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Moustique tigre et chenille urticante comme à la maison
Luxembourg 3 min. 16.07.2019

Moustique tigre et chenille urticante comme à la maison

Le moustique tigre n'est pas porteur de maladie, au Luxembourg.

Moustique tigre et chenille urticante comme à la maison

Le moustique tigre n'est pas porteur de maladie, au Luxembourg.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 16.07.2019

Moustique tigre et chenille urticante comme à la maison

Maurice FICK
Maurice FICK
La météo favorise la prolifération de la processionnaire du chêne tandis que le tourisme facilite l'arrivée du moustique tigre dans nos régions. Le point sur les risques pour la santé et la prise en compte de ces phénomènes par les autorités en cinq questions.

Particulièrement présente cet été en Lorraine, la processionnaire du chêne a été signalée dans plusieurs quartiers de la Ville de Luxembourg. Celle-ci avait d'ailleurs été contrainte de fermer l'aire de jeux située rue de Bridel au «Bambësch» pour en retirer 288 nids de chenilles à poils urticants. Quant au moustique tigre, qui s'étend largement en Europe, «il n'y aucune raison que le Luxembourg soit épargné», estime le Dr Jean-Claude Schmit, Directeur de la santé .

Ces «nouveautés» sous nos latitudes sont-elles liées au réchauffement climatique ?

Dr Jean-Claude Schmit: «Les températures élevées favorisent évidemment le développement des moustiques en général. Cependant, l’introduction de nouvelles espèces dans nos régions semble essentiellement favorisée par le transport international de produits (par exemple des pneus usés qui contiennent des restes d’eau de pluie à l’intérieur, contaminés par des œufs de moustiques), le tourisme (les moustiques se déplaçant alors en voitures, bus ou même avions) comme par le changement climatique.

Ces moustiques peuvent-ils survivre désormais au Luxembourg?

Dr Jean-Claude Schmit: Oui, ces moustiques s'acclimatent sous nos climats. Ceci n’est pas un nouveau phénomène, au Moyen Âge déjà certaines régions du nord de l’Europe étaient contaminées notamment par des moustiques qui transmettaient alors la malaria.

Y a-t-il un risque accru de contracter une maladie?

Dr Jean-Claude Schmit: «Actuellement non. Les moustiques présents au Luxembourg ne sont pas porteurs d'infections. Afin qu’il y ait un risque de santé publique, il faut en effet deux conditions : primo que le « bon » moustique soit présent et secundo, que ce moustique soit porteur d’un virus ou parasite qui peut être dangereux pour l’homme. Donc, le simple fait d’avoir des moustiques tigres ne constitue pas encore un danger sanitaire pour l'heure.

Dr Pierre Weicherding: «Une influence du changement climatique sur la propagation de la processionnaire du chêne n’est pas encore démontrée scientifiquement, mais semble bien jouer un rôle important».
Dr Pierre Weicherding: «Une influence du changement climatique sur la propagation de la processionnaire du chêne n’est pas encore démontrée scientifiquement, mais semble bien jouer un rôle important».
Photo: Rédaction LW

Les autorités sanitaires font-elles des contrôles ? 

Dr Jean-Claude Schmit: Le projet d’établissement d’une carte des moustiques au Luxembourg se réalise par la collaboration du ministère de l’Environnement, du Naturmusée et de la Direction de la santé. Un travail mené avec un expert suisse. Les relevés réalisés n’ont pas encore permis de détecter le moustique tigre en 2019.

À partir de 2020, un système de surveillance systématique, notamment dans les aires d’autoroute et les gares de trains ou de bus internationaux, sera mis en place par la Direction de la santé.»


 

 


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