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«Ne pas stresser les enfants»
Luxembourg 2 min. 14.05.2020 Cet article est archivé

«Ne pas stresser les enfants»

Gilbert Pregno est psychologue et président de la commission consultative des droits de l'homme.

«Ne pas stresser les enfants»

Gilbert Pregno est psychologue et président de la commission consultative des droits de l'homme.
Photo: Guy Jallay
Luxembourg 2 min. 14.05.2020 Cet article est archivé

«Ne pas stresser les enfants»

S'il se dit favorable à l'ouverture des écoles et des garderies, le psychologue Gilbert Pregno ne cache toutefois pas quelques inquiétudes qu'il explique au «Wort» dans une interview.

(ASdeN avec Michèle Gantenbein) - Permettre aux enfants de retrouver un peu de normalité. Voilà l'un des arguments de Gilbert Pregno. Car si la rentrée des classes continue d'inquiéter les parents, le psychologue juge lui important la reprise de la scolarité et l'ouverture des structures d'accueil. Pour autant, il n'en oublie pas quelques cas particuliers, à commencer par les tout-petits. 

Pour les plus jeunes, la reprise doit en effet se faire en douceur. Pour l'expert, une période de familiarisation est indispensable pour les moins de quatre ans. «On ne peut pas séparer les petits enfants de leurs parents du jour au lendemain», argumente-t-il. Une phase d'adaptation qui dure généralement de une à trois semaines, applaudissant du même coup la décision du ministre de l'Education de prolonger le congé spécial pour raisons familiales pour les parents de jeunes enfants. 

Une prudence de mise

Mais pas question de reprendre l'école sans des mesures sanitaires strictes. Parmi elles, le port du masque. Un geste barrière qui préoccupe Gilbert Pregno. Car selon lui, les jeunes enfants, et en particulier les bébés, ont besoin de voir le visage de ceux qui s'occupent d'eux afin de créer un lien. «Lorsque les soignants portent des masques, cela engendre beaucoup de stress pour les enfants.», détaille l'expert qui conseille aux parents d'habituer les plus jeunes à cette protection buccale, dans l'environnement familial, mais surtout de manière ludique. 

Pour les enfants de cycle 1, les inquiétudes sont autres. Gilbert Pregno s'interroge ainsi sur la nouvelle organisation de leur journée. En classe de 8 heures à 13 heures, une partie d'entre eux passeront ensuite l'après-midi dans des foyers d'accueil, parfois jusqu'au soir. Une «charge importante» pour les enfants, alerte le psychologique, appelant les parents à être «prudents».

Car, rappelle-t-il, si «l'école est structurée et les enfants connaissent leur professeur», dans les foyers, ce n'est pas toujours le cas. Le psychologue craint ainsi que les enfants se retrouvent avec des personnes qu'ils ne connaissent pas, voire qui pourraient manquer, pour certains, d'expérience avec les plus jeunes enfants. Là encore, prévient-il, cela peut «engendrer beaucoup de stress». 

Un retour à l'école important

Quant aux enfants souffrant d'un handicap ou ayant des besoins spécifiques, Gilbert Pregno s'interroge : «Comment cela va-t-il fonctionner ?». Car s'il fait pleinement confiance à la sensibilité et au dévouement des enseignants et des éducateurs, «en réalité, la formation et la prise en charge de ces enfants dans les conditions de sécurité prescrites seront très difficiles à mettre en œuvre».

Malgré ces problématiques, le psychologue reste tout de même convaincu de l'importance d'une rentrée en mai. Et s'il affirme comprendre la crainte des parents, «la peur ne sera pas moins grande en septembre si nous gardons les écoles fermées maintenant».

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