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«Nous devons donner une voix aux enfants»
Luxembourg 3 min. 16.03.2021 Cet article est archivé

«Nous devons donner une voix aux enfants»

 Chez les enfants, le sentiment de bien-être est passé de 97% avant la crise sanitaire, à 67%.

«Nous devons donner une voix aux enfants»

Chez les enfants, le sentiment de bien-être est passé de 97% avant la crise sanitaire, à 67%.
Photo: Getty Images
Luxembourg 3 min. 16.03.2021 Cet article est archivé

«Nous devons donner une voix aux enfants»

La psychologue Pascale Engel de Abreu a participé à l'étude Covid Kids, étudiant l'impact de la crise sanitaire sur les plus jeunes. Une étude réalisée entre mai et juillet 2020 mais qui devrait, selon elle, être prolongée afin de mieux connaître les répercussions psychologiques chez les enfants.

(m.d. avec David Thinnes) Avec sept autres collègues de l'Uni, la pédopsychologue Pascale Engel de Abreu a étudié le bien-être des enfants et des adolescents pendant la crise sanitaire. Baptisée Covid Kids, cette analyse menée entre mai et juillet 2020 a tenté d'identifier les problèmes des plus jeunes et de trouver les moyens de les aider. Un travail que l'équipe aimerait poursuivre, mais qui se heurte à un manque de moyens financiers.


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Pourquoi l'Université du Luxembourg a-t-elle réalisé une étude sur le bien-être des enfants et des jeunes ?

Pascale Engel de Abreu - «Nous devons donner une voix aux enfants. Il s'agit d'un droit fondamental. Dans cette étude, nous avons interrogé les enfants eux-mêmes, et non les parents ou le personnel de l'école. On parle beaucoup des enfants, mais dans ce cas, ils ont pu s'exprimer directement. L'étude a révélé qu'un tiers des enfants interrogés avaient peur qu'eux-mêmes ou un de leurs proches tombe malade. 

Cela vous a surpris ? 

«Nous n'avions pas prévu ce résultat. Mais il est également vrai que la peur n'est pas nécessairement une mauvaise chose. Il est normal que les enfants aient peur, mais elle ne doit pas les rendre malades. C'est pourquoi il est important de sensibiliser le public. En parler est important, mais il faut le faire avec un langage adapté à chaque âge, ce qui n'est pas facile. Les parents doivent aussi toujours être conscients que les enfants entendent beaucoup de discussions à la maison ou dans les médias. Parfois, nous sous-estimons les enfants. Cependant, les enfants ne doivent pas être enveloppés dans du coton et la question du covid ne doit pas leur être cachée. 


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Le bien-être des enfants a diminué, il est passé de 96 % avant la pandémie à 67 % pendant la crise. Ce résultat a-t-il confirmé vos suppositions de départ ? 

«Oui, c'est le cas. Nous voulions principalement identifier les différents facteurs qui sont liés au bien-être. Et à partir de ceux-ci, vous pouvez mettre en place une assistance, une aide pour ces enfants.

Quel est, selon vous, le résultat le plus positif de cette étude ?

«C'est la façon dont les adultes écoutent les enfants. Il y a ici une corrélation avec le bien-être. Les enfants sont plus heureux lorsqu'ils sont écoutés. C'est aussi un beau message pour les parents, pour le personnel scolaire et les éducateurs. Écouter n'est pas facile, mais tout le monde peut le faire. Et les différences sociales n'ont pas d'importance : vous n'avez pas besoin du dernier iPhone pour écouter. L'écoute consiste également à faire participer les enfants aux décisions. Ils doivent avoir l'impression de contrôler leur vie - dans une certaine mesure, du moins. 


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De nombreux parents travaillent depuis leur bureau à domicile. Dans quelle mesure cela affecte-t-il le bien-être des enfants ? 

«La routine quotidienne de nombreux parents est différente pendant la pandémie et ils subissent beaucoup de stress. Les enfants ont souvent l'occasion d'entendre : 'Non, pas maintenant, après.' C'est normal de donner des limites aux enfants.  Mais souvent, il est difficile de rattraper le temps perdu. Il est parfois utile d'éteindre tous les appareils numériques et, par exemple, de lire un livre. 

Y aura-t-il une étude de suivi ? 

«Le bien-être est un sujet important et reste d'actualité. Idéalement, une autre étude devrait être menée. Toutes les personnes impliquées ont décidé que nous voulions poursuivre les recherches. Mais nous avons besoin de fonds de recherche, qui n'existent pas pour l'instant. On parle beaucoup de l'impact médical et économique de la recherche dans la crise du covid. Mais la recherche avec les enfants est également importante et ne doit pas être oubliée. Si la volonté est là, nous aimerions continuer à y travailler. Mais sans soutien financier, ce travail est limité.»

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