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Maisons de retraite trop chères pour petites retraites
Luxembourg 1 3 min. 09.12.2019 Cet article est archivé

Maisons de retraite trop chères pour petites retraites

Maisons de retraite trop chères pour petites retraites

Photo: Lex Kleren / Archives LW
Luxembourg 1 3 min. 09.12.2019 Cet article est archivé

Maisons de retraite trop chères pour petites retraites

Maurice FICK
Maurice FICK
CIPA, maisons de soins ou logements encadrés,... c'est le flou le plus complet pour connaître les vrais prix. La Chambre des salariés a mené l'enquête et dénonce le sort réservé aux plus modestes retraités. Les chiffres publiés par le ministère de la Famille «sont sous-estimés».

Les inégalités frappent de plus en plus le Luxembourg et le phénomène n'épargne pas les retraités. Surtout les moins bien lotis. Des 98.470 retraités enregistrés en décembre 2018, seuls 35.050 disposent d'une carrière complète de 40 ans de cotisation et touchent une pension brute moyenne de 3.862 euros par mois. Mais la pension moyenne des 63.420 retraités restants - qui ne disposent pas de carrières d'assurance complètes - est de 1.266 euros par mois. 


La grande majorité des retraités touchent des retraites à l'étranger. Leur retraite luxembourgeoise s'élève en moyenne à 1.244,59 euros par mois.
3.862 euros de retraite par mois au Luxembourg
Près de 98.000 personnes touchent une retraite du régime général de pension au Luxembourg. Mais seulement un tiers d'entre elles ont une carrière d'assurance pension complète.

La question qui arrive, tôt ou tard, sur le tapis, et que la Chambre des salariés (CSL) vient de tenter de creuser est: combien ça coûte concrètement de vivre en maison de retraite au Luxembourg? Les chiffres livrés par le ministère de la Famille sont là: 2.452 euros/mois pour vivre en CIPA (c'était le prix moyen en 2018), 2.706 euros/mois pour rester en maison de soins et 1.718 euros/mois pour ceux qui choisissent un logement encadré. 

Ces chiffres sont nettement «sous-estimés» aux yeux de Nathalie Georges, conseillère de direction à la CSL puisqu'ils reposent sur les seuls chiffres disponibles des institutions publiques. Les tarifs des maisons privées restent secrets. L'étude montre surtout un total «manque de transparence tant au niveau des tarifs, des places disponibles que des contrôles», retient-elle.

L'objectif de l'étude de la CSL est d'«interpeller le gouvernement et travailler dans le sens que les personnes résidant au Luxembourg devraient pouvoir aller dans une maison de retraite et vivre décemment», pose Nathalie Georges. Alors que c'est loin d'être le cas, comme elle le montre.

Quand l'aide de l'Etat ne suffit pas

Le complément accueil gérontologique est un soutien de taille pour ceux qui ont les plus petites retraites mais «comme le barème n'a plus été adapté depuis 2004, le reste à vivre est trop faible pour pouvoir vivre dignement», relève Nathalie Georges. Elle donne un exemple fondé «sur un cas concret qui existe». Celui d'un retraité qui peut accéder à un logement en maison de retraite avec salle de douche, lavabo et WC, soit 25 m2 pour 2.900 euros par mois.

Ses revenus nets sont de 2.000 euros par mois et son «trésor» ne dépasse pas les 20.360 euros que fixe la loi de 2004. Le Fonds national de solidarité lui octroie du coup «un complément de 1.187 euros par mois. Ce qui a l'air beaucoup mais pas forcément dans la réalité. Au final, son reste à vivre est de 287 euros par mois! C'est peu», a-t-elle calculé. 

Le reste à vivre permet de s'habiller, de se chausser, de voir une pédicure ou encore de sortir au cinéma. La loi fixe le seuil du reste à vivre à 464 euros par mois. Mais «peut-on mener une vie digne avec 464 euros?», pose sérieusement la question Jean-Claude Reding, vice-président de la CSL. Il veut, à travers cette étude parcellaire, lancer le débat politique sur le montant de la pension minimale qui est de 1.841 euros pour une personne disposant d'une carrière de cotisant pleine. Parce que «ça commence à devenir serré pour beaucoup de gens».


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