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Moins d'arrêts mais des absences plus longues
Luxembourg 3 min. 17.02.2021

Moins d'arrêts mais des absences plus longues

Le respect des gestes barrières a permis aussi de limiter la propagation d'autres infections cet hiver. Moins de cas de grippe et de gastro-entérite par exemple.

Moins d'arrêts mais des absences plus longues

Le respect des gestes barrières a permis aussi de limiter la propagation d'autres infections cet hiver. Moins de cas de grippe et de gastro-entérite par exemple.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 17.02.2021

Moins d'arrêts mais des absences plus longues

La crise covid a bouleversé les modes de travail et vu se multiplier les possibilités de se mettre en retrait de son activité (infection, congé pour raison familiale, quarantaine). Mais ce n'est pas pour autant que les salariés ont déserté leur poste. Au contraire.

(pj avec Marlène BREY) En juillet dernier, l'Inspection générale de la sécurité sociale relevait le bond des arrêts des salariés dans la première partie de l'année 2020. Le covid, telle une boule de bowling, étant venu bouleverser non seulement la santé de nombreux salariés mais aussi leur rythme de travail. Mais la tendance ne s'est guère prolongée si l'on en croit les dernières données de l'IGSS. «Ainsi, le nombre de travailleurs en congé maladie a diminué, alors que la durée de l'absence, elle, augmente», résume Thierry Mazoyer.


An Israeli health worker administers a dose of the Pfizer-BioNtech Covid-19 vaccine at Clalit Health Services, in a gymnasium in the central Israeli city of Hod Hasharon, on February 4, 2021. - Initial data from Israel's coronavirus vaccination campaign shows the Pfizer/BioNTech jab protects against serious illness, but it is not yet clear whether it slows transmissions or spells progress toward achieving herd immunity, experts say. The Jewish state is carrying out what is widely described as the world's fastest vaccination campaign per capita, watched closely by experts worldwide. (Photo by JACK GUEZ / AFP)
Les entreprises peuvent vacciner... «théoriquement»
Si le Luxembourg a lancé sa campagne de vaccination anti-covid depuis cinq semaines, aucune société n'a encore proposé l'injection anti-covid à ses salariés. Et pour cause : impossible de s'en procurer.

Ainsi, si l'activité des entreprises ou des administrations a été freinée par de l'absentéisme, ce n'est pas en raison de la multiplication des individus devant quitter leur poste. Ce nombre a même eu tendance à baisser, si l'on compare les périodes d'avril à octobre 2019 et 2020. De l'ordre de -16%.

Par contre, le nombre de jours où cette main-d'oeuvre a manqué, lui, a considérablement augmenté. De l'ordre de 37%. Autrement, toujours en comparaison avec l'année précédente, les arrêts enregistrés en 2020 duraient un tiers de temps en plus. C'est que bien souvent il n'a pas été question d'arrêts très limités pour soigner un bobo ou laisser passer un petit rhume. 

Certains salariés ont dû renoncer à travailler du fait d'une infection au covid, d'autres parce qu'ils ont été repérés comme cas contact dans le cadre du tracing. La semaine dernière encore, le ministère de la Santé faisait état de 2.155 personnes se trouvant en isolement et 4.295 en quarantaine. Mais au pic de la crise, en fin d'automne, ces données étaient bien plus élevées encore.

La bascule vers le télétravail a aussi nui à la diffusion de certaines infections habituelles. Tout comme le respect des gestes barrières. Ainsi, le pays (et donc les entreprises) n'a quasiment pas été impacté par des cas de grippe saisonnière. La gastro-entérite, particulièrement contagieuse généralement sur les lieux de travail, a elle aussi fait beaucoup moins de dégâts que traditionnellement.


7% de la population immunisée contre le covid-19
Contrairement aux idées reçues, si une frange de la population a déjà été infectée par le virus, cela n'implique pas pour autant qu'elle est désormais protégée contre le covid-19. Tout comme son entourage. Explications avec le virologue Thomas Dentzer.

Reste que le télétravail n'est pas forcément la panacée sanitaire à tous les maux. Comme le souligne Jean-Luc De Matteis, secrétaire général de l'OGBL : «On sait que cette pratique pousse à faire plus d'heures. Ce qui, à la longue, peut vous affaiblir au point de tomber malade». Pour le syndicaliste, un des autres facteurs à ne pas négliger est la santé mentale du salarié en home-office. «Certains employeurs mettent la pression.» Quand ce n'est pas le salarié, lui-même, qui change son rapport à la maladie. «A la maison, on a tendance à faire moins attention à certains signes (fatigue, maux de tête, mal de ventre) en pensant ''oh, je vais me débrouiller'' mais au final il faut bien comprendre que, même en télétravail, on peut tomber malade!»

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