Modulation de l'index: l'OGB-L évoque la fin de la sérénité sociale

Le syndicat majoritaire a aussi abordé la réforme du système d'assurance pension

Photo: archives LW

Au lendemain de son comité national, l'OGB-L répète que le syndicat est fermement opposé au projet de loi de modulation de l'index, alertant sur le retard définitif de l'indexation sur l'inflation et appelant à la mobilisation nationale.

Pour l'OGB-L, le projet de loi engendre une perte significative du pouvoir d'achat pour 350.000 salariés et pensionnés. Pour le syndicat, il ne s'agit pas d'une mesure temporaire, car le projet introduit un élément structurel définitif en 2014.

"Nous avançons d'autres analyses par rapport à la crise économique actuelle", avance le président Jean-Claude Reding.

"Car même si les députés estiment qu'il y a un problème avec l'application de l'index en temps de crise, nous ne comprenons pas pourquoi on ne reporte pas l'indexation sur une seuile année - en l'espèce 2012 -, et puis ensuite procéder à une nouvelle analyse de la situation."

Pour l'OGB-L, ce projet de loi permettrait aux entreprises de dégager plus de 400 millions d'euros de bénéfices. Et le syndicat de déplorer le fait que le gouvernement ne demande aucune garantie aux entreprises quant à l'affectation de ces fonds (l'emploi? des investissements?).

Mais ce que regrette avant tout l'OGB-L, c'est qu'il ne s'agit pas que d'une mesure purement temporaire, dont les effets seraient limités dans le temps, car le projet de loi introduira fin 2014 un élément structurel définitif, du fait que la date fixée pour l'indexation annuelle en octobre n'est qu'une date artificielle, la "vraie" date correspondant à une inflation de 2,5% étant celle de février-mars.

Et, d'après le système mis en place dans le projet de loi, cette situation sera prolongée de manière définitive après fin 2014.

Le spectre du 16 mai 2009

Le risque avec ce système, déplore l'OGB-L, c'est qu'avec une inflation de 2,9% à 3%, cela corresponde à une perte définitive d'une tranche indiciaire.

En conséquence, le syndicat majoritaire va inciter pour la première fois ses délégués à négocier des compensations au niveau des conventions collectives de travail, histoire de compenser la perte de pouvoir d'achat chez les salariés.

Cette perte du pouvoir d'achat constitue un fait éminemment nouveau dans l'histoire sociale luxembourgeoise, qui correspond en quelque sorte à "la fin de la sérénité sociale" au pays, car, historiquement, le mécanisme indexatoire avait toujours agi comme un levier compensatoire.

Pour l'OGB-L, se trouvent donc là réunis tous les risques d'une situation sociale plus conflictuelle au Luxembourg. C'est pourquoi, le syndicat prévoit une grande campagne de sensibilisation et de mobilisation au niveau national pour s'opposer fermement à toute dégradation du pouvoir d'achat.

Et si les responsables de l'OGB-L ne veulent pas en arriver dans l'immédiat à de grandes manifestations, le spectre du 16 mai 2009 ne serait selon eux pas si loin.

La réforme du système d'assurance pension aussi sur le gril syndicaliste

Au menu du comité national de l'OGB-L tenu lundi à Esch-sur-Alzette, figurait également l'avant-projet de loi de réforme du système d'assurance pension.

Discuté en décembre dernier, ledit avant-projet devrait par ailleurs être finalisé et adopté ce vendredi lors du Conseil de gouvernement.

Sans surprise, l'OGB-L n'est pas satisfait avec cette réforme, qui, en gros, prévoit de devoir travailler plus longtemps qu'actuellement pour pouvoir bénéficier d'une pension complète. Selon, le syndicat majoritaire, il engendrera trop de pertes et de points négatifs pour les retraités du futur.

"A titre d'exemple", explique Carlos Pereira, "une personne à la retraite après 40 années de travail prestées toucherait 10 à 15% de moins qu'un retraité dans des conditions identiques aujourd'hui."

En outre, les problèmes sont multiples, qu'ils'agisse par exemple l'impact du fait que les jeunes d'aujourd'hui rentrent plus tard dans la vie active, ou bien encore au niveau des mesures à prendre pour maintenir les personnes âgées dans l'emploi, car le texte ne dit mot de la préretraite progressive, ni même d'une possible combinaison travail-pension.

En bref, selon l'OGB-L, il n'est pas question d'un projet innovant, mais purement basé sur une réduction maximale des dépenses.

Et le syndicat, soucieux de protéger le système de retraite sur le long terme, avance, par la voix de Carlos Pereira, qu'"il vaudrait mieux iontervenir au niveau des rentrées d'argent, avec par exemple, des cotisations plus élevées, dans l'optique de définir une quatrième voie de rentrée d'argent, en plus des trois piliers traditionnels: l'Etat, l'employeur et l'employé."

Et l'OGB-L pense notamment à des revenus autres que ceux des salaires (grosses fortunes, ...) comme voie nouvelle du côté des recettes, et ce, afin que la charge soit moins lourde à supporter pour les retraités actuels.