché, ne représentent qu'une modeste partie de la population. Le chemin vers l'adoption majoritaire de vos idées reste encore long...

Notre objectif est de sensibiliser à la souffrance animale et à l’impact sur l’environnement que comporte un mode de vie basé sur la consommation et l’exploitation d’animaux. 

Nous sommes d’avis que le plaisir culinaire ou l’élégance vestimentaire de l’homme ne justifie pas que l’on ôte la vie à un être doté d’émotions et de capacités cognitives, dont la science démontre de plus en plus les similarités avec l’être humain.

Pour nous, il n’y a pas de différence de «valeur» entre un chien et une vache qui justifierait que l’on mange l’une et que l’on dorlote l’autre. 

Quels gestes devrions-nous mettre en place pour réduire cette cruauté ?

Si beaucoup d’efforts ont été faits, comme la nouvelle loi sur la protection des animaux, il ne s’agit que d’une étape. Nous souhaitons un monde où les animaux n’ont plus vraiment besoin de notre protection parce qu’ils ne sont plus utilisés, emprisonnés et tués par l’homme. 

Nous sommes évidemment conscients qu’il s’agit là d’une vision idéale. Mais nous pensons que la plupart des personnes auraient par exemple du mal à abattre elles-mêmes un animal pour le manger. Il faut donc rétablir le lien entre un choix de consommation et le vécu de l’animal derrière puisque nous n’associons pas automatiquement l’entrecôte sur l’assiette à un animal avant sa mort. Or, il s’agit toujours in fine d’une vie anéantie, de millions de vies anéanties en fait.»

Propos recueillis par Amélie Pérardot.



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