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Neuf éoliennes pourraient pousser dans le Sud
Un des sept parcs éoliens gérés par Soler se trouve à Heinerscheid.

Neuf éoliennes pourraient pousser dans le Sud

Photo: Gerry Huberty
Un des sept parcs éoliens gérés par Soler se trouve à Heinerscheid.
Luxembourg 4 min. 23.02.2018

Neuf éoliennes pourraient pousser dans le Sud

Le panorama du Sud du Luxembourg pourrait bientôt laisser de grandes éoliennes prendre la place des hauts-fourneaux. Si toutefois les plans de Sudwand SA devenaient réalité. Ils prévoient l'érection de neuf éoliennes dans cinq communes.

Par Nicolas Anen - (trad. Maurice Fick)

Le panorama du Sud du Luxembourg pourrait bientôt laisser de grandes éoliennes prendre la place des hauts-fourneaux. Si toutefois les plans de Sudwand SA devenaient réalité. Ils prévoient l'érection de neuf éoliennes dans cinq communes.

Celui qui demande la fermeture de la centrale nucléaire de Cattenom doit aussi être disposé à opter pour de nouvelles solutions a expliqué, en substance, Georges Engel, le bourgmestre de Sanem, lors de la réunion d'information mercredi soir à l'hôtel de ville de Belvaux. Georges Engel a calculé qu'il faudrait quatre à cinq éoliennes à Sanem pour que ses habitants soient autonomes en production d'électricité.

De Dippach à Roeser

Mais le projet de Sudwand SA n'en prévoit pas tant. En se basant sur les premières études de potentiel et de faisabilité, la société a sélectionné neuf sites dans cinq des quatorze communes du réseau Sudgaz. Les neuf éoliennes se répartiraient ainsi:    

  • deux à Sanem
  • deux à Mondercange
  • trois à Roeser,   
  • une à Dippach,    
  • et une à Réckange-sur-Mess.

Des représentants des deux entreprises sillonnent actuellement les cinq communes pour y organiser des réunions d'information. La prochaine et la dernière aura lieu ce lundi 26 mars à 19h30 à Roeser. Là, ils expliquent comment l'idée est née chez Sudgaz.

Soler exploite déjà sept parcs éoliens et 42 éoliennes au Luxembourg.
Soler exploite déjà sept parcs éoliens et 42 éoliennes au Luxembourg.
Photo: Gerry Huberty

«Il existait déjà des projets individuels mais la plupart du temps les emplacements possibles se trouvaient en limite de ban communal, de sorte que la commune voisine était concernée. Du coup, nous avons donc opté pour une approche régionale», explique Alain Fürpass, directeur de Sudgaz.

Les deux éoliennes qui pourraient voir le jour à Sanem sont effectivement en limite de ban. Les deux doivent être érigées entre Sanem et Limpach, au nord de la WSA. Non loin de là serait aussi érigée l'une des deux éoliennes sur le ban de Mondercange.

Le Milan noir menacé?

Plusieurs citoyens, parmi lesquels le garde-forestier Claude Assel, ont attiré l'attention sur le fait que l'on a précisément observé à cet endroit une population anormalement élevée en Europe, de Milans noirs. Notamment dans la zone où l'on produit du gazon artificiel.

Un représentant des Amis de l'Histoire a souligné que dans le voisinage d'une des zones retenues par le projet, était enfouie une villa romaine.

À quoi l'ingénieur Guy Uhres a répondu qu'à présent une étude d'impact complète sur l'environnement allait être effectuée. Les résultats sont attendus pour la fin de l'année. Ce n'est qu'ensuite qu'il sera décidé si les éoliennes peuvent être construites sur les sites potentiels. «Nous ne voulons pas construire à tout prix neuf éoliennes», assure Alain Fürpass. La compatibilité environnementale et l'acceptation par les citoyens sont des prérequis pour ces projets.

A 850 mètres d'une exploitation agricole

L'une des éoliennes doit être construite à environ 850 mètres de la ferme «Uerschterhaff». Un citoyen a fait remarquer qu'en Allemagne, une distance minimale de 2 km entre l'éolienne et une zone habitée était de rigueur. L'ingénieur Laurent Winkin, a précisé que c'était le cas pour les parcs éoliens en Allemagne. Dans ce cas le bruit produit par les éoliennes s'additionne. Ce n'est pas le cas ici, car le projet de Sudwand est composé d'éoliennes individuelles.

De l'électricité pour 1.400 foyers

Le parc éolien nécessiterait une enveloppe globale d'environ 5,5 millions d'euros. Sa capacité de production avoisinerait les 3.000 kilowatts et produirait de l'électricité pour environ 1.400 ménages. Après une année de fonctionnement, les communes et les citoyens auraient la possibilité d'entrer dans le capital.

On disposera à ce moment-là de valeurs fiables. Si les études et les procédures d'approbation avancent conformément aux attentes, la construction des éoliennes devrait commencer en 2020. Une connexion au réseau serait envisageable pour fin 2020. De telles éoliennes ont une durée de vie de vingt ans. Après quoi, il faut changer les mâts à cause des vibrations.

Une vraie opposition ne s'est pas fait entendre contre le projet mercredi lors de la réunion d'information.