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Mariage et virus ne font pas bon ménage
Luxembourg 4 min. 16.04.2020 Cet article est archivé

Mariage et virus ne font pas bon ménage

Certains couples choisissent d'attendre un moment plus propice à la fête pour se dire oui.

Mariage et virus ne font pas bon ménage

Certains couples choisissent d'attendre un moment plus propice à la fête pour se dire oui.
Photo: AFP
Luxembourg 4 min. 16.04.2020 Cet article est archivé

Mariage et virus ne font pas bon ménage

Anne-Sophie de Nanteuil
Anne-Sophie de Nanteuil
Alors que le printemps est traditionnellement synonyme d'officialisation des unions, l'année 2020 constituera une exception. Entre reports et annulations en raison de la pandémie, ce sont des couples mais aussi tout un secteur qui s'interrogent...

2020 devait être l'année au cours de laquelle devait se dérouler le plus beau jour de la vie de milliers de couples. Mais covid-19 oblige, les choses pourraient en être différemment. Car si le printemps marque traditionnellement le début de la saison des mariages, les mesures de confinement mises en place depuis un mois au Luxembourg font peser un voile d'incertitude sur de nombreuses unions planifiées de longue date. 

Face à cette situation inédite, les réponses apportées varient. Que ce soit au sein des communautés religieuses ou des communes. L'archidiocèse de Luxembourg a ainsi annoncé reporter les célébrations «à une date ultérieure», comme les autorités juives et musulmanes. De leur côté, les communes se séparent en deux groupes. Si les conseils communaux de Differdange, Mamer ou Kehlen ont fait le choix de reporter sine die l'ensemble des célébrations pour des questions sanitaires, «la plupart des communes» maintiennent tout de même les cérémonies civiles, assure Gérard Koob, secrétaire du Syndicat des villes et des communes luxembourgeoises. 

Car si le mariage a connu son apogée au cours des années 1990, cette forme d'union connaît un regain depuis 2015, année où ont été légalisées les alliances entre personnes du même sexe.

Bien que maintenues globalement à travers le pays, les cérémonies se feront non sans adaptations. A Luxembourg-ville par exemple, «les invités sont limités à six personnes», explique une porte-parole de la capitale qui précise que la disposition des chaises a également «été adaptée à la distance prescrite». Mais la Ville, qui célèbre habituellement une trentaine de mariages au mois d’avril, enregistre une hausse des demandes de report ces dernières semaines. 

Une décision difficile à prendre, tant au niveau personnel que du point de vue de l'investissement que représente l'événement. En témoigne Jil, future mariée de 30 ans qui devait dire "oui" à Michel le 2 mai prochain, mais qui a dû annoncer la mauvaise nouvelle à leurs 230 invités. «Ça a été un choc de tout annuler», confie la jeune femme, d'autant plus que «tout était prêt, commandé, organisé». Face aux incertitudes actuelles, le couple a donc décidé de fixer une nouvelle date. Ce sera en 2023 pour eux, afin d'échapper aux risques de surbooking l'année prochaine.

Le casse-tête de la réorganisation

Car en coulisses, la vague d'annulations en cours impacte une partie du secteur de l'événementiel, que ce soit les traiteurs, les photographes ou encore les DJ. Au total, plusieurs centaines d'entreprises, souvent sous la forme de TPE ou de PME, déjà fortement touchées par les mesures de confinement. Si aucun chiffre précis des annulations n'est connu à ce jour, les professionnels du secteur affirment que tous les mariages d'avril et «la plupart de ceux du mois de mai» sont d'ores et déjà repoussés.

D’autres futurs mariés tentent quant à eux de rester optimistes et attendent de voir comment évolue la situation. Mais «le plus dur est de ne pas pouvoir se projeter», explique Mathilde, 28 ans, qui prépare depuis presque deux ans, son mariage prévu fin mai. «Mais même si le confinement est levé, il n’est pas impossible que les rassemblements soient toujours interdits à cette date», estime-t-elle. Une organisation d'autant plus compliquée qu'une partie des 150 convives vient de l'étranger, et que les frontières de l'Europe devraient restées fermées au moins jusqu'à la mi-mai.

Face à cette incertitude, le couple envisage donc également un report, mais attend «encore un peu, au cas où...». Et finalement, relativise-t-elle, «le plus important est que nos proches aillent bien et que tout le monde puisse être présent le jour J.» 

En attendant, le confinement se révèle être un test grandeur nature pour les couples. En Chine, les bureaux d'enregistrement de divorce ont ainsi été pris d'assaut dès leur réouverture, à la levée du confinement. Un scénario qui pourrait bien se répéter au Grand-Duché, alors même que le nombre de divorces n'a jamais été aussi proche que celui des mariages.


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