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Mars Di Bartolomeo: "La réforme des pensions est une réforme équilibrée"
Luxembourg 7 min. 31.10.2012 Cet article est archivé

Mars Di Bartolomeo: "La réforme des pensions est une réforme équilibrée"

Mars Di Bartolomeo: "La réforme des pensions est une réforme équilibrée"

Photo: Daniel Clarens
Luxembourg 7 min. 31.10.2012 Cet article est archivé

Mars Di Bartolomeo: "La réforme des pensions est une réforme équilibrée"

De grands chantiers attendent Mars Di Bartolomeo, ministre de la Santé et de la Sécurité sociale, pour la rentrée. Parmi eux, la réforme de l'assurance pension et la poursuite de la réforme de la Santé.
  • Monsieur le Ministre, comment se sont passées vos vacances?

Très bien. Je suis parti une semaine en Normandie et une semaine dans le sud de la France, où il a fait beau. Il y avait beaucoup de monde. C'est la mauvaise période pour partir dans cette région. Mais, cela m'a fait du bien, malgré le fait que j'ai attrapé un refroidissement en rentrant. Sinon tout va bien.

  • Quels sont vos dossiers prioritaires pour la rentrée?

Nous allons continuer à mettre en place la réforme de la Santé de 2010. Un des piliers de cette réforme est le renforcement de la prise en charge de base du patient.  L'agence e-Santé est opérationnelle depuis l'année dernière. Elle s'occupe de tous les projets dans ce domaine, tels que le dossier de soins partagé.

En ce qui concerne le médecin référent, il est opérationnel depuis juin et nous allons, en collaboration avec la Caisse nationale de Santé (CNS) et les médecins, présenter le concept en détails dans les prochaines semaines.

En ce moment, nous travaillons de manière intensive sur le prochain plan hospitalier. Les travaux pour l'introduction du tiers payant social avancent bien et seront clôturés avant la fin de l'année.

Comme le Premier ministre l'a souhaité dans son discours sur l'état de la nation, nous allons travailler sur une meilleure prise en charge au niveau des appareils dentaires pour l'année prochaine. Nous nous attellerons également à la préparation du prochain plan hospitalier.

    Un autre grand chantier est celui de la réforme des pensions. Tous les avis sont là. La commission parlementaire va entamer la phase décisive de son travail à partir du 20 septembre.

    Le projet de reclassement, qui est un système unique au Luxembourg, est passé en consultation interne. Une fois que les partenaires sociaux auront rendu leur avis, le projet passera devant le Conseil de gouvernement en automne.

    Les discussions autour du pacte de l'âge vont bon train et les grandes orientations du projet tiennent debout. Mon équipe et celle de Nicolas Schmit, ministre du Travail, sont en train de le finaliser.

    • Avec la réforme des pensions, peut-on affirmer que les jeunes d'aujourd'hui peuvent s'attendre à un même niveau de retraite que celui des personnes qui partent en pension aujourd'hui?

    Le but de la réforme des pensions est de mettre en place toutes les conditions pour que cela soit possible. Il y a une série de conditions qui vont être consolidées comme par exemple la construction du système ou le droit à la pension au même âge que maintenant.

    Les gens ont le choix entre travailler plus longtemps en tenant compte du prolongement de l'espérance de vie ou pas, mais il faudra en assumer les conséquences.

    Nous tentons de mettre sur pied un système adaptable en tout temps et à chaque situation afin qu'il reste sain. On nous a dit que nos perspectives étaient trop optimistes. Ce n'est pas vrai! Nous avons prévu un mécanisme qui lorsque les temps sont bons, fait en sorte que les mesures soient assouplies, dans le cas contraire, les mesures seront renforcées.

    L'avis du Conseil de gouvernement est clair, la réforme des pensions prévoit un système assez flexible pour s'adapter en toute situation.

    • Il y a quand même une inégalité puisque les jeunes devront travailler plus longtemps pour obtenir une pension égale à celle des retraités d'aujourd'hui!

    Oui, mais le calcul est simple: soit on fait l'autruche et on ne change rien, mais on se fera attraper à la longue, soit on adapte le système pour éviter les soucis par la suite.

    L'emploi a littéralement explosé au Luxembourg, ce qui a fait augmenter le nombre de cotisants. Sans oublier que la participation de l'Etat est très forte. Il est responsable d'un tiers des recettes.

    L'explosion des cotisants est un avantage à court terme car il fait rentrer de l'argent, mais il s'agit d'un gros risque, car les cotisants d'aujourd'hui, sont les retraités de demain.

    Dans ce cas, il existe plusieurs choix: soit une augmentation des cotisations. Se posent alors les questions de "Peut-on le faire? Veut-on le faire? Veut-on charger la jeune génération?" Soit, nous procédons à de légers aménagements, vu que les réserves sont bonnes pour l'instant, afin de maintenir nos avantages.

    Cette réflexion aurait déjà dû se faire il y a 15 ans. Cette réforme ne fait pas sacrément mal et nous permet de renforcer notre système de pensions.

    • Il y a quand même un risque d'augmentation des cotisations?

    Oui, elles sont comprises dans le système, mais elles sont supportables. La réforme se base sur une série de piliers. Lorsque l'on vit plus longtemps, on pereçoit sa pension plus longtemps. Du coup il faut s'adapter à ce facteur, car il y a une différence entre recevoir sa pension pendant 10 ans et ou 20 ans.

    Si l'on reçoit la même chose dix ans de plus, il faut payer un peu plus. Après il y a un choix à faire: imposer aux gens de travailler plus longtemps ou trouver un compromis en prévoyant une légère augmentation des cotisations.

    Nous estimons que les cotisations augmenteront de 30% dans les 40 ans à venir, pour l'instant on est à 24%.  Les petits revenus ne seront pas concernés par la réforme et l'augmentation des cotisations. Il ne devront pas non plus travailler plus longtemps.

    • Les délais de mise en œuvre seront respectés?

    Nous allons essayer de faire en sorte qu'elle entre en vigueur le 1er janvier 2013. Elles sera progressive, ce qui signifie que pour une personne proche de la pension, les règles ne changeront pas de but en blanc.

    Sa pension sera adaptée. Si elle doit encore cotiser pendant un an, elle ne sentira quasi pas les effets de la nouvelle réforme. Cette personne recevra sa pension comme prévu si elle travaille deux jours voire une semaine en plus. Si ce n'est pas le cas, elle perdra tout au plus 25 cents ou un euro. Une autre personne qui doit encore travailler pendant dix ans, devra travailler neuf mois de plus pour garantir sa retraite et ainsi de suite.

    • Dernière question: quelles sont vos prévisions budgétaires pour la rentrée?

    Pour l'instant, les finances sont solides. 2011 s'est clôturée positivement. En 2012, ce sera toujours le cas, mais avec une légère baisse et 2013 devrait également bien se passer.

    Après, il faudra voir. Si jamais de nouveaux déséquilibres font surfaces, il faudra prendre des mesures. La réforme de la Santé a aussi été pensée pour améliorer l'efficacité dans certains domaines de la Santé où plus d'argent est dépensé qu'il n'en rentre.

    Du côté de la CNS, l'équilibre est fragile et il faut le surveiller.

    Charline Lebrun