Changer d'édition

Maisons de retraite en projet pour les papy-boomers
Luxembourg 4 min. 18.02.2020 Cet article est archivé

Maisons de retraite en projet pour les papy-boomers

Seuls 8% des 88.300 résidents de 65 ans et plus que compte le pays, vivent en maison de retraite aujourd'hui.

Maisons de retraite en projet pour les papy-boomers

Seuls 8% des 88.300 résidents de 65 ans et plus que compte le pays, vivent en maison de retraite aujourd'hui.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 4 min. 18.02.2020 Cet article est archivé

Maisons de retraite en projet pour les papy-boomers

Maurice FICK
Maurice FICK
Les structures d'hébergement affichent toutes occupées au Luxembourg et les listes d'attente s'allongent. Chaque mois, quasiment un nouveau projet de construction arrive au ministère de la Famille. Mais tous ne verront pas le jour.

Dans un pays qui comptait 614.000 résidents au 1er janvier 2019, la tranche de la population âgée de 65 ans et plus, englobe 88.300 retraités. Si l'on prend uniquement en compte les «papy-boomers», la génération du baby-boom de l'après-guerre qui compte 75 printemps et davantage, ils sont plus de 40.500 à vivre au Luxembourg. 

Mais combien d'entre eux passent des jours heureux en maison de retraite ? Difficile de le savoir puisque ce chiffre varie tous les jours, répondent d'une même voix les nombreux acteurs du secteur, comme la Confédération des organismes prestataires d'aides et de soins (COPAS). C'est un peu faux. 

D'une part parce que le nombre de centres intégrés pour personnes âgées (30), de maisons de soins (22) et de logements encadrés (11) varie peu et offre 7.130 lits au total. Et d'autre part, parce que «le taux d'occupation de ces 52 établissements varie entre 96 et 99%» tout au long de l'année, assure Claude Sibenaler, responsable des personnes âgées au ministère de la Famille. 

La demande est très forte. «Nous avons des listes d'attentes. Les personnes s'inscrivent de manière préventive pour les deux à trois ans à venir et souvent elles s'inscrivent parallèlement dans d'autres maisons de soins», sait Nathalie Hanck, en charge de la communication chez Servior. Le leader du secteur gère actuellement 15 centres et héberge 1.670 résidents à l'échelle du Luxembourg. 

A ces structures existantes, Servior ajoutera bientôt deux nouvelles maisons de soins. Une première est actuellement en construction à Differdange, rue Woiwer.  «Elle devrait être terminée en 2022 et proposera 200 lits. Une seconde sera construite à Bascharage avec également 200 lits. Les travaux devraient démarrer incessamment sous peu, pour une ouverture en 2023», pose Nathalie Hanck.   

L'actuel avancement du chantier de la future maison de retraite « Auf Loushof » de Servior à Differdange.
L'actuel avancement du chantier de la future maison de retraite « Auf Loushof » de Servior à Differdange.
Photo: Lex Kleren

En réalité, l'immeuble en construction à Differdange «remplacera la structure existante et la nouvelle qui sera construite à Bascharage se substituera à celle de Niederkorn», précise Claude Sibenaler du ministère de la Famille qui octroie les agréments ministériels aux futurs gestionnaires. 


«Elysis Esch» démarre enfin
Plus de trois ans après la signature de la convention entre son promoteur et la ville du sud-luxembourgeois, le chantier de la maison de soins pour personnes âgées a débuté ce jeudi. Il devrait se terminer fin 2021.

Deux autres établissements sont en chantier ou sur le point de l'être dans le sud du pays. L'asbl Elysis, qui gère déjà une maison au Kirchberg, a lancé le chantier d'«Elysis Esch» et de ses 120 lits à proximité du nouveau quartier résidentiel Nonnewisen en avril 2019. Le bâtiment doit accueillir ses premiers résidents en 2022. 

Quant aux avant-gardistes «Jardins de Belval», leurs 132 lits et leur résidence seniors, ils devraient sortir de terre dès le printemps. «Les travaux de terrassement vont démarrer la semaine prochaine», assure-t-on chez Assar Universum Architects. Ce sera la première maison gérée par le groupe belge Vulpia en terres luxembourgeoises.

A proximité immédiale du Square Mile de Belval,  les «Jardins de Belval» vont sortir de terre sous peu.
A proximité immédiale du Square Mile de Belval, les «Jardins de Belval» vont sortir de terre sous peu.
Photo: Assar Universum Architects

A Eischen, à la frontière belge, les Homes pour personnes âgées (HPPA), planifie de construire une nouvelle maison de soins de 120 lits mais «les travaux ne démarreront que fin 2020, début 2021», pose Jeannot Ewald, le directeur général. Et comme «nous avons d'énormes listes d'attente», une autre idée est déjà en train de germer: «Nous construirons peut-être une autre maison à Rambrouch. La demande est faite et nous sommes en train de regarder avec la commune si un terrain est disponible».  

Un secteur en plein boom à réguler 

«On nous envoie presque un nouveau projet par mois. Mais ensuite, il se peut qu'on n'entende rien pendant deux ans!», témoigne Claude Sibenaler du ministère de la Famille. Entre les idées d'investissement qui se bousculent et leur concrétisation qui passe par un accord de principe et un agrément délivrés par le ministère de la Famille, il y a une marge. Celle que le ministère veut bien se donner: «Nous essayons de réguler le secteur et d'avoir une certaine mainmise sur l'offre car le risque est de créer la demande», résume Claude Sibenaler.


Le ministère de la Famille et de l'Intégration a décidé de prendre à bras-le-corps l'amélioration de la qualité des services et des structures d'hébergement pour les personnes âgées
La transparence des prix souhaitée pour les seniors
Le gouvernement propose la création d'un registre reprenant les services et prestations proposés au 3ème âge par les structures d'hébergement du pays et leur coût. Cela afin d'offrir une liberté de choix plus pointue aux retraités.

Corinne Cahen (DP), la ministre de la Famille a présenté fin janvier un projet de loi sur la qualité des services pour personnes âgées. Ce projet de loi prévoit la création d'un registre reprenant les services et prestations proposés par les structures d'hébergement pour personnes âgées et leur coût. Il prévoit la fusion des CIPA (Centres intégrés pour personnes âgées) et des maisons de soins, qui deviendront tous des structures d'hébergement pour personnes âgées.


Sur le même sujet

En dépit de la hausse du nombre des infections depuis fin juin, le gouvernement n'a pas imposé de nouvelles restrictions au secteur des soins et du logement des personnes âgées. Onze contaminations y sont actuellement constatées, tandis que 13 employés sont aujourd'hui placés en quarantaine.
Reportage Internationaler Tag der Pflege, CIPA op der Ruhm, Foto Lex Kleren
Le gouvernement propose la création d'un registre reprenant les services et prestations proposés au 3ème âge par les structures d'hébergement du pays et leur coût. Cela afin d'offrir une liberté de choix plus pointue aux retraités.
Le ministère de la Famille et de l'Intégration a décidé de prendre à bras-le-corps l'amélioration de la qualité des services et des structures d'hébergement pour les personnes âgées
CIPA, maisons de soins ou logements encadrés,... c'est le flou le plus complet pour connaître les vrais prix. La Chambre des salariés a mené l'enquête et dénonce le sort réservé aux plus modestes retraités. Les chiffres publiés par le ministère de la Famille «sont sous-estimés».
20 Jahre Servior, Luxembourg, le 18 Septembre 2018. Photo: Chris Karaba
Plus de trois ans après la signature de la convention entre son promoteur et la ville du sud-luxembourgeois, le chantier de la maison de soins pour personnes âgées a débuté ce jeudi. Il devrait se terminer fin 2021.