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Mars Di Bartolomeo: «Des arguments et non de la démagogie»
Luxembourg 4 min. 09.01.2017 Cet article est archivé
Voeux à la Chambre des députés

Mars Di Bartolomeo: «Des arguments et non de la démagogie»

Mars di Batolomeo, président de la Chambre à l'attention de ses députés: «Nous devons veiller à notre propre langage. Il faut privilégier les arguments et non la démagogie à deux sous».
Voeux à la Chambre des députés

Mars Di Bartolomeo: «Des arguments et non de la démagogie»

Mars di Batolomeo, président de la Chambre à l'attention de ses députés: «Nous devons veiller à notre propre langage. Il faut privilégier les arguments et non la démagogie à deux sous».
Photo: Anouk Antony
Luxembourg 4 min. 09.01.2017 Cet article est archivé
Voeux à la Chambre des députés

Mars Di Bartolomeo: «Des arguments et non de la démagogie»

Maurice FICK
Maurice FICK
Une année parlementaire avec «de gros morceaux» est au menu des députés en 2017. Ils plancheront sur la nouvelle loi sur la nationalité et la révision de la Constitution. La meilleure réponse à la crise de confiance en la politique est de «parler vrai» prévient le président de la Chambre.

(MF) –  Une année parlementaire avec «de gros morceaux» est au menu des députés en cette nouvelle année qui plancheront notamment sur une nouvelle loi sur la nationalité et une révision de la Constitution. La meilleure réponse à la crise de confiance en la politique est de «parler vrai» prévient le président de la Chambre, Mars di Bartolomeo.

Les députés luxembourgeois ont «le devoir d'écouter et d'expliquer qu'il n'existe pas de solutions toutes faites pour résoudre les problèmes complexes. Mais aussi de montrer qu'aujourd'hui tout n'est pas pire qu'hier», a posé ce lundi le président de la Chambre des députés lors des vœux 2017 après avoir dépeint une année 2016 émaillée de catastrophes et crimes humanitaires qui ont conduit des millions de personnes à fuir.

Face à l'apparente crise de confiance en la politique «nous devons veiller à notre propre langage. Il faut privilégier les arguments et non la démagogie à deux sous», insiste Mars di Bartolomeo en s'adressant directement aux parlementaires.

«Nous devons respecter nos valeurs, privilégier les arguments plus que la démagogie. Il s'agit d'avoir une épine dorsale solide, de la patience, de l'engagement, de défendre les valeurs de la démocratie, la solidarité et ne pas céder aux promesses ou solutions irréalistes. Bref, il faut parler vrai!», explique Mars Di Bartolomeo dont l'attitude de «rassembleur» avait été soulignée un peu plus tôt par le Secrétaire général de la Chambre.

De «gros morceaux» au menu 2017

En 2017, une série de «gros morceaux» seront au menu des parlementaires luxembourgeois qui plancheront sur la future loi sur la nationalité luxembourgeoise -dont le vote a été reporté à plusieurs reprises- la réforme de l'assurance dépendance, du RMG, du divorce, des Services de secours, du secteur hospitalier, les lois «omnibus», etc.

Le président de la Chambre (au micro) entouré des députés membres du Bureau et de la Conférence des présidents. Il s'adresse à la presse parlementaire et à une partie des 93 employés que compte l'administration parlementaire.
Le président de la Chambre (au micro) entouré des députés membres du Bureau et de la Conférence des présidents. Il s'adresse à la presse parlementaire et à une partie des 93 employés que compte l'administration parlementaire.
Photo: Anouk Antony

Sans oublier «le» morceau: à savoir les travaux portant sur la révision constitutionnelle. L'avis du Conseil d'Etat est attendu «dans les semaines ou mois à venir». Sur le plan politique, «l'essentiel est qu'une très large majorité du parlement, quasiment tous les courants politiques, a comme but de finaliser les travaux et de nous donner cette nouvelle constitution. Sans pression, ni délai. C'est le but qui est prioritaire, le délai est secondaire», insiste Mars Di Bartolomeo.

Le président de la Chambre souligne qu'une série de propositions faites par des citoyens ont été retenues par la Commission des institutions et de la révision constitutionnelle. L'institution veut d'ailleurs poursuivre ses efforts en cette nouvelle année dans le sens d'une plus grande participation citoyenne.

A l'image du succès rencontré par les pétitions publiques l'an passé. Si les pétitions «qui ont pour but de contrecarrer une loi étant en passe d'être votée, n'ont aucune chance d'aboutir», la plupart, en revanche, «ont le mérite d'avoir des conséquences palpables» mais aussi de «sensibiliser à un problème qui n'était pas à l'ordre du jour», reconnaît Mars di Bartolomeo. Avant de citer l'exemple concret de la sensibilisation à la maladie de Lyme.

La Chambre des députés aura aussi du pain sur la planche avec la présidence du Conseil parlementaire interrégional (CPI) pour 2017-2018 et devra préparer le sommet de l'Assemblée parlementaire de la francophonie (APF) qui se tiendra au Luxembourg en juillet 2017.

Une Chambre plus proche du citoyen

Claude Frieseisen, Secrétaire général de la Chambre des députés, est d'avis que «nous avons besoin d'un Parlement fort pour répondre aux défis complexes de la société» et qu'il faut «sans cesse réanalyser la situation». Cela vaut également pour le parlement luxembourgeois qui doit constamment se mettre à la page.

«Début 2017», la Chambre des députés «embauchera une personne qui s'occupera exclusivement d'éducation à la citoyenneté. Car «nous avons besoin de citoyens engagés et responsables». Près de 2.200 citoyens avaient franchi fin septembre le seuil du parlement pour mieux comprendre comment il fonctionne de l'intérieur. Une expérience qui sera renouvelée au printemps 2018 -soit un an sur deux- a glissé son président.

Pour venir à la rencontre des citoyens, la Chambre fait actuellement l'objet d'un nouveau film «promotionnel» et se dotera d'un «nouveau site internet plus convivial qui sera prêt après les prochaines élections», glisse Claude Frieseisen. 


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