Changer d'édition

Mardi, François Benoy se présentera au rapport
Luxembourg 5 min. 13.12.2020 Cet article est archivé

Mardi, François Benoy se présentera au rapport

François Benoy présentera à la Chambre des députés "50 recommandations pour repartir ensemble plus forts après la crise".

Mardi, François Benoy se présentera au rapport

François Benoy présentera à la Chambre des députés "50 recommandations pour repartir ensemble plus forts après la crise".
Photo : Anouk Antony
Luxembourg 5 min. 13.12.2020 Cet article est archivé

Mardi, François Benoy se présentera au rapport

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Cinq mois après avoir été désigné rapporteur du budget 2021, le député présentera son analyse le 15 décembre à la Chambre. Occasion pour l'élu Déi Gréng de décerner bons points et petites critiques.

14 octobre - 11 décembre : voilà le temps qu'aura eu François Benoy non seulement pour se plonger dans la proposition de budget 2021 déposée par le ministre des Finances, mais surtout de se concerter autour du projet de Pierre Gramegna (DP). Deux mois donc pour discuter des orientations, batailler sur les chiffres, justifier certains choix avec tout ce que le Luxembourg compte d'acteurs politiques ou représentatifs de la société civile.


Online.fr, déi Gréng, Partei, François Benoy Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
«J'espère un budget courageux pour 2021»
Rapporteur du futur budget, le député François Benoy espère trouver dans les chiffres du ministre des Finances la traduction d'une volonté d'aller vers plus de justice sociale et une transition écologique visible.

Après 35 réunions, ce sont 200 pages de rapport qui viennent résumer les positions. Un document que la commission du Budget a approuvé à la majorité, vendredi, et que le jeune député écologiste défendra au pupitre de la Chambre, mardi, avant que le ministre ne vienne s'exprimer le lendemain. Les parlementaires votant dans la foulée les orientations prises pour l'année à venir. «Et la première des conclusions est qu'il s'agit bien d'un budget ambitieux. Par son montant - plus de 21,7 milliards d'euros - mais aussi ses buts.»

Aux yeux du rapporteur, les pistes avancées par Pierre Gramegna ont ainsi non seulement l'avantage d'offrir les instruments «pour gérer les impacts liés au covid mais aussi pour anticiper la relance». Et de constater avec satisfaction que l'Etat compte investir davantage l'an prochain (2,7 milliards annoncés). Soit 4,3% de son produit intérieur brut. «Donc bien plus que par le passé et bien plus que nos voisins», assure le trentenaire.

D'ailleurs, l'élu Déi Gréng se plait à souligner que demain encore le Luxembourg, sa population, sa main-d'oeuvre pourront s'appuyer sur un «Etat fort et protecteur» qui a déjà permis à nombre de sociétés de ne pas mettre la clé sous la porte et d'assurer la prise en charge de l'épidémie. Mais aussi sur la «puissance publique» capable d'assurer sur des questions aussi fondamentales que le logement, l'environnement ou la santé.

Parmi les points salués par le rapporteur du budget 2021 figurent deux thématiques centrales: le logement et l'environnement. Et plus précisément la création de logements publics abordables via notamment les 80 millions d'euros attribués au Fonds Logement - et 900 millions au total sur les trois années à venir -, mais aussi l'entrée en vigueur de la taxe carbone au 1er janvier et son pendant d'aides à la transition énergétique et la validation du Plan national Environnement-Climat. A hauteur de 1,1 milliard en 2021 et jusqu'à 1,3 milliard en 2024.


Lokales,Die Arbeit des Pflegepersonals in Corona-Zeiten,CHL,Klinik,Hospital,Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Au chevet du système de santé
Connues avant la pandémie, les lacunes du système de soins au Luxembourg ont été exacerbées par l'arrivée massive de patients infectés par le covid-19. Le chantier à venir destiné à combler les manquements s'annonce pour le moins complexe. Exemple avec les infirmières.

«Maintenant, la crise a aussi prouvé que le pays devait conforter son système de santé», analyse le député. Parmi les priorités, la formation des soignants et une réflexion autour du nombre de postes ouverts. Sans oublier l'accent qui devra être mis sur la politique de prévention sanitaire. 

«Il nous faut être plus résilients, que chacun soit capable de s'assumer comme meilleur acteur de sa santé», juge François Benoy. «Cela passe par l'éducation à des comportements plus sains. Il faut sans doute que la nomenclature permette plus aux médecins de consacrer du temps à cette mission essentielle si l'on veut une société en bonne forme, et donc moins coûteuse en prise en charge médicale», estime-t-il.

1,7 milliard d'euros de déficit

Parmi les 50 recommandations que le député compte adresser au gouvernement, une bonne part concerne la fiscalité. Car le rapporteur souhaite en faire «plus un outil pour lutter contre les inégalités». Selon lui, «cette pauvreté qui monte dans un pays qui s'enrichit constitue le terreau à une fragilisation». La fracture sociale chère à Jacques Chirac, en son temps. Aussi, l'élu Déi Gréng espère-t-il que les mois à venir permettent de se pencher sur certaines des niches fiscales encore en place.

Aussi l'élu Déi Gréng espère que le gouvernement se penchera davantage sur les dépenses fiscales, afin d'évaluer régulièrement leur utilité. A l'image du traitement sans concession fait aux Fonds d'investissement spécialisés à compter du 1er janvier 2021.


Un budget de lutte et de relance pour 2021
Pas question pour le ministre des Finances de jouer défensif. Face à la crise sanitaire et économique, Pierre Gramegna a déposé, mercredi, un projet de budget 2021, volontariste en matière d'investissements mais aussi de soutien.

Au total, les 19 dépenses fiscales identifiées au budget ont un coût de près de 1,2 milliard. Une somme non négligeable (et possiblement récupérable) à l'heure où se profile un déficit public de -1,7 milliard pour 2021. 

Mais le rapporteur du budget entend aussi que soit revue la fiscalité en règle générale, puisque la grande réforme a été repoussée en raison de la crise covid. Avec en ligne de mire particulière la fiscalité sur les automobiles. Et ce dernier de rêver tout haut à un rééquilibrage de la fiscalité pesant sur le capital et le travail.

Déjà la commission du Budget lui a donné son feu vert sur son rapport. Avec les voix de la majorité, CSV, Piraten et ADR votant contre. Mais de ses deux mois dans le costume de rapporteur, François Benoy ne cache pas que «si la mission est assez fatigante, elle enrichit vraiment le travail politique». Lui reste encore quelques heures pour convaincre au-delà des rangs de la majorité gouvernementale que ce budget 2021 contribuera bien, comme il l'affirme, «à sortir de la crise ensemble, plus forts».

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Les mesures d'aide mises en place par le gouvernement pour faire face à la crise n'ont pas été sans conséquences pour la caisse maladie. Mardi, les députés ont néanmoins adopté un projet de loi visant à ce que l'Etat prenne en charge une partie des dépenses.
Le ciel s'assombrit sur les finances de la Sécurité sociale pour 2020
Mention «peut mieux faire» adressée par Nora Back à la proposition budgétaire avancée par Pierre Gramegna. La CSL reproche notamment au gouvernement de ne pas veiller suffisamment à la montée des inégalités sociales et fiscales.
IPO , Chamber , Pierre Gramegna depose Budget 2021 , Staatsbudget , depot Budget , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
Une enveloppe de près de 550 millions d'euros est prévue pour financer la construction de logements abordables dans les années à venir. A laquelle s'ajoute l'objectif d'«éliminer les mesures qui encouragent les hausses de prix», assure Pierre Gramegna au journal "Contacto".
Wi,Classement des banques -ITV Pierre Gramegna.Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
La Chambre des salariés réclame l'augmentation urgente de 7,7% des aides aux familles en difficulté. Une hausse qui ne ferait que compenser la perte liée à la non-indexation de ces prestations sur le coût de la vie depuis 2014.
Family riding bicycles in park
Après le libéral André Bauler pour l'exercice 2019 et le socialiste Yves Cruchten en 2020, c'est au tour du député Déi Gréng d'endosser la responsabilité de coordonner les travaux législatifs autour du futur projet de budget. Un exercice marqué par les conséquences de la pandémie de covid-19.
François Benoy - dei Greng - Foto : Pierre Matgé/Luxemburger Wort