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Pour séduire, l'hydrogène doit mieux faire
Luxembourg 3 min. 13.09.2021
Mobilité

Pour séduire, l'hydrogène doit mieux faire

Pour l'instant, la ministre du Développement durable préfère réserver ce type de moteurs aux «véhicules plus lourds», pour trouver ainsi un équilibre entre faibles émissions carbones et rendement.
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Pour séduire, l'hydrogène doit mieux faire

Pour l'instant, la ministre du Développement durable préfère réserver ce type de moteurs aux «véhicules plus lourds», pour trouver ainsi un équilibre entre faibles émissions carbones et rendement.
Photo: AFP
Luxembourg 3 min. 13.09.2021
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Pour séduire, l'hydrogène doit mieux faire

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
Alors que les moteurs à combustion seront interdits en 2035 au sein de l'UE, le ministère du Développement durable étudie d'autres processus plus verts pour alimenter les véhicules. Mais si le gaz est une piste, il reste encore trop faible en rendements pour Carole Dieschbourg.

Des véhicules verts, oui, mais pas à n'importe quel prix. Anticipant l'interdiction d'ici 2035 des moteurs à combustion au sein des pays de l'Union européenne, le ministère du Développement considère les carburants synthétiques tels que l'hydrogène comme une option. Mais à ce stade, ce gaz présente encore quelques inconvénients aux yeux de la ministre, Carole Dieschbourg (Déi Gréng).


Le plein d'hydrogène attendra 2022
Une station de recharge pour automobile était envisagée à Bertrange pour cette année, mais le concessionnaire chargé de son exploitation a baissé les bras. Un autre projet verra le jour à Bettembourg l'an prochain. En attendant, direction l'Allemagne pour l'unique possesseur d'une voiture roulant avec ce carburant "propre".

Pour fabriquer un carburant synthétique à partir de l'hydrogène, il faut «le combiner avec le dioxyde de carbone». Un dispositif en «cycle fermé» qui présente des avantages puisqu'il limite les émissions de CO2, indique la ministre dans une réponse parlementaire parue ce lundi. Mais ce procédé nécessite également «beaucoup d'énergie» pour un rendement qui «n'est pas extrêmement élevé». 

A titre d'exemple, la ministre compare l'utilisation de deux moteurs, l'un à électricité renouvelable, l'autre à hydrogène. Dans le premier cas, les pertes sont minimes puisque «75 à 80%» de l'électricité utilisée permet de faire fonctionner le véhicule. En revanche, l'énergie nécessaire pour un moteur à hydrogène est telle qu'une fois celui-ci allumé il ne reste plus que «30 à 35%» d'énergie disponible pour rouler, indique Carole Dieschbourg. Autrement dit, si une voiture électrique a besoin «de 15kWH d'électricité pour parcourir 100km», cette valeur s'élève à «31 kWh» pour un véhicule à hydrogène. Soit le double.

Un rendement qui nécessite «des batteries extrêmement lourdes avec une grande capacité», indique la ministre, précisant que cela se fait «au détriment de l'efficacité». Mais pas question pour autant d'abandonner l'idée d'utiliser l'hydrogène comme carburant, puisqu'il reste moins polluant que le sans-plomb ou le diesel notamment. Le gouvernement prévoit d'ailleurs des aides destinées aux particuliers, pour les encourager à investir dans un véhicule à hydrogène, mais également hybride ou 100% électrique.

Déjà à l'occasion de la Gaichel, le ministre de l'Energie Claude Turmes (Déi Gréng) évoquait avec son homologue belge Tinne Van der Straeten (Groen) la possibilité d'établir un pipe-line à hydrogène vert entre les deux pays. Suivant cette dynamique, Carole Dieschbourg propose pour l'instant d'utiliser le précieux gaz pour «les véhicules plus lourds», notamment dans «le domaine du transport de marchandises» pour trouver ainsi un équilibre entre faibles émissions carbones et rendement.


L'Etat roule de plus en plus à l'électrique
Sur les 2.202 véhicules de la flotte automobile des administrations d'Etat, les motorisations thermiques sont encore (largement) dominantes. Mais les achats s'orientent toutefois vers plus de modèles hybrides ou 100% électriques.

Pour les autres, la ministre du Développement durable voit à ce stade l'électricité comme «la solution la plus efficace». En mars dernier, elle prévoyait déjà que «49% des véhicules en circulation au Luxembourg devraient être électriques d'ici 2030». Et l'Etat est déterminé à encourager les résidents à passer le cap de l'électrique, notamment en montrant l'exemple sur sa propre flotte.

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