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Mobilité: Trop de voitures: les 5 solutions de François Bausch

Mobilité: Trop de voitures: les 5 solutions de François Bausch

Luxembourg 7 min. 20.01.2017

Mobilité: Trop de voitures: les 5 solutions de François Bausch

Bouchons, pollutions, accidents... La voiture, privilégiée par les Luxembourgeois mais aussi par les frontaliers, pose de nombreux problèmes. François Bausch, ministre des Infrastructures, a décidé d'agir face à ce fléau: application de covoiturage, car-sharing, panneaux signalétiques de déviations, abattement fiscal sur les véhicules non polluants... Il nous explique ce qui vous attend pour l'année 2017.

Par Sophie Wiessler

C'est un constat répété depuis maintenant plusieurs mois, voire plusieurs années. Il y a trop de voitures au Luxembourg. Bouchons, pollutions, accidents, ce moyen de transport fortement privilégié par les Luxembourgeois mais aussi par les frontaliers, pose de nombreux problèmes.

Pour faire face à tout cela, François Bausch, ministre des Infrastructures, a décidé de mettre les bouchées doubles. Application de covoiturage, car-sharing, panneaux signalétiques de déviations, abattement fiscal sur les véhicules non polluants... Il nous explique ce qui vous attend pour l'année 2017.

Une nouvelle application de covoiturage «made in Luxembourg»

L'une des mesures-phares de cette année n'est autre que le lancement d'un portail de covoiturage «made in Luxembourg». En clair: un site internet et une application, commandées spécialement par le ministère des Infrastructures.

«Ça fait un an que l'on travaille sur ce projet. On a investi 550.000 euros là-dedans. Le cahier des charges est terminé, il faut juste trouver quelqu'un qui va créer cette plateforme et une firme qui l'installera», détaille François Bausch.

Cette plateforme permettra de mettre en relation les résidents et les frontaliers pour proposer des covoiturages. «On se base sur ce que fait Uber en fait. Un portail similaire a été créé aux Pays-Bas et ça fonctionne très bien», souligne le ministre des Infrastructures.

Alors, comment ça marche? Et bien grâce aux GPS présents sur vos smartphones ou dans vos voitures, vous pourrez géolocaliser en temps réel un véhicule près de chez vous. Là, il vous suffira de cliquer sur l'icône de cette personne pour avoir accès à son profil et voir quel prix il propose pour son transport. Tout se fera via l'application: la prise de contact, le lieu de rendez-vous et le paiement. 

«La phase pilote du projet est fixée à juin 2017, pour un lancement officiel en septembre, durant la semaine de la mobilité», explique François Bausch.

«Je suis persuadé que ça va marcher»

Pour lui, aucun doute, ce système va fonctionner. «Je suis persuadé que ça va marcher», assure-t-il. Pourtant, une offre de covoiturage existe déjà sur le marché luxembourgeois: Karzoo. Mais pour le ministre, ce n'est pas comparable.

«La technologie a fortement évolué depuis le développement de Karzoo. Aujourd'hui, tout se fait via smartphone, les plateformes ont fortement évolué. Ce sera beaucoup plus efficace, on verra une tout autre qualité que ce qui est proposé à l'heure actuelle», enchaîne-t-il.

En effet, la plateforme Karzoo existe maintenant depuis plus de 5 ans et ne dispose pas d'application mobile. D'après les statistiques fournies par l'agence, la plateforme comptait, en novembre 2016, 61.127 utilisateurs. Près de 4.000 d'entre eux ont été actifs durant les 6 derniers mois.

«La technologie a fortement évolué depuis le développement de Karzoo. Aujourd'hui, tout se fait via smartphone, les plateformes ont fortement évolué. Ce sera beaucoup plus efficace, on verra une tout autre qualité que ce qui est proposé à l'heure actuelle»
«La technologie a fortement évolué depuis le développement de Karzoo. Aujourd'hui, tout se fait via smartphone, les plateformes ont fortement évolué. Ce sera beaucoup plus efficace, on verra une tout autre qualité que ce qui est proposé à l'heure actuelle»
Photo: Gerry Huberty

Alors oui, l'idée de faire du covoiturage est bien belle, mais où peuvent se stationner ces véhicules, avec des parkings à ras bord de plus en plus tôt? Là aussi, François Bausch propose une solution.

«Nous allons agrandir certains P+R, comme celui de Wassebillig par exemple. Le but de cette application, c'est que les gens se retrouvent près des gares ou près de chez eux et emmènent les autres. Nous allons également proposer aux communes frontalières de participer: c'est ouvert à tout le monde, on peut très bien négocier avec les communes pour créer des P+R spéciaux, uniquement dédiés aux personnes qui utilisent cette application».

Un abattement fiscal pour promouvoir l'électrique

En plus de la création de cette application, qui visera à faire passer les 1.1 personne à bord des voitures à 4 ou 5 personnes sur 5, François Bausch lance également une grande opération à travers la réforme fiscale, qui est entrée en vigueur le 1er janvier dernier et qui prévoit deux volets concernant cette mobilité:

  • un abattement mobilité durable de 5.000 euros pour les véhicules particuliers 100% électriques et de 300 euros pour les vélos et pedelecs 25, 
  • un avantage en nature plus favorable pour les voitures, vélos et pedelecs 25 de fonction plus éco-responsables.

Le calcul de l’avantage en nature est directement influencé par le type de carburant (essence, diesel, hybride/électrique) et le taux d’émission CO2 du véhicule. Le ministre a insisté sur l’approche incitative de la loi qui a comme objectif de rendre la mobilité plus «propre».

«Aujourd'hui le diesel, c'est une catastrophe. Près de 60% des véhicules luxembourgeois sont des diesels. Mais maintenant c'est fini! Oui les véhicules électriques sont encore chers à l'heure actuelle, mais d'ici 2020, il n'y aura plus de différence de prix. Et l'abattement fiscal proposé compense cet écart.»

«Les véhicules électriques sont encore chers à l'heure actuelle, mais d'ici 2020, il n'y aura plus de différence de prix. Et l'abattement fiscal proposé compense cet écart.»
«Les véhicules électriques sont encore chers à l'heure actuelle, mais d'ici 2020, il n'y aura plus de différence de prix. Et l'abattement fiscal proposé compense cet écart.»
Photo: LW

1.600 bornes électriques seront installées dans les communes du pays d'ici deux ans. Et elles seront compatibles avec toutes les marques de véhicules.

Le ministère est donc plus que jamais décidé à faire un grand pas vers l'électrique et les véhicules hybrides. En témoigne la campagne mise en place pour l'Autofestival, qui débutera le samedi 28 janvier prochain. «Nous avons passé un accord avec les entreprises et les garages. Il faut qu'ils insistent sur les avantages de l'électrique et de l'hybride: je veux multiplier le nombre de voitures hybrides dans le pays.»

Une multiplication des car-sharing et des pôles d'échange multimodal

François Bausch est déterminé à «convaincre les Luxembourgeois de changer leur mode de transport»: «Je dois les convaincre de prendre au moins plusieurs personnes dans leur véhicule ou de trouver des alternatives à la voiture».

De nombreux car-sharing seront ainsi installés cette année. «Les CFL cherchent aussi à proposer une complémentarité aux usagers. Beaucoup de personnes ont un blocage avec le train. Comment faire pour rentrer rapidement s'il y a un souci avec mes enfants et que je n'ai pas la voiture? C'est tout à fait légitime mais avec le car-sharing, cette question ne se posera plus», insiste le ministre des Infrastructures.

L'abonnement MKaart permettra en effet de combiner tous les modes de transports: trains, bus, tram, car-sharing... Un véhicule sera ainsi à disposition à proximité des gares - dans 20 gares du pays à partir de novembre 2017 - et pourra donc être emprunté d'un point A à un point B.

Tous ces outils permettront de proposer différents modes de transport réunis en un même endroit. «Je veux montrer aux gens ce que sera la mobilité du futur: nous allons proposer beaucoup de choses, beaucoup de changements en matière de mobilité cette année. Cela a trop été négligé par le passé.»

En somme: «ll faut combiner les modes de transport»

Mais les usagers seront-ils convaincus? Pour François Bausch, uniquement si la «qualité des transports est bonne». «Il faut qu'il y ait une très haute qualité de transports: si c'est fluide, si tout est optimal, les gens seront convaincus».

La clé de la réussite réside donc pour le ministre en la combinaison de tous les modes de transport mais aussi sur la digitalisation et l'information en temps réel.

«Le véhicule individuel de demain s’intégrera intelligemment dans la chaîne de transport et sera combiné avec tous les éléments de la chaîne de mobilité, à savoir transport public, mobilité active, auto-partage et covoiturage. Il faut aussi être présent aujourd'hui sur les smartphones: je veux que l'on utilise au maximum la digitalisation dans les années à venir. C'est ça qui est recherché aujourd'hui par les usagers, il faut donc s'adapter».

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