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Mobilité: «Il faut trouver rapidement des alternatives à la voiture»
La voiture reste le moyen privilégié par les Luxembourgeois pour se rendre à Luxembourg-Ville.

Mobilité: «Il faut trouver rapidement des alternatives à la voiture»

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La voiture reste le moyen privilégié par les Luxembourgeois pour se rendre à Luxembourg-Ville.
Luxembourg 3 min. 13.12.2016

Mobilité: «Il faut trouver rapidement des alternatives à la voiture»

Une première enquête sur la mobilité dans la ville de Luxembourg a été dévoilée ce mardi par TNS Ilres. Sans surprise, c'est la voiture qui reste le moyen de transport le plus utilisé par les résidents. un vrai défi pour la Ville qui veut continuer à promouvoir la mobilité douce et les transports en commun.

(SW) - Une première enquête sur la mobilité dans la ville de Luxembourg a été dévoilée ce mardi par TNS Ilres. Sans surprise, c'est la voiture qui reste le moyen de transport le plus utilisé par les résidents, comme l'avait déjà souligné une précédente enquête du Statec.

Un «défi» pour la Ville, qui souhaite continuer à multiplier ses actions pour promouvoir les transports en commun et la mobilité douce, et ainsi faire reculer le nombre de voitures dans la capitale.

«Il y a beaucoup trop de voitures individuelles pour le potentiel de la ville, c'est indéniable», souligne Sam Tanson, responsable en matière de mobilité.

Paul Hoffmann, Sam Tanson et Lydie Polfer ont présenté leurs conclusions face à cette étude sur la mobilité à Luxembourg.
Paul Hoffmann, Sam Tanson et Lydie Polfer ont présenté leurs conclusions face à cette étude sur la mobilité à Luxembourg.
Guy Jallay

L'échevine met surtout l'accent sur les habitants de la couronne, c'est-à-dire les villes avoisinantes à Luxembourg, qui utilisent à plus de 75% leur voiture et délaissent totalement les transports en commun.

«C'est ce qui m'a le plus étonnée dans cette étude. Nous avons vraiment mis l'accent ces derniers mois sur les lignes de bus pour les villes de la couronne et on se rend compte qu'il y a vraiment un problème: pourquoi ne prennent-ils pas les transports en commun?» questionne Sam Tanson.

Trop de parkings?

L'une des théories avancées par cette étude Movilux, - réalisée durant les mois d'avril et de mai de cette année - réside dans la mise à disposition d'une place de parking sur son lieu de travail.

«Nous ne souhaitons pas compliquer la vie des gens mais il est vrai que si vous avez accès à une place de parking gratuite sur votre lieu de travail, cela vous conforte dans l'idée de vous déplacer en voiture», explique Sam Tanson.

En effet, près de 69% des personnes travaillant à Luxembourg disposent d'une place de parking, dont 83% travaillant justement dans les communes de la couronne. «Les entreprises doivent elles aussi réfléchir à tout cela» argumente la 1ère échevine.

«Trouver des alternatives»: le vélo?

Mais une nette tendance se développe parmi les chiffres annoncés par Movilux: le développement du vélo, qui est présent dans de nombreux foyers.

La première étude sur la mobilité au Luxembourg a été présentée mardi.
La première étude sur la mobilité au Luxembourg a été présentée mardi.
Guy Jallay

Plus de 50% d'entre eux en possèdent, et pourraient donc l'utiliser pour se déplacer. 5% des déplacements se font à vélos actuellement dans la capitale: encore trop peu.

«Ces résultats nous permettent de concevoir des modèles de mobilité futurs prenant en compte les habitudes des différents publics interrogés», souligne Sam Tanson. «Nous voyons bien que nous pouvons à l'avenir privilégier les vélos par exemple. Il faut absolument trouver des alternatives à la voiture».

Les frontaliers eux, privilégient le train

Près de 160.000 frontaliers résidant en France, en Allemagne ou en Belgique se rendent au Luxembourg pour y travailler au quotidien. Il s’agit du plus important flux de travailleurs frontaliers au sein de l’Union européenne.

Contrairement à leurs homologues luxembourgeois, les frontaliers ont davantage tendance à utiliser les transports en commun. Ainsi, selon cette étude Movilux, près de 50% des frontaliers français se déplacent en train et en bus.

Une action qu'encourage le Luxembourg notamment dans ses dialogues avec les pays frontaliers. «Nous dialoguons beaucoup avec nos pays voisins, notamment pour le développement de parkings autour des gares, qui sont souvent saturés ou payants.»

Le tram sera-t-il la solution?

Mais la grande question de cette enquête reste de savoir pourquoi toutes ces personnes n'utilisent que très peu les transports en commun dans Luxembourg et privilégient autant la voiture?

Une question à laquelle cette étude ne peut actuellement pas répondre. «Nous voulions juste dresser le palmarès des modes de transport des résidents et frontaliers. Nous n'apportons pas encore de réponses», regrette Sam Tanson.

Mais l'échevine souhaite relativiser: «Un réel potentiel est à venir avec le tram. Il faut attendre de voir et refaire une enquête par la suite pour voir les évolutions. Nous allons tenter de faire cette enquête tous les deux ans à peu près», conclut-elle.

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