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Moi, Alexandre, 23 ans, volontaire pour Con-Vince
Luxembourg 3 min. 17.04.2020 Cet article est archivé

Moi, Alexandre, 23 ans, volontaire pour Con-Vince

Inscrit lundi pour suivre l'étude scientifique, Alexandre Couderc a immédiatement été intégré au panel de "cobayes".

Moi, Alexandre, 23 ans, volontaire pour Con-Vince

Inscrit lundi pour suivre l'étude scientifique, Alexandre Couderc a immédiatement été intégré au panel de "cobayes".
Photo : DR
Luxembourg 3 min. 17.04.2020 Cet article est archivé

Moi, Alexandre, 23 ans, volontaire pour Con-Vince

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Ce jeune informaticien a choisi de s'inscrire pour subir les tests en lien avec les recherches menées au Luxembourg sur la propagation du covid-19. Une démarche «sans peur et pleine d'espoir».

Ce vendredi, vers 8h, Alexandre Couderc a rendez-vous pour une prise de sang. La première ponction d'une longue série. Le premier acte, en fait, de sa participation à l'étude Con-Vince débutée cette semaine au Grand-Duché pour en savoir plus sur la diffusion de ce coronavirus dans le pays. Comme lui, ils seront 1.500 hommes et femmes, tous majeurs, à se plier au protocole voulu par les scientifiques. «Je suis français d'origine, habitant dans la capitale, mais dès que j'ai su qu'il y avait ces recherches, je me suis dit que j'avais un rôle à jouer.»

A 23 ans, voilà donc le jeune ingénieur en informatique s'inscrivant sur le site de TNS Ilres pour faire partie du panel de «cobayes ». Car c'est bien via l'institut de sondage national que les scientifiques déterminent, depuis quelques jours, les sujets qui suivront la série d'expériences. Ces analyses devant permettre d'analyser non seulement le taux de contamination parmi la population, mais aussi les défenses immunitaires éventuellement développées par celles et ceux que le covid-19 aurait infectés. 


Prof. Rejko Krüger - Parkinson-Erkrankung - Photo : Pierre Matgé
L'étude CON-VINCE a débuté au Grand-Duché
Le pays va se lancer dans une série de tests pour mieux comprendre comment le covid-19 se propage. Le chef du projet, le Pr Krüger, explique en quoi consistera cette enquête menée d'abord sur 1.500 personnes.

Son cas personnel compte peu dans la motivation du jeune homme. Si certains résultats lui permettront certainement de savoir s'il a été frappé ou non par le virus, cet Alsacien agit d'abord «pour se rendre utile». Comme il le fait déjà comme donneur de sang depuis sa majorité. Il faut d'ailleurs préciser que l'étude n'est pas rémunérée. «Rien à gagner donc», balaye-t-il par avance.

Lui veut agir pour la communauté. Et même s'il n'a jamais fait l'objet d'autres tests cliniques, c'est en toute confiance qu'il se porte volontaire. «Il y a possibilité d'arrêter à tout moment, mais ce n'est pas le but. Juste être utile dans cette période particulière.» Alors va pour les questionnaires à remplir sur sa vie privée, son état de santé et cette batterie d'examens qui l'attendent sur un an, au moins.

L'épidémie, le jeune homme sait qu'il l'a frôlée. En se rendant chez ses parents dans le Haut-Rhin début mars, juste avant l'explosion des cas dans le Nord-Est de la France, ou en côtoyant ce collègue belge qui, lui, a été atteint par l'infection pulmonaire. Non touché ou asymptomatique? Pour l'heure, Alexandre ne sait pas quel est son statut médical. «Je sais seulement que personne n'est invulnérable actuellement face à cette maladie et si je me suis porté volontaire c'était bien pour que la recherche médicale puisse s'appuyer sur un sujet de plus.»

En attendant les premiers résultats, le jeune homme se dit heureux de passer son confinement au Grand-Duché. Quelques sorties individuelles, à vélo, lui permettant de goûter à la quiétude inhabituelle de la capitale. Et la comparaison avec ce qui se passe en France le conforte dans son choix de vie au Luxembourg. Sauf qu'à l'heure où le pays pleure déjà 68 victimes du coronavirus et où l'Europe reste le continent le plus touché par la pandémie, lui a choisi de donner de son temps, de son sang pour que la recherche - luxembourgeoise qui sait - finisse par trouver les armes pour terrasser la pandémie.

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